Sénégal-Homosexualité-Législation-Interview
« Le Sénégal est un pays souverain, il n’a pas à se justifier des lois qu’il prend, ni devant l’Occident, ni devant personne », Ousmane Sonko
Ouagadougou, 16 juin 2026 (AIB) – « Le Sénégal est un pays souverain, il n’a pas à se justifier des lois qu’il prend, ni devant l’Occident, ni devant personne », a déclaré le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, dénonçant les critiques occidentales visant la législation de son pays réprimant les relations homosexuelles.
Dans un entretien accordé à des journalistes, M. Sonko a rejeté l’idée d’une « chasse aux homosexuels » au Sénégal, rappelant que les dispositions pénales concernées existent depuis plusieurs décennies et ne constituent pas une création des autorités actuelles.
« Il n’y a pas de chasse aux homosexuels. Il y a une loi sénégalaise qui date de plus de 30 ans. Vous semblez vouloir faire croire que c’est une loi nouvelle. Non ! Ce sont les peines qui ont été renforcées. La loi est là depuis l’époque du président Léopold Sédar Senghor, avec les mêmes incriminations de la pratique de l’homosexualité », a affirmé le président de l’Assemblée nationale sénégalaise.
« Le Sénégal est un pays souverain. Il n’a pas à se justifier des lois qu’il prend, ni devant l’Occident, ni devant personne », a-t-il insisté.
Le chef du Parlement sénégalais a également critiqué ce qu’il considère comme une attitude à géométrie variable de certains pays occidentaux en matière de droits humains.
Il a notamment cité des lois françaises ayant fait l’objet d’observations de la part d’organes des Nations unies, estimant que le Sénégal ne s’est jamais publiquement opposé aux choix législatifs de la France.
« Nous attendons la même courtoisie, le même respect de la France et de l’Occident », a-t-il déclaré.
Selon M. Sonko, la législation sénégalaise reflète les convictions religieuses, culturelles et sociales du pays.
Il a indiqué que les autorités n’envisagent aucun recul sur cette question et n’ont pas exclu un éventuel renforcement du dispositif légal si elles le jugeaient nécessaire.
La législation sénégalaise sur l’homosexualité repose principalement sur l’article 319 du Code pénal, qui criminalise les « actes contre nature » commis entre personnes de même sexe.
Selon cette disposition, les relations homosexuelles consenties entre adultes sont passibles de peines d’emprisonnement et d’amendes. En 2024, l’Assemblée nationale du Sénégal a adopté une loi renforçant les sanctions pénales applicables aux actes homosexuels.
Agence d’information du Burkina
