Dans plusieurs communes de la Province du Ganzourgou, les habitants voient leur quotidien évoluer grâce à de nouveaux ouvrages hydrauliques, des latrines familiales et un accompagnement des collectivités locales. À l’occasion d’une visite de terrain tenue le 11 juin 2026, des journalistes ont constaté les effets concrets des projets mis en œuvre par Eau Vive Internationale avec l’appui de ses partenaires.
À Boudry, une commune de la province du Ganzourgou, il n’est plus fréquent de voir des PMH en panne par manque de matériel. C’est du moins l’avis de Christian Compaoré, artisan réparateur de la commune. Cet artisan réparateur et ses collègues interviennent plus facilement avec la disponibilité des matériels au niveau de la boutique des pièces détachées de Pompes à Motricité Humaine (PMH). Son implantation a été facilitée par l’ONG Eau Vive Internationale (EVI) avec le soutien financier de Charity : Water. Aux dires de Christian Compaoré, l’idée de cette boutique est née de l’expérience de la commune de Yako.
« Il fut une année où nous avons tenu une rencontre avec les artisans réparateurs de Yako pour s’imprégner de leur expérience. À l’issue de cette rencontre, ces derniers nous ont confié que ce qui facilitait leur tâche était l’implantation d’une boutique de pièces détachées par Eau Vive Internationale. Donc, nous avons sollicité son aide pour que ceux du Ganzourgou puissent en avoir également », a-t-il raconté.

Il dit se rappeler qu’avant l’arrivée de cette boutique, les réparateurs accusaient un retard de plus d’un mois pour remettre une PMH en état. Les ménages d’une localité étaient souvent privés d’eau potable en raison d’un tuyau défectueux qui devait être commandé depuis la capitale Ouagadougou. À présent, les réparateurs sont équipés pour affronter toutes les adversités. En plus du matériel, Eau Vive Internationale a renforcé leurs connaissances en réparation de PMH et d’autres notions.
« Aujourd’hui, lorsque nous intervenons pour un dépannage, nous disposons du matériel de base nécessaire, ce qui n’était pas le cas auparavant. Les formations reçues nous permettent également d’identifier une panne, même lorsqu’elle nous est décrite à distance. Grâce à l’accompagnement de Eau Vive Internationale, nous avons bénéficié de visites d’échanges à Yako et à Latodin, ainsi que d’une formation à Réo. Nous y avons appris les gestes essentiels de sécurité et renforcé nos compétences en réparation des pompes à motricité humaine et des forages. », a-t-il ajouté.
En plus de la boutique des pièces détachées, Eau Vive Internationale a réalisé plusieurs infrastructures hydrauliques ainsi que des ouvrages d’assainissement dans la province. Selon Elie Pitroipa, Technicien Communal Eau et Assainissement (TCEA) de la mairie de Boudry, il faut noter 84 nouveaux forages, la réhabilitation de 17 forages, la réalisation de 420 latrines et trois (03) Postes d’eau autonomes (PEA).
A quelques Kilomètres de Boudry, dans la commune de Salogo, le Projet d’amélioration de l’approvisionnement en eau potable et à l’assainissement au profit des populations des provinces du Ganzourgou et du Zoundwéogo a permis de mettre en place et de réhabiliter 22 forages dans les villages de la commune.

Lionel Sanou, le chef du Projet a rappelé que le 8 avril 2026, l’ONG a remis une Adduction d’eau potable simplifiée (AEPS) équipée de huit bornes fontaines à l’Office National de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA) au profit des populations du village de Zomnogo. En matière de bonne gouvernance, Roland Ky, Président de la Délégation Spéciale (PDS) de Salogo, a expliqué que la mairie a été accompagnée par l’ONG dans la relecture de son Plan Communal de Développement (PCD).
« La satisfaction y est dans la mesure où l’intervention de Eau Vive Internationale répond aux besoins prioritaires des populations. Cela renforce la gouvernance locale », a-t-il ajouté.
Autre commune, autre projet
Dans la commune rurale de Kidiba, une des communes d’intervention du projet WASH Zorgho, les chiffres sont à la hausse en matière d’offre de services d’assainissement. À l’arrivée du projet mis en œuvre par Eau Vive Internationale avec le soutien financier de UNICEF Burkina, qui centre son intervention sur l’assainissement, la réalisation de latrines domestiques et la sensibilisation pour la fin de défécation à l’air libre, le village comptait 41 latrines. Après l’intervention de EVI, le village compte à présent 67 latrines achevées. Au total, 108 latrines ont été réalisées sur l’ensemble des 127 concessions qui constituent le village. Ces chiffres illustrent l’ampleur des travaux de sensibilisation pour déconstruire les mentalités autour de la pratique de la défécation à l’air libre.
« Selon certaines croyances traditionnelles, la défécation à l’air libre était considérée comme une bonne pratique. Mais à travers les sensibilisations, ils ont vu que c’est mieux d’adhérer et à travers ces adhésions, il y a une réduction de certaines maladies liées au manque d’hygiène et d’assainissement et il y a aussi préservation de la dignité. Contrairement à la défécation à l’air libre, l’utilisation de latrines permet de mieux se protéger », a expliqué Ousmane Sonkondila, animateur Eau Vive Internationale sur le projet WASH Zorgho.

Les avis des bénéficiaires sont sans appel. Le projet Wash Zorgho a changé les comportements des ménages. Après la sensibilisation, ils ont, avec l’appui du projet, poursuivi la construction de leurs latrines conformément aux dispositions sanitaires. Les ménages ont mis en place une mutuelle afin de leur permettre d’avoir les agrégats nécessaires pour la finition des latrines.
« Ils nous ont dit que c’est la cause de certaines maladies. L’insalubrité est également la cause de mortalité des animaux et la défécation à l’air libre n’est pas bonne. Elle ternit la dignité », a confié Fati Sisao, une bénéficiaire de latrine.
Au-delà des ouvrages réalisés, les projets mis en œuvre par Eau Vive Internationale dans le Ganzourgou illustrent qu’un accès durable à l’eau potable repose autant sur les infrastructures que sur le renforcement des compétences locales, la gouvernance communale et l’engagement des communautés. Une approche intégrée qui améliore durablement les conditions de vie de près de 145 000 personnes depuis 2019.
Cheick Habib Désiré BAYILI
Faso7
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