Houet : Des ex-exciseuses deviennent des acteurs de sensibilisation contre l’excision à Bama
Bama, 18 juin 2026 (AIB) – L’association Maïa a remis, jeudi, des kits d’appui à des ex-exciseurs et ex-exciseuses de la commune de Bama ayant renoncé à la pratique des mutilations génitales féminines, afin de favoriser leur reconversion socioéconomique.
La cérémonie a réuni des ex-exciseurs et ex-exciseuses, des chefs coutumiers, des leaders religieux, des représentants d’associations de jeunes et de femmes, ainsi que le premier vice-président de la délégation spéciale de Bama, Kassoum Sanou, le représentant du directeur régional de l’Action humanitaire et de la Famille et celui du chef de canton de Bama.
À cette occasion, les bénéficiaires ont reçu des kits composés de couples de moutons et de chèvres, d’aliments pour bétail ainsi que de matériel destiné à l’élevage.
Selon la présidente de l’association Maïa Amina Diallo, la décision des ex-exciseurs et ex-exciseuses d’abandonner cette pratique, constitue une avancée majeure dans la lutte contre l’excision et témoigne d’un engagement en faveur de la dignité humaine.
« Vous avez abandonné le couteau pour porter la médaille. Une médaille qui symbolise l’engagement pour la vie, la santé des filles, la dignité des femmes et l’humanité tout entière. Par votre reconversion, vous devenez désormais les porte-voix du changement au sein de vos communautés, des communautés qui se libéreront des chaînes du silence, de la souffrance et de la peur », a déclaré la camarade Diallo.
Pour le représentant du président de la délégation spéciale (PDS), Kassoum Sanou, cette initiative mérite d’être saluée à sa juste valeur. Elle s’inscrit dans la vision de la commune visant à promouvoir les droits de la jeune fille et à préserver sa dignité.
« Nous disons merci au Réseau Ouest-Africain des ONG et Associations de Lutte contre les Violences Basées sur le Genre (ROAO-LVBG), à travers l’association Maïa, qui a choisi notre commune pour cet événement », a indiqué Kassoum Sanou.
Pour les bénéficiaires, ce soutien constitue un engagement ferme à ne plus retourner à cette pratique.
« Nous étions attachés à cette activité sans savoir qu’elle était dangereuse. Grâce aux nombreuses séances de sensibilisation organisées par l’association Maïa, nous avons décidé d’abandonner ce métier. Ces animaux nous permettront de développer l’élevage au sein de nos familles. Nous appelons toute la population à mettre fin à cette pratique », a confié Fatoumata Sanou, ex-exciseuse.
La remise de ces kits aux ex-exciseurs et ex-exciseuses marque une étape importante dans la lutte contre les violences basées sur le genre dans la région du Guiriko.
Agence d’Information du Burkina
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