Burkina : Le Comité national Mémoire du monde fait le bilan de six années d’actions et trace de nouvelles perspectives

Pub 📢

1 935 13ea2

Le Comité national burkinabè Mémoire du monde (CNB/MdM) a tenu son assemblée générale, ce vendredi 19 juin 2026 aux Archives nationales à Ouagadougou, sous le thème : « Mise en œuvre du Programme Mémoire du monde au Burkina Faso de 2020 à 2026 : état des lieux, défis et perspectives ». Cette rencontre, couplée à la 2ᵉ édition des Journées portes ouvertes des institutions de la mémoire, a permis d’évaluer les acquis, d’identifier les défis persistants et de définir les orientations futures pour la sauvegarde du patrimoine documentaire national. À cette occasion, Lefaso.net a reçu une attestation de reconnaissance pour sa précieuse contribution à la sauvegarde et à la promotion du patrimoine documentaire, ainsi que pour son accompagnement dans la visibilité des activités du comité.

Créé en 2020, le Comité national burkinabè Mémoire du monde a pour mission d’identifier, de préserver et de rendre accessible le patrimoine documentaire du Burkina Faso. Réunis en assemblée générale conformément aux dispositions du décret portant création et fonctionnement du comité, les membres ont fait le point des actions réalisées au cours de la période 2020-2026 et esquissé les perspectives pour les années à venir.

Pub 📢

Selon le président du Comité national burkinabè Mémoire du monde, Todroudoua Malo, plusieurs avancées significatives ont été enregistrées malgré un contexte national marqué par des défis sécuritaires et humanitaires. Il a notamment cité la vulgarisation du Programme Mémoire du monde de l’UNESCO, la sensibilisation des décideurs, le renforcement des capacités des acteurs nationaux ainsi que la création de cadres d’échanges entre les institutions de mémoire.

2 9423 6a29a
« Préserver notre mémoire collective, c’est préserver notre identité », Todroudoua Malo, président du CNB/MdM

Toutefois, a-t-il reconnu, le patrimoine documentaire burkinabè demeure confronté à plusieurs menaces, notamment les effets du temps, les aléas climatiques, les crises sécuritaires, l’insuffisance des ressources financières et les besoins croissants en matière de conservation et de numérisation. « Notre ambition est non seulement de mieux conserver nos documents historiques au niveau national, mais aussi de les hisser sur le registre international Mémoire du monde de l’UNESCO », a indiqué Todroudoua Malo.

Organisée en marge de l’Assemblée générale, la deuxième édition des Journées portes ouvertes des institutions de la mémoire vise à mettre en lumière le travail souvent méconnu des professionnels de l’information documentaire, des archives, des bibliothèques et des centres de documentation.

6 1728 3b703
Les expositions ont permis au public de découvrir des documents historiques et les richesses du patrimoine documentaire burkinabè.

Pour Todroudoua Malo, ces journées constituent également une occasion de sensibiliser la jeunesse à l’importance de la préservation de la mémoire collective. Face à l’essor des technologies de l’information et de la communication, il estime nécessaire d’amener les jeunes à fréquenter davantage les centres de documentation afin de découvrir les richesses documentaires conservées dans ces structures.
Il a par ailleurs salué les progrès enregistrés dans la formation des spécialistes du domaine, notamment grâce aux filières dédiées dans les universités burkinabè, qui permettent aujourd’hui de disposer de professionnels capables d’assurer la gestion et la conservation du patrimoine documentaire national.

Prenant la parole au nom de la Commission nationale burkinabè pour l’UNESCO, son secrétaire général, Dr Vincent Sedogo, a rappelé que le Programme Mémoire du monde, lancé par l’UNESCO en 1992, vise à lutter contre l’amnésie collective, à préserver le patrimoine documentaire et à garantir son accès au plus grand nombre.

3 8267 72572
Dr Vincent Sedogo, secrétaire général de la Commission nationale burkinabè pour l’UNESCO, a plaidé pour une meilleure protection du patrimoine documentaire.

Selon lui, le Burkina Faso dispose d’une richesse documentaire importante conservée dans les archives publiques et privées, les bibliothèques, les centres de recherche, les institutions religieuses, les musées et les collections familiales. Mais cette richesse reste exposée à plusieurs risques liés à la dégradation des supports, aux catastrophes naturelles, aux contraintes budgétaires et à la situation sécuritaire.

Pour relever ces défis, il a appelé au renforcement des capacités des institutions de mémoire, à l’accélération de la numérisation des documents, au développement des partenariats techniques et scientifiques ainsi qu’à une meilleure appropriation du patrimoine documentaire par les citoyens, particulièrement les jeunes.
« Un peuple qui ne préserve pas sa mémoire s’expose au risque de perdre ses repères », a-t-il averti, estimant que la conservation des archives contribue à la cohésion sociale, à la transmission des valeurs et au renforcement du sentiment d’appartenance à la nation.

6 1728 3b703
Les expositions ont permis au public de découvrir des documents historiques et les richesses du patrimoine documentaire burkinabè.

Cette rencontre a également été marquée par une cérémonie de reconnaissance en faveur des structures et partenaires ayant accompagné les actions du Comité national burkinabè Mémoire du monde.
À cette occasion, le média en ligne Lefaso.net a reçu une attestation de reconnaissance pour sa précieuse contribution à la sauvegarde et à la promotion du patrimoine documentaire, ainsi que pour son accompagnement dans la visibilité des activités du comité.

En remettant ces distinctions, les responsables du comité ont exprimé leur gratitude envers les médias et les différents partenaires qui contribuent à faire connaître les initiatives de préservation de la mémoire collective du Burkina Faso.

Représentant le ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, le conseiller technique Dr Habib Hamed Djiga a salué les efforts accomplis depuis 2020 tout en rappelant les nombreux défis qui demeurent.

4 5794 cd286
Dr Habib Hamed Djiga, représentant le ministre de l’enseignement supérieur, a ouvert les travaux de l’Assemblée générale.

Il a insisté sur la nécessité d’accélérer l’élaboration d’une stratégie nationale du secteur, de développer les plateformes numériques de conservation et de consultation, de renforcer la coopération entre les universités, les centres de recherche et les institutions de mémoire, mais également de mobiliser davantage de ressources pour assurer la mise en œuvre de la nouvelle feuille de route.

La présidente de l’université Norbert Zongo et marraine de cette deuxième édition des journées portes ouvertes, Pr Windkouni Haoua Eugénie Maïga, a quant à elle réaffirmé son engagement à accompagner le Comité national burkinabè Mémoire du monde dans ses actions en faveur de la sauvegarde et de la valorisation du patrimoine documentaire national.

5 3392 56def
Pr Windkouni Haoua Eugénie Maïga, marraine des journées portes ouvertes, a réaffirmé son soutien aux actions de préservation de la mémoire nationale.

À l’issue de cette assemblée générale, les acteurs de la mémoire ont renouvelé leur volonté de renforcer leur collaboration afin que les archives, manuscrits, ouvrages et autres documents témoins de l’histoire du Burkina Faso soient mieux conservés et transmis aux générations futures.

Anita Mireille Zongo
Lefaso.net

The Insider
Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

Pub 📢

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *