Grâce à l’accompagnement du ministère en charge de la Solidarité, l’Association burkinabè pour la promotion des aveugles et malvoyants (ABPAM)-Espérance permet aux personnes vivant avec un handicap visuel d’apprendre des métiers, de scolariser leurs enfants et de subvenir à leurs besoins. Une caravane de presse a visité les locaux de l’association, ce 20 mai 2026.
Créée en 1989 et officiellement reconnue en 1993, l’ABPAM-Espérance Bobo-Dioulasso couvre le Grand Ouest du Burkina Faso, soit quatre régions à savoir le Guiriko, le Tannounyan, le Yaadga et le Bankui. Son Président, Lamine Hié, a présenté les grandes missions de la structure.
Il a fait cas de la sensibilisation des personnes handicapées, de leurs familles et de leurs communautés ; la scolarisation des enfants vivant avec un handicap visuel ; l’alphabétisation de ceux qui n’ont pas pu accéder à l’école. Il a aussi cité la lutte préventive contre les maladies invalidantes et l’insertion économique et professionnelle des membres.
« L’handicap n’est pas une fatalité. Mais pour certains, on croyait que l’enfant handicapé visuel ne pouvait pas aller à l’école », a rappelé Hié Lamine, soulignant l’importance du travail de sensibilisation mené par l’association auprès des familles et des quartiers.
Des femmes âgées, appellées « mamans d’accueil »
Au sein du centre, plusieurs activités sont menées, notamment la saponification, le tissage de nattes, de chaises et de sacs à main en fils plastique, ainsi que la fabrication de sous-mains. Un comité des femmes et un comité des jeunes, tous deux rattachés au bureau exécutif de l’association, coordonnent ces activités au quotidien.
Pour les enfants venus des provinces éloignées et qui n’ont pas de famille à Bobo-Dioulasso, l’association a mis en place un système de familles d’accueil. Des femmes âgées, appellées « mamans d’accueil », acceptent de les héberger, les déposent à l’école le matin et viennent les récupérer le soir.
Le ministère en charge de la Famille et de la Solidarité accompagne le centre à travers des vivres, des matériels spécifiques, notamment des tablettes Braille, des cannes blanches, du papier Braille, ainsi qu’un soutien financier ponctuel aux comités de femmes. « La collaboration est très bonne. Même si ce n’est pas toujours en quantité suffisante, ils nous soutiennent dans tous ces volets », a reconnu Lamine Hié, tout en notant que le soutien a été moins important ces dernières années en raison de la situation sécuritaire.
Loukman Sidibé, le malvoyant qui s’en sort grâce à ses mains
Parmi les bénéficiaires rencontrés, Loukman Sidibé, un jeune homme malvoyant, fabrique depuis quatre ans des chaises et des lits en fil plastique, un savoir-faire entièrement acquis à l’ABPAM. Désormais autonome financièrement, il parvient également à soutenir sa famille. « Ça me sert à gagner beaucoup d’argent. Ça me fait habiller et manger. J’aide mes parents, mes sœurs et mon frère », a-t-il confié.
Son témoignage illustre parfaitement la philosophie de l’association qui est de transformer le regard que la société porte sur le handicap en montrant que les personnes vivant avec une déficience visuelle peuvent non seulement subvenir à leurs propres besoins, mais aussi contribuer à l’épanouissement de leurs proches. « On nous dit que si l’ABPAM-Espérance n’existait pas, il fallait vraiment la créer », a conclu Lamine Yé, résumant en une phrase l’impact de trente ans de travail au service des plus vulnérables.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7
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