Près de quatre ans après les faits, l’affaire de l’incendie du véhicule de Serge Lianhoué Imhotep Bayala, coordonnateur du mouvement panafricain « Deux Heures pour Nous, Deux Heures pour Kamita », a connu son verdict ce 5 juin 2026 au Tribunal de grande instance Ouaga II, après 4 ans de procédures judiciaires.
Le Capitaine Abdoul Kader Zanré, responsable de la sécurité présidentielle de l’ex-président de transition Paul-Henri Sandaogo Damiba au moment des faits, a été reconnu coupable de complicité de destruction volontaire de bien privé par incendie en bande organisée et de complicité de mise en danger de la vie d’autrui. Il a été condamné à onze ans de prison, dont cinq ans ferme, assortis d’une amende ferme de 2 millions de francs CFA. Un mandat d’arrêt a été décerné à son encontre.
Ses coaccusés, le caporal Sawadogo Hamidou, alias Alpha, le Sergent Boro Aboubacar, alias Brade, et le Sergent Poda Nania, alias Chuteur, ont tous été reconnus coupables de destruction volontaire de bien privé par incendie en bande organisée et de mise en danger de la vie d’autrui. Ils ont été condamnés chacun à cinq ans de prison avec sursis et à une amende ferme de 2 millions de francs CFA. Seul Poda Nania alias Chuteur s’est présenté à l’audience de délibéré.
La constitution de partie civile de Serge Bayala, alias Lianhoué Imoteph Bayala, a été reçue. Les condamnés sont tenus de lui verser la somme de 12 700 000 francs CFA à titre de dommages et intérêts. Une contrainte judiciaire à neuf (09) mois d’emprisonnement ferme est fixée en cas d’inexécution des condamnations pécuniaires sus-prononcées.
Satisfaction de la victime
Le tribunal a également ordonné la confiscation de plusieurs scellés, dont un couteau baïonnette, un marteau, un bidon usé et une clé USB, en vue de leur destruction.
À la sortie de l’audience, Imhotep Bayala a exprimé un profond sentiment de soulagement. Il a remercié ses proches, ses camarades, le peuple burkinabè ainsi que toutes les personnes qui lui ont témoigné leur solidarité depuis la nuit du 22 au 23 août 2022. Il a salué leur patience et leur constance dans la quête de vérité, malgré les railleries, les rumeurs et les incompréhensions suscitées par cette affaire.
Selon lui, l’un des acquis majeurs du procès reste le fait que la responsabilité des auteurs a été établie par une décision officielle, et non par des spéculations ou des procès d’intention. « Aujourd’hui, il faut dire, ce 5 juin 2026, c’est un Bayala qui est soulagé d’un point de vue de la conscience », a-t-il déclaré.
« Nous critiquions un système »
Le plaignant a aussi replacé cette affaire dans le contexte de ses opinions politiques à l’époque des faits. « Ce dont j’ai été victime était en lien avec mes opinions politiques. À l’époque, nous étions systématiquement et radicalement opposés au mode de gouvernance du Président Damiba à l’époque. Nous ne critiquions pas un homme », a-t-il rappelé.
Pour lui, le combat n’a jamais visé un homme, mais bien un système. « Nous ne critiquions pas un homme, nous critiquions un système. Nous désavouons des actes de gouvernance qui humilient notre peuple », a-t-il affirmé.
Par ailleurs il a appelé à privilégier les voies légales pour régler les différends. « Nous invitons tous ceux qui ont un problème avec notre opinion à se référer aux voies consacrées par notre loi fondamentale », a-t-il lancé.
La nuit du 22 au 23 août 2022
Dans la nuit du lundi au mardi 23 août 2022, le véhicule de Serge Imhotep Bayala est incendié devant son domicile à Ouagadougou. Après avoir entendu des cris venant de l’extérieur de sa cour, il sort et constate que son véhicule est en flammes. Des témoins arrivent sur les lieux en premier et signalent avoir vu un homme quitter précipitamment les lieux en chemise, traversant la chaussée en courant.
Sur les lieux du crime, une baïonnette de type militaire et un habit militaire ayant lui-même pris feu et d’autres objets sont retrouvés.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7
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