
Portés par leur passion du football et les bienfaits du Cécifoot, plusieurs jeunes aveugles et malvoyants du Burkina Faso lancent un appel aux autorités pour un meilleur accompagnement. Entre besoin d’infrastructures adaptées, de matériel spécifique et ambition de représenter le pays sur la scène internationale, ils témoignent de l’impact de cette discipline qui leur redonne confiance, joie de vivre et espoir.
Sur le terrain comme en dehors, le Cécifoot transforme des vies. Lors de la finale de la 4ᵉ édition du tournoi national de cécifoot le 6 juin 2026, plusieurs jeunes déficients visuels ont raconté comment ce sport leur permet de s’épanouir, de gagner en confiance et de rêver à une carrière internationale.
Yacouba Guyma
« Nous aimerions jouer au football comme tous les jeunes de notre âge. Mais notre handicap rend cela un peu difficile. Nous aimerions que les autorités nous aident à avoir des terrains adaptés à notre situation de handicap. Notre terrain doit être spécifique. C’est grâce au son du ballon que nous arriverons à savoir où il se trouve et dans quelle direction il va. Moi, personnellement, le football me permet de m’épanouir et ça me procure de la joie. Quand je joue, je suis en contact avec d’autres personnes et les cris et les rires des uns et des autres font que l’on se sent bien. Je n’avais jamais imaginé qu’un jour j’allais pouvoir jouer au football à cause de mon handicap. Mais depuis quatre ans, grâce aux personnes de bonne volonté, nous jouons au Cécifoot. Nous avons appris à contrôler le ballon et à tirer. Et cela nous fait vraiment un grand bien. J’aimerais un jour participer à des Cécifoot internationaux. J’aimerais que nos autorités nous accompagnent pour que nous puissions participer à la CAN de Cécifoot et au mondial Cécifoot ».

Fousseina Yimbou
« J’ai commencé à jouer au football au mois d’octobre et cela me fait un grand bien. Aujourd’hui, je suis très fière de moi parce que j’arrive à jouer comme tout le monde et je passe de bons moments avec mes amis sur le terrain. Je ne savais pas que j’allais arriver un jour à contrôler le ballon et même à tirer sans l’aide de quelqu’un. Dieu merci, aujourd’hui j’arrive à me déplacer sur le terrain et c’est un défi que j’ai relevé. Grâce au Cécifoot, j’ai des moments de loisirs et de détente. Nous sollicitons les autorités pour nous accompagner car nous avons besoin de nous sentir comme tous les jeunes. Nous aimerions avoir du matériel et un terrain adaptés à notre situation de handicap. Ce sport nous permet d’aller au-delà de nos capacités pour donner le meilleur de nous-mêmes ».

Ibrahim Koné
« Aujourd’hui c’est un grand jour pour moi. Parce que je ne savais pas qu’un jour j’allais pouvoir jouer sur un terrain de football où il y aurait du monde pour nous acclamer, surtout au stade du 4 août, même si ce n’est pas sur le terrain principal. C’est une joie immense que je ressens. C’est difficile de décrire ma joie. Il faut être dans ma situation pour comprendre. Tout mon souhait, c’est de participer à la CAN de Cécifoot et au mondial Cécifoot. »

Cheikh Abdoul Rasmané Kaboré
« Je suis animé par un sentiment de joie aujourd’hui. Quand j’étais enfant, j’aimais jouer au football. C’était ma passion. Je rêvais d’être footballeur professionnel. Quand j’ai perdu la vue, tout mon espoir s’est effondré. Mon rêve s’est brisé. Je suis resté longtemps triste. Avec le Cécifoot, j’ai recommencé à avoir de l’espoir. Je me sens super heureux quand je joue. Aujourd’hui, avec les acclamations et les cris, je ressens une joie, même si je ne vois pas, je ressens la ferveur et la chaleur humaine, et cela nous fait du bien. J’aimerais que les autorités investissent dans le Cécifoot pour permettre à tous les malvoyants et aveugles de jouer comme tout le monde ».

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Rama Diallo
Lefaso.net
