L’Assemblée législative du Peuple (ALP) a procédé ce 20 juin 2026 à l’adoption du texte de loi portant « Libertés religieuses au Burkina Faso ». C’est article par article que les 59 députés votants ont examiné la centaine d’articles du projet de loi avant de l’adopter. Le ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, a laissé entendre que c’est une étape importante que le Burkina Faso vient de franchir dans la régulation des espaces et contenus religieux.
Ce sont 112 articles que l’Assemblée législative du Peuple (ALP) a adoptés à travers la loi portant « Libertés religieuses au Burkina Faso ». Elle doit encadrer les pratiques religieuses, « lutter contre le radicalisme religieux, faire un contrôle sur tous ceux qui rentrent dans le pays, assainir l’espace public ». Selon le ministre de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, ce texte de loi qui vient d’être adopté vient « combler un vide juridique ».
Le ministre a ajouté que l’adoption de ce texte de loi a été voulue pour apporter une solution au « désordre qui s’installe ». Pour lui, « des gens se cachent derrière la liberté religieuse pour enflammer le pays par des prêches intégristes, par des prêches difficiles à accepter dans un État de droit ». C’est donc un acte fort qui vient d’être posé, à en croire ses propos.
Sur quelques dispositions de la loi, il faut noter qu’elle interdit toute discrimination fondée sur la religion. Aussi, la présente loi réglemente l’érection des édifices religieux dans les espaces définis, exception faite, entre autres, aux camps militaires et aux hôpitaux. « Prier n’est pas interdit. Ce qui est interdit est de délimiter dans l’espace public un endroit et lui donner un caractère sacré alors que le service public n’est pas là pour ça », a-t-il martelé.
« Les libertés sans régulation sont des dangers »
Sur les questions de mise en œuvre et de l’accueil fait à cette loi, le ministre a donné la bonne compréhension de la loi. « Le texte profite au croyant », a-t-il lancé avant de renchérir en laissant entendre que le « croyant qui veut adorer est le bienvenu au Burkina Faso ». Le texte de loi sera traduit en langues nationales et des échanges seront aussi menés afin de la vulgariser.
À l’endroit de ceux qui critiquent ce texte, Émile Zerbo a apporté des éléments de réponse. « Le texte peut ne pas plaire à ceux qui aiment le désordre », a-t-il laissé entendre. Poursuivant ses explications, il a signifié que certaines critiques sont dues à la nostalgie ou à l’incompréhension du texte. « Les libertés sans régulation sont des dangers », a-t-il glissé.
Revenant sur les dispositions de la nouvelle loi, le ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale a notifié que le texte interdit l’exploitation des personnes vulnérables, y compris les enfants. Sur cet aspect, il a pris l’exemple de la mendicité.
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