
L’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’environnement, de l’alimentation, du travail et des produits de santé (ANSSEAT) et la Société de production pharmaceutique (PROPHARM) ont signé, ce vendredi 5 juin 2026 à Komsilga, une convention de collaboration destinée à renforcer le contrôle de qualité des médicaments, les capacités techniques et le développement de l’industrie pharmaceutique nationale.
La cérémonie de signature s’est déroulée dans les locaux de PROPHARM, unité industrielle pharmaceutique spécialisée dans la production de médicaments génériques. Elle a réuni les responsables des deux institutions ainsi que leurs équipes techniques respectives.
Dans son allocution, le directeur général de l’ANSSEAT, le Pr. Elie Kabré, a souligné la portée stratégique de cette convention dans un contexte où les défis sanitaires exigent davantage de synergies entre les acteurs publics et industriels.
« Dans un monde où les défis sont de plus en plus complexes à tous les niveaux, la coopération n’est plus une option : elle est une nécessité », a-t-il déclaré. Pour le premier responsable de l’ANSSEAT, cet accord dépasse largement le cadre d’une simple formalité administrative. Il constitue un engagement fort en faveur de la santé publique et traduit la volonté commune des deux institutions de garantir aux populations des produits de santé conformes aux normes de qualité et de sécurité.
Selon lui, cette convention s’inscrit pleinement dans les orientations des plus hautes autorités du pays qui ont instruit l’ANSSEAT à renforcer le dispositif national de contrôle sanitaire et à accompagner le développement de l’industrie nationale vers l’excellence.

Le Pr Elie Kabré a rappelé que l’ANSSEAT, récemment érigée en Faso Food and Drug Administration (Faso FDA), est désormais l’autorité nationale de référence chargée notamment de l’analyse des denrées alimentaires, du contrôle de qualité des médicaments et des autres produits de santé. À ce titre, l’institution joue un rôle central dans la protection de la santé des populations en veillant à ce que les produits mis sur le marché répondent aux normes de qualité, de sécurité et d’efficacité. À travers ce partenariat, l’institution entend mettre son expertise scientifique et technique au service de PROPHARM afin d’accompagner l’entreprise dans son processus d’amélioration continue.
« Le contrôle de qualité n’est pas une simple vérification finale, mais un processus exhaustif et continu qui couvre l’intégralité du cycle de fabrication », a insisté le directeur général de l’ANSSEAT.
Il a également affirmé que son institution ne ménagera aucun effort pour contribuer à faire de PROPHARM une unité industrielle performante, fiable et compétitive, capable de s’imposer durablement sur les marchés national et international.
Prenant la parole à son tour, le directeur général de PROPHARM, Yemboini Bonaventure Ouoba, a salué une convention qui marque « une étape importante dans le parcours de PROPHARM ».
Pour lui, ce partenariat traduit une vision commune basée sur la qualité, la rigueur scientifique et la recherche permanente de l’intérêt général.
« L’importance de la qualité dans la production pharmaceutique est un principe indiscutable qui transcende les simples obligations légales », a-t-il affirmé.
Le responsable de PROPHARM a rappelé que la qualité constitue le socle de la confiance entre le fabricant, le régulateur et le patient. Il a souligné que le respect strict des normes, l’innovation technologique et l’amélioration constante des processus demeurent indispensables pour maintenir les standards d’excellence de l’industrie pharmaceutique.
Cette vision, a-t-il ajouté, s’inscrit dans les ambitions nationales visant à bâtir une industrie pharmaceutique forte et souveraine, capable de répondre efficacement aux besoins des populations burkinabè.

La convention de collaboration repose sur trois principaux axes d’intervention.
Le premier concerne le contrôle rigoureux de la qualité des produits pharmaceutiques, afin de garantir leur conformité aux exigences réglementaires et aux standards internationaux.
Le deuxième porte sur le développement et la validation de méthodes analytiques performantes et innovantes, essentielles pour améliorer la fiabilité des contrôles et accompagner l’évolution technologique du secteur.
Le troisième axe vise le renforcement continu des compétences du personnel technique, à travers des actions de formation, de partage d’expertise et de développement des capacités.
Pour les deux institutions, ces piliers permettront d’améliorer durablement la qualité des médicaments produits localement tout en renforçant la crédibilité et la compétitivité de l’industrie pharmaceutique burkinabè.
Installée à Googho, dans la commune rurale de Komsilga, PROPHARM est une unité industrielle pharmaceutique spécialisée dans la fabrication de médicaments génériques sous formes sèches, notamment les comprimés, gélules et poudres.

L’entreprise dispose d’une infrastructure moderne répondant aux standards internationaux de production pharmaceutique et est engagée dans plusieurs activités allant de la production au conditionnement, en passant par le contrôle qualité et les études de stabilité.
Titulaire d’un certificat de Bonnes pratiques de fabrication (BPF), renouvelé en mai 2026, PROPHARM produit notamment du paracétamol, de l’ibuprofène, du métronidazole, du phloroglucinol ainsi que des traitements antipaludiques et des produits destinés à la prise en charge des maladies diarrhéiques.
L’entreprise ambitionne également de développer à moyen terme la production de médicaments injectables et de vaccins, tout en poursuivant sa démarche de certification et d’amélioration continue.
Au-delà de ses aspects techniques, cette convention traduit une ambition commune : contribuer au renforcement de la souveraineté sanitaire du Burkina Faso à travers la promotion d’une industrie pharmaceutique nationale forte, crédible et compétitive.
Pour les responsables des deux institutions, la santé publique exige aujourd’hui une collaboration étroite entre les organismes de contrôle et les unités de production afin de garantir aux populations des médicaments sûrs, efficaces et accessibles.

La signature de cet accord envoie ainsi un message fort de responsabilité, de confiance et d’engagement collectif en faveur du développement du secteur pharmaceutique national.
La signature de la convention a été suivie d’une visite guidée des installations de PROPHARM. Les participants ont pu découvrir les infrastructures, les équipements de production ainsi que les dispositifs de contrôle qualité mis en place par l’unité industrielle pharmaceutique.
En unissant leurs expertises et leurs ressources, l’ANSSEAT et PROPHARM entendent faire de cette alliance un modèle de coopération institutionnelle au service de la qualité, de l’innovation et du bien-être des populations burkinabè.
Anita Mireille Zongo
Lefaso.net
