SISSILI-SANTÉ-CONSEIL
Sissili/Santé : Les acteurs analysent les performances du premier semestre 2026 pour optimiser l’offre de soins
Léo, 19 juin 2026 (AIB) – Le district sanitaire de Léo a tenu, ce vendredi 19 juin 2026 à Léo, la première session ordinaire de son Conseil de santé de district (CSD) au titre de l’année 2026. Présidée par le Haut-commissaire de la province de la Sissili, Téwendé Isaac Sia, cette rencontre a permis aux différents acteurs d’évaluer les indicateurs de santé et de proposer des mesures correctrices pour renforcer la capacité opérationnelle des formations sanitaires dans un contexte de ressources limitées.
Placée sous le signe de la concertation, de la gouvernance locale et de la redevabilité, cette première session de l’année 2026 a réuni l’Équipe de encadrement du district (ECD), les directeurs et chefs de service provinciaux, les présidents des délégations spéciales des communes, les présidents de comités de gestion (COGES), ainsi que des représentants des organisations de la société civile (OSC) et du secteur privé de la santé.
Pour le Haut-commissaire de la province de la Sissili, Téwendé Isaac Sia, cette instance demeure stratégique. « Cette forte mobilisation témoigne de l’intérêt constant que vous accordez au développement sanitaire de notre province. Comme le dit un proverbe africain : « La santé n’est pas tout, mais sans la santé, tout devient rien. » Une population en bonne santé est une condition essentielle pour bâtir une société forte, résiliente et prospère », a-t-il soutenu à l’ouverture des travaux.
Téwendé Isaac Sia a précisé que la session vise notamment à examiner le niveau de mise en œuvre du Plan d’action annuel (PA) 2026, à analyser la situation épidémiologique et à mener un plaidoyer vigoureux pour la campagne de chimio-prévention du paludisme saisonnier (CPS).
Présentant le bilan technique, le Médecin-chef du district (MCD) de Léo, Dr Aboubacary Abdou, a révélé une amélioration encourageante de la situation épidémiologique locale, marquée par une baisse notable des taux de positivité et de létalité, respectivement de 23,41% et de 00%. « Le district bénéficie des initiatives fortes prises depuis le début de l’année 2026 par le ministère de la Santé, à travers le Secrétariat permanent de lutte contre le paludisme. D’importants moyens ont été déployés, et les résultats sont aujourd’hui visibles. Nos indicateurs confirment cette tendance positive par une baisse de la fréquentation des centres de santé, directement liée à la diminution du nombre de cas de paludisme »*, s’est réjoui le Dr Abdou, tout en rappelant que l’ambition reste d’offrir des soins *« nettement plus humanisés ».
Le premier responsable technique du district a toutefois souligné que la vigilance reste de mise face aux menaces sanitaires internationales. « La situation épidémiologique du district reste alignée sur l’actualité sanitaire mondiale, marquée par la menace de maladies réémergentes telles que la maladie à virus Ebola. Le district, tout comme l’ensemble du Burkina Faso, reste en état d’alerte », a-t-il averti, exhortant les communautés à adopter des comportements favorables à la santé et à adhérer massivement à la prochaine campagne de CPS.
Malgré ces résultats positifs, le conseil a relevé plusieurs goulots d’étranglement qui freinent l’efficacité des interventions. Le taux de réalisation des recommandations du précédent CSD plafonne à 25%, en raison de défis logistiques, financiers, de suivi et d’incompréhensions sur le terrain.
Les participants ont également pointé du doigt la vétusté des infrastructures, l’insuffisance des équipements biomédicaux, les défaillances de l’éclairage public dans les centres de soins et le rayon moyen d’accès aux soins qui demeure trop élevé pour les populations des communes de Boura et de To.
Face à ces difficultés, les acteurs communautaires entendent jouer leur partition. Souleymane Benao, président du COGES du Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de Sissily, a insisté sur l’urgence de sécuriser le patrimoine sanitaire. *« Nous devons nous mobiliser pour délimiter les espaces des domaines sanitaires afin de savoir exactement de quoi nous disposons. Il en va de même pour le vaccin. À mon retour, j’informerai mes collègues et les populations afin de sensibiliser les femmes pour qu’elles amènent les enfants au CSPS pour la pesée », a-t-il promis.
Au terme des échanges, la session a accouché de plusieurs recommandations phares pour optimiser le système de santé local. Il s’agit notamment de la mise à jour des bureaux de COGES arrivés en fin de mandat et la formation de leurs membres, l’association systématique des Secrétaires généraux (SG) des communes aux travaux du CSD, la poursuite du processus de délimitation des aires sanitaires jusqu’à l’obtention de la sécurisation foncière et le maintien des visites de suivi des formations sanitaires par les Présidents de délégations spéciales (PDS).
Dans la rubrique des divers, les responsables du district ont partagé l’état d’avancement du Plan de développement sanitaire du district, actuellement en cours d’élaboration, et formulé un plaidoyer pour l’évacuation précoce des femmes enceintes vers les maternités afin de minimiser les risques de mortalité maternelle et infantile.
Clôturant les travaux, le Haut-commissaire Téwendé Isaac Sia a lancé un appel à l’ensemble des forces vives de la province pour une participation massive à la Journée nationale de l’arbre, s’inscrivant dans le cadre de l’initiative présidentielle « Une heure pour reverdir le Faso ».
Agence d’Information du Burkina
BAN/ata
