Le 10 juin 2026, une mission de Eau Vive Internationale et une équipe de journalistes se sont rendues à Tema-Bokin, commune rurale de la province du Passoré. L’objectif était de constater les effets des réalisations du Projet d’Amélioration du Service de l’Eau et de l’Assainissement (PASEP) et de recueillir les témoignages des acteurs locaux et des bénéficiaires sur les changements observés en la matière dans la commune.
Dans la commune de Bokin, Eau Vive Internationale (EVI) a contribué à l’amélioration de la fourniture en eau potable. La population a bénéficié d’un château d’eau d’une capacité de 100 m³, de trois forages, de deux champs solaires, de quatre bornes fontaines et de l’appui de l’ONG pour le recrutement d’un Technicien Communal en Eau et Assainissement (TCEA) . Celui-ci est équipé d’une motocyclette et de matériel informatique pour générer les factures d’eau. EVI a aussi procédé à l’extension du réseau d’eau potable sur cinq kilomètres et au renforcement des capacités des élus locaux et techniciens locaux.
L’ensemble de ces réalisations est à mettre à l’actif du Projet d’Amélioration du Service de l’Eau et de l’Assainissement (PASEP). Elles ont permis de réduire de manière importante les corvées d’eau et à leur corollaire de conflits à Bokin et les villages environnants. En effet, les ménages avaient comme seule alternative les rares pompes, les forages ainsi que les puits pour l’approvisionnement en eau potable. Selon Noufou Traoré, secrétaire général de la mairie de Bokin, la situation n’était pas sans conséquence sur la santé des habitants et le vivre ensemble.

« Depuis la réalisation de ces infrastructures, les populations ont eu un ouf de soulagement en matière de corvée d’eau. Il y a eu beaucoup de bornes fontaines, ce qu’on avait et ce que Eau Vive Internationale a ajouté a fait que la corvée d’eau à diminuer. Aujourd’hui, la majorité des habitants de Bokin a accès à l’eau potable et les conflits autour des points d’eau ont fortement diminué», a expliqué Noufou Traoré.
La commune de Bokin bénéficie de ces infrastructures depuis 2015. Dans son récit, Souleymane Ouédraogo, ancien président de la commission assainissement et environnement a confié que EVI a accepté d’apporter son accompagnement à condition que la collectivité territoriale s’engage à une bonne gestion. A cette période, les ménages ne disposaient que d’un château de 30 m³. Ils ont alors sollicité la réhabilitation et l’accroissement de cette infrastructure. Souleymane Ouédraogo affirme que cette doléance a été prise en compte par l’ONG.
« Avant, pour avoir l’eau dans la commune c’était difficile puisqu’avec le château de 30m³, non seulement on n’arrivait pas à desservir toute la ville et il y avait que cinq branchements privés et cinq bornes fontaines et le paiement était cher. Avec le soutien de Eau Vive Internationale, l’accès à l’eau potable dans la commune s’est améliorer. Au niveau de la commune on est satisfait », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, avec l’accompagnement de EVI à travers le projet PASEP, la commune est passée de la gestion collective à la gestion en régie. Cela a permis d’alléger les tâches des autorités communales et de rendre le comité plus autonome. Les bénéfices issus de la bonne gestion du comité ont concouru à la réalisation de bornes fontaines supplémentaires et des branchements privés dans les ménages portant le nombre total de bornes-fontaines à 13 dans la commune.
De façon spécifique, la mise en œuvre du projet a bénéficié à plusieurs acteurs. Premièrement, il s’agit des bénéficiaires directs dont ceux qui s’approvisionnent aux bornes fontaine et les ménages ayant bénéficié d’un branchement privé. Il y a en plus, les gérants des bornes fontaines et les agents collecteurs. A ce niveau par exemple, les acteurs disent arriver à joindre les deux bouts grâce à leur activité. Lorsque l’agent collecteur effectue son passage, il reverse un pourcentage aux gérants de la borne fontaine. Ils n’ont pas manqué d’exprimer leur reconnaissance au projet qui a allégé leur tâche quotidienne.
« Le m³ d’eau fait 450. Lorsque je finis de relever, je reverse 50 FCFA sur chaque m³ aux gérants de la fontaine », a expliqué Alimata Ouédraogo, collectrice à Bokin.

Le secrétaire général de la mairie de Bokin a rassuré la mission de EVI que les infrastructures sont entretenues convenablement. Dans son budget annuel, la commune alloue une partie à l’entretien des réalisations. Au-delà de l’entretien, dit-il, Bokin continue d’investir dans l’approvisionnement en eau potable.
« Pour la mairie de Bokin, ce projet représente une chose très importante. Parce que Eau Vive Internationale a donné de l’eau à la commune de Bokin. Et comme on dit que l’eau c’est la vie, pour dire que Eau Vive Internationale a donné la vie à la commune de Bokin. Nous ne pouvons que dire merci à Eau Vive Internationale pour tout ce qu’elle a fait pour la commune de Bokin », a réitéré Noufou Traoré.
Le Projet d’Amélioration du Service de l’Eau et de l’Assainissement (PASEP) a démarré ses activités en 2007. Selon son coordinateur, Karim Badolo, la phase I du projet a concerné huit communes qui était en affermage avec l’Office National de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA). Cette première phase avait une durée de quatre ans. Quant à la phase II qui a débuté en 2012, elle a pris en compte neuf (09) communes de la province du Passoré.
Cheick Habib Désiré BAYILI
Faso7
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