Burkina Faso : La Cour de solidarité de Colma, l’ultime refuge des personnes sans famille à Bobo-Dioulasso

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En immersion dans la région du Guiriko au sein des structures du ministère de la famille et de la Solidarité, une caravane de professionnels des médias a visité la Cour de solidarité de Colma, ce 20 mai 2026. Situé au secteur 11 de Bobo-Dioulasso et rattaché à la Direction Provinciale de la Famille et de la Solidarité du Houet, ce centre d’accueil prend en charge les personnes sans attache familiale.

Créée en 1985 sous la Révolution Démocratique Populaire, la Cour de Solidarité de Colma accueille les personnes vulnérables sans domicile fixe et surtout celles en rupture de liens familiaux. « Ça veut dire qu’ils ont des attaches difficiles avec leurs familles, au sein de la communauté, et ils se retrouvent sans lien avec elle », a expliqué Alexis Doh, Directeur Provincial de la Famille et de la Solidarité du Houet.

Personnes handicapées, femmes en détresse, personnes âgées désorientées, enfants accompagnant leurs mères, tous trouvent ici un toit, de la nourriture et un accompagnement psychosocial.

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À ce jour, le centre héberge 118 pensionnaires, composés essentiellement de femmes et d’enfants. Ces derniers, au nombre de 36, y vivent tous avec leurs mères.

Un accueil bâti sur l’écoute

Bernard Kabré, inspecteur d’éducation spécialisée et chef de service de la Cour de Solidarité, a évoqué le processus d’accueil dans ce centre. Les pensionnaires arrivent sur référence d’autres structures (services sociaux, commissariats de police ou officiers de police judiciaire) ou sont directement recueillis dans la rue. « Généralement, quand ils viennent, c’est parce qu’ils n’ont pas d’endroit pour dormir. Il n’y a plus de contact familial, il n’y a plus de lien avec la communauté », a-t-il résumé.

À leur arrivée, chaque personne bénéficie d’un entretien approfondi pour cerner sa problématique. Si elle remplit les critères d’accueil, elle est enregistrée et prise en charge. Le travail commence alors pour retrouver sa famille et renouer les liens rompus.

Il n’y a pas de durée de séjour fixée pour le séjour dans la Cour de la Solidarité de Colma, selon Bernard Kabré. « On ne peut pas impartir un temps parce que les situations des personnes sont complexes et différentes. Pour certaines, ça peut se passer dans la même semaine. Pour d’autres, ça peut prendre un mois, deux mois ou trois. Nous avons des cas ici qui ont fait six ans, sept ans, et qui après ont pu réintégrer leur famille », a-t-il précisé.

Le centre propose des formations

Parmi les cas les plus complexes figurent des personnes du troisième âge qui, sous l’effet d’un choc ou d’un traumatisme, ont perdu leurs repères familiaux et ignorent jusqu’à leur propre provenance. Des avis de recherche sont parfois lancés, y compris via les réseaux professionnels des travailleurs sociaux, pour tenter de retrouver leurs proches. « Avec ces personnes, il faut savoir aller doucement pour pouvoir parvenir à l’identification des personnes ressources », a expliqué le chef de service.

En dehors de l’hébergement et de l’alimentation, le centre propose des activités de formation en couture, en saponification et en tricot aux pensionnaires capables d’y participer. Ces activités, menées par des travailleurs sociaux, visent à préparer certains pensionnaires à une réinsertion professionnelle ou à renforcer leur autonomie.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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The Insider
Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

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