Burkina-Soutenance-Doctorat-Thèse
Burkina : un chimiste propose une formule pour la fabrication de briques locales durables
Ouagadougou, 13 juin 2026 (AIB)- Pour l’obtention du grade de docteur en chimie, option chimie minérale, Soungalo Ouattara a soutenu avec succès, ce samedi 13 juin à l’Université Joseph KI-ZERBO, sa thèse de doctorat consacrée à la formulation et à la caractérisation de géopolymères à base d’argiles kaolinitiques locales, mettant en évidence l’apport des cendres végétales dans la fabrication de matériaux de construction plus durables et résistants.
« Nous avons montré qu’il est possible de fabriquer des briques résistantes à partir de terre argileuse et d’une solution alcaline locale, avec un traitement thermique relativement faible, autour de 60 à 70 °C », a indiqué M. Ouattara à l’issue de sa soutenance.
Menés au sein de l’équipe de recherche en physico-chimie et matériaux de l’UFR des sciences, les travaux visent à proposer une alternative écologique au ciment traditionnel, dont la production est responsable d’une part importante des émissions mondiales de dioxyde de carbone.
Le doctorant a expliqué avoir développé des briques géopolymères en utilisant une argile kaolinitique locale associée à une solution alcaline produite à partir de soude caustique disponible au Burkina Faso. Des cendres de balles de riz ont également été incorporées afin d’améliorer les performances mécaniques et la durabilité des matériaux.
Selon les résultats présentés, une formulation contenant 5 % de cendres de balles de riz et soumise à une cure de 60 °C pendant 24 heures a permis d’obtenir une résistance à la compression de plus de 32 MPa, des performances proches de celles de certains bétons de ciment et largement supérieures à celles des adobes traditionnels.
Au-delà de leurs qualités mécaniques, ces géopolymères présentent une meilleure résistance à l’érosion et contribuent à la valorisation des ressources naturelles et des résidus agricoles du Burkina Faso, notamment les cendres issues des balles de riz. Cette approche pourrait réduire la dépendance aux importations de ciment tout en limitant l’empreinte carbone du secteur de la construction.
Le chercheur a annoncé son intention de poursuivre les investigations afin d’améliorer davantage les performances de ces matériaux et de répondre aux questions scientifiques restant en suspens avant une éventuelle application à grande échelle.
À l’issue de la délibération, le jury présidé par le professeur Lucien Désiré Bonou de l’université Joseph Ki Zerbo, lui a décerné le grade de docteur en chimie, spécialité chimie des matériaux, option chimie minérale, avec la mention «Très Honorable ».
L’un des membres du jury, Dr Sanou Issiaka, a salué la qualité de la présentation et encouragé le nouveau docteur à poursuivre ses recherches sur ces matériaux innovants susceptibles de contribuer au développement d’une construction durable au Burkina Faso.
Agence d’information du Burkina
OS/yos
