
La commune rurale de Péni, dans la région du Guiriko, a accueilli, samedi 6 juin 2026, l’inauguration officielle du complexe industriel de transformation d’anacarde et de mangue de GEBANA Faso. Implantée dans le village de Mê, sur un site de 7,2 hectares, cette infrastructure moderne ambitionne de renforcer la transformation locale des produits agricoles, créer des milliers d’emplois et consolider la chaîne de valeur des filières anacarde et mangue au Burkina Faso. La cérémonie d’inauguration était placée sous la présidence du gouverneur de la région du Guiriko, représenté par le secrétaire général de la province du Houet, Sombéniwendé Nikiéma.
L’évènement a réuni autorités administratives, coutumières et religieuses, partenaires techniques et financiers, producteurs ainsi que les responsables du groupe GEBANA. À travers cette réalisation, l’entreprise suisse, spécialisée dans le commerce équitable, confirme sa volonté d’investir durablement dans la valorisation des productions agricoles burkinabè.

Prenant la parole à cette occasion, le directeur général du groupe GEBANA AG, Christophe Schmidt, a rappelé que ce projet constitue le plus important investissement jamais réalisé par son groupe en plus de 50 ans d’existence. « Cette usine représente un immense projet pour nous. Nous n’avons jamais fait un investissement aussi grand auparavant », a-t-il déclaré, non sans souligner les défis techniques, financiers et humains rencontrés tout au long de sa réalisation.

Malgré les difficultés, le responsable s’est dit fier du résultat obtenu, saluant notamment le professionnalisme des entreprises de construction, des investisseurs, des autorités locales et de l’équipe de GEBANA Faso. Pour Christophe Schmidt, cette usine traduit une conviction forte, celle d’un commerce plus juste, créateur d’emplois stables, de revenus pour les familles et de débouchés sécurisés pour les producteurs.

Selon le directeur général de GEBANA Faso, Ousseni Porgo, le complexe industriel a été conçu pour répondre aux standards internationaux de l’industrie agroalimentaire. Le site comprend près de 15 000 m² de bâtiments industriels ainsi qu’un important bloc social regroupant bureaux administratifs, restaurant, infirmerie et garderie. « Nous avons voulu placer l’humain au cœur du développement de l’entreprise », a expliqué le responsable.
L’usine de transformation d’anacarde est équipée de technologies de pointe importées du Vietnam, considéré comme une référence mondiale dans ce secteur. Elle affichera une capacité de traitement de 10 000 tonnes de noix brutes de cajou par an provenant de plus de 7 200 producteurs. Quant à l’unité de transformation de mangue, dotée d’équipements en provenance d’Afrique du Sud, elle pourra produire jusqu’à 400 tonnes de mangues séchées par an. Chambres froides, fours industriels de séchage et équipements de conditionnement répondant aux normes d’exportation y sont intégrés. L’ensemble des installations respecte les standards internationaux en matière de qualité, de sécurité alimentaire et de traçabilité.

Un modèle industriel axé sur l’innovation et l’environnement
L’une des particularités de ce complexe réside dans son approche environnementale innovante. Le système énergétique repose sur une chaudière de dernière génération fonctionnant avec un circuit fermé d’eau chaude et reliée à une unité de pyrolyse. Cette technologie permet de transformer les résidus de production en biochar, tout en s’intégrant à un mécanisme de crédits carbone.
Par ailleurs, un dispositif moderne de traitement des eaux usées et de production de compost a été installé afin de valoriser les déchets générés par les activités des deux usines. Pour Ousseni Porgo, cette démarche répond à la nécessité de concilier rentabilité économique et préservation des ressources naturelles. L’entreprise accompagne également plus de 7 000 producteurs répartis dans les principales zones de production du pays, grâce à un réseau de 25 agrotechniciens chargés d’assurer l’encadrement technique, l’amélioration des rendements et la restauration de la fertilité des sols.

Plus de 1 500 emplois attendus
Au-delà de la transformation industrielle, le projet se distingue par son impact social. À terme, le complexe devrait employer entre 1 500 et 1 800 personnes, principalement des jeunes et des femmes issus des villages environnants et de la commune de Péni. Pour faciliter les conditions de travail, GEBANA a mis en place plusieurs services sociaux. Une garderie accueille déjà près d’une centaine d’enfants du personnel. Une infirmerie assure également les soins de première nécessité sur le site. L’entreprise prévoit en outre un dispositif de transport pour les travailleurs venant de Bobo-Dioulasso et des localités voisines.

Représentant le gouverneur de la région du Guiriko, le secrétaire général de la province du Houet, Sombéniwendé Nikiéma, a salué une infrastructure qui contribue à renforcer le statut industriel de la région. Selon lui, l’usine s’inscrit pleinement dans la dynamique nationale de promotion de la transformation locale des matières premières agricoles. « L’anacarde et la mangue figurent parmi les filières stratégiques qui contribuent fortement aux revenus des producteurs et aux exportations nationales. Il est essentiel que leur développement s’accompagne d’investissements industriels capables de transformer localement nos productions », a-t-il affirmé.

Le représentant du gouverneur a également mis en avant l’engagement de GEBANA en faveur d’un modèle de développement responsable fondé sur le partenariat avec les producteurs et le respect des exigences sociales et environnementales. Au terme de la cérémonie, les autorités ont visité les différentes chaînes de production et salué la qualité des équipements installés. Le représentant du gouverneur a estimé que cette réalisation constitue une illustration concrète de la politique d’industrialisation portée par les autorités burkinabè.

À l’en croire, malgré le contexte sécuritaire difficile que traverse le pays, l’implantation d’un tel investissement démontre la confiance des partenaires et des investisseurs dans le potentiel économique du Burkina Faso.
Romuald Dofini
Lefaso.net
