La Coalition nationale pour l’éducation pour tous du Burkina Faso (CN-EPT/BF) a procédé, ce 5 mai 2026 à Ouagadougou, au lancement officiel de la Semaine mondiale d’action pour l’éducation (SMAE). Cette initiative se déroulera du 5 mai jusqu’au mois de juillet 2026 à travers plusieurs activités de sensibilisation et de plaidoyer.
Organisée sous l’égide de la Campagne mondiale pour l’éducation, la SMAE 2026 est placée sous le thème, « Multiplier les possibles ». À travers cette campagne, les initiateurs entendent mobiliser l’ensemble des acteurs du système éducatif, notamment les partenaires techniques et financiers, le secteur privé, les autorités coutumières et religieuses, ainsi que les populations, en faveur d’un financement endogène plus conséquent du secteur de l’éducation et de la formation au Burkina Faso.

Prenant la parole lors de la cérémonie de lancement, le coordonnateur de la CN-EPT/BF, Tahirou Traoré, a indiqué que cette édition vise à mettre en lumière à la fois les progrès enregistrés dans le domaine de l’éducation et les défis persistants auxquels fait face le système éducatif burkinabè. Il a notamment insisté sur l’impact de la crise sécuritaire qui, selon lui, a fortement affecté les indicateurs du secteur.
Malgré ce contexte difficile, Tahirou Traoré a salué la résilience des communautés et du peuple burkinabè, qui ont permis de préserver certains acquis. « Nous traversons une situation inédite avec la crise sécuritaire qui a eu un impact sur nos indicateurs. Néanmoins, grâce à la résilience de nos communautés et de l’ensemble du peuple burkinabè, nous avons pu maintenir le cap », a-t-il déclaré.

Poursuivant son intervention, il a souligné la nécessité de garantir à chaque enfant son droit fondamental à l’éducation. Selon lui, chaque élève doit pouvoir achever son cycle scolaire et acquérir des compétences utiles à son insertion socioprofessionnelle. Toutefois, les statistiques présentées restent préoccupantes : sur 100 élèves inscrits au CP1, seulement environ la moitié atteignent le CM2. Au niveau du post-primaire, moins de 30 élèves sur 100 parviennent de la classe de sixième à la troisième, tandis que seulement 18 % atteignent la classe de terminale.
Pour le coordonnateur, ces chiffres traduisent les difficultés structurelles du système éducatif burkinabè et interpellent l’ensemble des acteurs. « Ce sont des indicateurs qui nous amènent à prendre conscience des réalités de notre système éducatif. Il est impératif que nous unissions nos efforts pour relever ces défis », a-t-il exhorté.
Au cours de cette Semaine mondiale d’action pour l’éducation, plusieurs activités sont prévues. Il s’agit notamment de la réalisation d’un état des lieux des indicateurs du secteur, de l’analyse des statistiques de l’enseignement supérieur et de l’éducation non formelle, ainsi que de l’élaboration d’un plan de communication pour la SMAE 2026. Des immersions dans des établissements scolaires, un forum national sur le financement de l’éducation et des forums régionaux sont également au programme.
Aminata OUATTARA (stagiaire)
Faso7
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