À Bobo-Dioulasso, une association refuse de laisser le dernier mot à la misère. L’Union des femmes battantes accueille des femmes vulnérables, des déplacées internes et des veuves pour leur offrir non pas la charité, mais une opportunité de travail. Sous l’égide du ministère en charge de la Solidarité, une caravane de presse a visité ce centre, ce 20 mai 2026.
Fondé 2012 pour venir en aide aux filles mères en difficulté, l’Union des Femmes Battantes a élargi sa mission en 2021 face à l’afflux de femmes vulnérables errant dans les rues de Bobo-Dioulasso. « On les a intégrées au centre pour qu’elles puissent travailler et subvenir à leurs besoins. On leur a dit : nous, on n’a pas quelque chose à vous donner, mais si vous venez travailler, vous allez gagner votre vie », a expliqué Traoré Solange, présidente de l’Union.
Le centre propose une gamme variée d’activités dont le tissage, la fabrication de savon liquide, la teinture, le tissage des pagnes traditionnels, la couture, le jardinage maraîcher.
L’une des innovations du centre est sa microfinance endogène. Chaque samedi, les membres se retrouvent et cotisent 1 000 francs CFA chacune. Ces fonds sont ensuite redistribués sous forme de crédits à celles qui ne disposent d’aucune garantie pour accéder aux institutions financières classiques. « Ça a permis à d’autres personnes de pouvoir payer des machines à coudre pour s’installer chez elles », a précisé Solange Traoré.
Le centre compte actuellement 147 membres, dont 62 résidentes internes. Parmi elles, on compte des personnes déplacées internes, des veuves et des femmes vulnérables.
Le ministère de la Famille et de la Solidarité a accompagné le centre à travers un programme de renforcement des capacités, avec une dotation en matériel estimée à près de 23 millions de francs CFA. Cependant, l’achat des matières premières reste un défi non résolu. « On arrive à travailler, mais on n’arrive pas à produire en grande quantité ce qu’il faut », a regretté la présidente.
L’étudiante qui arrive à joindre les deux bouts grâce à l’association
Parmi les bénéficiaires rencontrées, il y a Pulchérie Somé, étudiante en Histoire et Archéologie, membre du centre depuis deux ans. Face aux difficultés financières, elle a temporairement suspendu ses études pour se former au tissage. Ce savoir-faire moneyable lui permet de subvenir à ces besoins mais ses ambitions vont au-delà. « Si je gagne une machine, je peux déposer les frais et faire mon inscription à nouveau à l’université », a-t-elle confié.
Au-delà de l’aspect économique, le centre est devenu un espace de reconstruction psychologique et sociale. Travail en équipe, soutien et solidarité animent ce centre. « On arrive à changer même celles qui étaient vraiment tristes au point de vouloir se suicider », a déclaré Solange Traoré.
La principale perspective du centre est l’obtention d’un local plus grand pour permettre aux 147 membres de travailler simultanément, sans avoir à fonctionner par équipes. Un plaidoyer est en cours auprès du ministère en charge de la Solidarité.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7
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