Le Premier ministre malien appelle à la «souveraineté informationnelle » pour imposer le narratif africain

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Le Premier ministre malien appelle à la «souveraineté informationnelle » pour imposer le narratif africain

Bamako, 4 juin 2026 (AIB)-La première édition du Forum panafricain des médias (FOPAME) s’est ouverte hier mercredi à Bamako, marquée par un appel du Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, en faveur d’une «souveraineté informationnelle» de l’Afrique, indispensable selon lui, pour contrer la manipulation et la guerre des récits dont est victime le Continent.

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Placée sous le thème «Unir les voix, renforcer les liens entre les médias d’Afrique», cette rencontre de quatre jours réunit des professionnels des médias venus d’une vingtaine de pays africains, avec le Royaume du Maroc comme invité d’honneur.

Donnant le coup d’envoi des travaux, le Premier ministre malien a d’emblée positionné l’information comme «l’une des ressources les plus stratégiques» de l’époque contemporaine, bouleversée par le numérique et l’intelligence artificielle.

«L’Afrique d’aujourd’hui refuse la décadence du silence, la dépendance intellectuelle, la confiscation de sa parole», a martelé le général de division Abdoulaye Maïga.

Pour le chef du gouvernement malien, la maîtrise du récit national et continental ne relève plus seulement de la communication, mais constitue «un enjeu stratégique majeur» voire «un pilier essentiel de la souveraineté des États et un levier fondamental de leur stabilité».

Évoquant la situation critique des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), M. Maïga a souligné que les défis sécuritaires complexes s’accompagnent systématiquement d’une «intense bataille de perception».

Face à cette guerre informationnelle, il a appelé à un sursaut collectif : «Le panafricanisme du XXIe siècle, en plus d’être politique et économique, doit également être médiatique, numérique et informationnelle. (…) Une Afrique qui maîtrise son récit est une Afrique qui a davantage sa place dans le monde».

Avant lui, les acteurs du secteur des médias ont dressé un diagnostic sans concession des dérives qui ciblent le continent.

Bandiougou Danté, président de la Maison de la Presse du Mali, institution à l’initiative du forum, a dénoncé la manière dont l’image de l’Afrique reste dictée par l’extérieur.

«Aujourd’hui, l’image de l’Afrique continue trop souvent d’être racontée par d’autres. Nos crises sont amplifiées, nos réussites minimisées, nos réalités simplifiées, nos peuples caricaturés, nos dirigeants stigmatisés», a regretté M. Danté.

Il a qualifié la situation au Sahel de double confrontation, où la guerre sécuritaire s’articule à une «guerre informationnelle où la manipulation, la désinformation et les influences extérieures cherchent à orienter les opinions et à fragiliser nos sociétés».

De son côté, Salif Sanogo, président du Comité d’organisation du FOPAME 2026, a interrogé la fonction même du reporter face aux mutations technologiques, rappelant que «les journalistes écrivent la première version de l’histoire».

Constatant qu’un système d’information séculaire touche à sa fin, il a exhorté les médias panafricains à «se donner la main en créant une synergie d’actions».

«C’est ensemble que nous ferons face à la désinformation, à la manipulation, au lavage de cerveau», a-t-il insisté.

La conférence inaugurale, animée par le journaliste chevronné sénégalais Martin Faye sous le thème des médias africains à l’ère du numérique, a tracé des pistes de solutions.

M. Faye a vigoureusement plaidé pour une plus grande intégration de l’espace communicationnel africain, en mettant l’accent sur trois leviers : l’innovation technologique, le renforcement du journalisme d’investigation et la reconquête de la souveraineté narrative.

Durant les quatre jours du forum, les participants plancheront à travers cinq panels et tables rondes animés par des experts. Les débats techniques porteront sur la couverture des conflits, la transformation numérique, la promotion de la paix et la contribution des médias aux processus de réconciliation sur le continent.

Agence d’information du Burkina
NEK-ATA/as

The Insider
Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

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