
La police nationale du Burkina Faso tient du 3 au 5 juin 2026, ses 72 heures de santé préventive à Ouagadougou au siège du camp CRS sis à Wayalghin. Cette 3ᵉ édition est placée sous le thème « Gestion et prévention des risques professionnels chez les policiers dans un contexte de défis sécuritaires : Défis et stratégie d’adaptation ». La cérémonie d’ouverture était sous le patronage du ministre de la sécurité Mahamadou Sana et sous le parrainage du directeur général de la CARFO, Hyacinthe Tamalgo. Elle a été présidée par la conseillère technique du ministère de la Sécurité, Fatoumata Yatassaye Benon/Nana, représentante du ministre Mahamadou Sana.
Plusieurs activités sont prévues pour cette édition. Il s’agit de consultations, de séances de dépistage, de dons de sang, de conférences, de panels, de stands d’exposition, de cross suivi de séances d’aérobic.
La conférence inaugurale a été assurée par le Pr Marthe Sandrine Lompo, présidente de la société de la médecine du travail et conseillère spéciale du Premier ministre.
Cette initiative de la police nationale vise à promouvoir le bien-être physique et mental des forces de sécurité confrontées à des défis professionnels croissants. Dans son intervention, la représentante du ministre a salué la tenue de cette activité qui traduit la volonté des autorités de faire de la santé des policiers une priorité. Elle a souligné que les missions de sécurisation exposent quotidiennement les agents à de multiples risques physiques, psychologiques et environnementaux nécessitant des mécanismes adaptés de prévention et de prise en charge.

« Le thème nous rappelle que la mission de sécurité, déjà exigeante, expose nos forces à des risques multiples. Ces risques sont physiques, psychologiques et parfois sociaux. Face à ces réalités, il est indispensable de développer des stratégies d’adaptation qui allient prévention, accompagnement et innovation. La santé préventive est un pilier de la résilience de nos forces. Un policier en bonne santé est un policier plus efficace, plus disponible et plus apte à répondre aux défis sécuritaires auxquels notre pays est confronté. Vous savez que le capital humain est la première richesse d’un pays. Et ce capital humain doit être en bonne santé. Comment demander à quelqu’un qui exerce un métier de policier, donc de sécurisation, de sécuriser un pays s’il n’est pas en bonne santé ? Les 72 heures constituent une réponse stratégique et institutionnelle pour permettre une prise en charge à la fois physique et psychologique de ces acteurs pour leur permettre d’avoir une haute disponibilité pour la sécurisation du pays. Le ministère de la Sécurité reste engagé dans cette dynamique et accompagne fortement la police nationale », a indiqué la conseillère technique du ministre de la sécurité.

Le directeur général de la police Thierry Dofizouho Tuina a rappelé qu’un policier doit être en bonne santé pour pouvoir agir sur le terrain contre la criminalité. « Pour être efficace sur le terrain, il faut que le policier soit en très bonne santé. Nous savons que notre pays traverse une crise sécuritaire qui génère un certain nombre de risques professionnels en plus des risques classiques que nous avons. En matière de santé publique, la prévention est meilleure que le traitement. Donc, si nous axons nos actions sur la prévention, cela permettra d’éviter certaines maladies », a souligné le directeur général de la police nationale.

Il a précisé que cette initiative est non seulement pour les policiers mais aussi pour les populations. M. Tuina a terminé en invitant tous les policiers et les populations à se rendre au camp CRS pour participer aux 72 heures mais aussi pour profiter des séances de consultations.

Pour le parrain de la cérémonie, le directeur général de la CARFO, Hyacinthe Tamalgo, la prévention demeure l’un des investissements les plus rentables pour toute organisation. « Prévenir un risque professionnel coûte toujours moins cher que de le réparer. Préserver la santé d’un agent, c’est préserver ses compétences, son efficacité et sa capacité à servir durablement la nation. Notre mission est de protéger et d’accompagner les agents publics dans leur parcours professionnel. C’est pourquoi nous nous engageons à soutenir toutes les initiatives qui visent à renforcer la prévention, la sensibilisation et la prise en charge des risques liés aux métiers exigeants comme celui du policier. Notre institution est engagée dans une dynamique permanente de prévention des risques professionnels à travers la mise en œuvre de programmes annuels de visites et de contrôles des lieux de travail dans les administrations publiques », a notifié le directeur général de la CARFO. Il a rassuré les policiers qu’ils peuvent s’approcher de la CARFO pour la prévention des risques professionnels mais aussi pour les réparations en cas d’accidents de travail.
Rama Diallo
Lefaso.net
