
Les chercheurs, techniciens, étudiants, anciens collaborateurs et partenaires de l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles du Burkina Faso (INERA) se sont réunis ce jeudi 25 juin 2026 à Ouagadougou pour célébrer le parcours du Dr Hamidou Traoré, admis à faire valoir ses droits à la retraite après plus de quatre décennies consacrées à la recherche agricole au Burkina Faso.
Organisée par le Laboratoire de protection et de défense des cultures, la cérémonie a été marquée par des témoignages, des hommages et un retour sur la carrière de l’homme considéré comme l’une des figures majeures de la malherbologie (science consacrée à l’étude des mauvaises herbes ou adventices et des méthodes pour maîtriser leur développement) en Afrique de l’Ouest.
Recruté à la fonction publique le 7 février 1992 comme chercheur en malherbologie, Dr Hamidou Traoré a gravi progressivement tous les échelons de la recherche scientifique. De chargé de recherche à directeur de recherche, il a construit une carrière marquée par une importante production scientifique. Selon les données présentées lors de la cérémonie, il est auteur de plus de 70 publications scientifiques, dont 14 chapitres d’ouvrages, ainsi que de plus de 50 fiches techniques et documents de vulgarisation. Le scientifique a également assuré l’encadrement de plus de quarante étudiants de niveau master et doctorat.
Au-delà de ses travaux scientifiques, Dr Hamidou Traoré a occupé plusieurs postes au sein du dispositif national de recherche.
Il a notamment été directeur régional de la recherche agricole dans l’Est et au Sahel, chef du service de l’information scientifique et technique, directeur chargé des programmes de recherche, avant de prendre la tête de l’INERA de 2014 à 2023.
Il a également participé à de nombreux réseaux scientifiques internationaux et développé des collaborations avec plusieurs universités et centres de recherche en Afrique, en Europe, au Moyen-Orient et aux États-Unis.

Parmi les distinctions reçues au cours de sa carrière figure notamment un prix international décerné à Addis-Abeba pour ses recherches sur la striga. Il est également chevalier de l’ordre de l’Étalon du Burkina Faso.
Prenant la parole au nom de ses nombreux encadrés, leur représentante, Dr Catherine Sawadogo/Ilboudo, a décrit un enseignant exigeant mais profondément humain, toujours disponible malgré ses nombreuses responsabilités administratives et scientifiques.
Elle a rappelé que le chercheur accompagnait personnellement ses étudiants depuis la conception des protocoles de recherche jusqu’aux soutenances, en passant par les travaux de terrain et la rédaction scientifique.
Selon elle, plusieurs chercheurs aujourd’hui en activité doivent une grande partie de leur parcours professionnel à son accompagnement et à sa générosité intellectuelle.
« Le Dr Hamidou Traoré n’était pas seulement un encadreur accompli. Il était un guide, un mentor et une véritable source d’inspiration. Les graines que vous avez semées ont bien germé. Elles portent aujourd’hui des fruits et continueront à servir la recherche pendant encore de nombreuses années », a-t-elle déclaré.

Très ému, Dr Hamidou Traoré a confié avoir été surpris par l’initiative de ses collègues.
Le chercheur a exprimé sa profonde gratitude aux organisateurs, aux anciens responsables de l’INERA, à ses collègues, à ses proches et à tous ceux qui ont effectué le déplacement pour lui témoigner leur reconnaissance.
« Je ne m’attendais pas à cette cérémonie. Ce n’est que la semaine passée que les organisateurs m’ont approché pour m’informer qu’ils souhaitaient me rendre hommage. Lorsque vous constatez que le travail accompli durant toutes ces années a servi à quelque chose et qu’il est reconnu, cela procure un immense sentiment de joie, de fierté et d’émotion », a-t-il déclaré.
Interrogé sur l’avenir de la malherbologie au Burkina Faso, le chercheur s’est montré particulièrement rassurant.
Selon lui, les efforts consentis durant plusieurs années ont permis de constituer une équipe solide de spécialistes capables de poursuivre les travaux engagés.
« Aujourd’hui, en Afrique de l’Ouest, nous sommes les champions dans ce domaine, donc je ne suis pas inquiet. Il y a ici à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso une excellente équipe qui continue de faire le travail », a-t-il assuré.
Hanifa Koussoubé
Crédit photo : Bonaventure Paré
Lefaso.net
