Le Forum sur la digitalisation du secteur de la justice s’est ouvert ce 2 juin 2026 à Ouagadougou. La cérémonie d’ouverture a été présidée par Seydou Ouédraogo, chargé de mission au ministère de la Justice, représentant le ministre. Placée sous le thème « Promouvoir une justice accessible, efficace et inclusive à l’ère du numérique », cette rencontre est organisée par le ministère en partenariat avec l’Institut de la Haye pour l’innovation du droit ( HiiL).
Ce forum, selon le chargé de mission, se tient dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et l’augmentation du nombre de personnes déplacées internes. Il vise à réfléchir aux mécanismes permettant de rapprocher davantage les services judiciaires des populations, notamment les plus vulnérables.
Les participants échangeront durant 48h sur les solutions numériques adaptées au secteur de la justice. Les travaux visent également à aboutir à une feuille de route réaliste, finançable et opérationnelle pour faciliter la mise en œuvre de plateformes numériques capables de renforcer l’accès des citoyens à la justice.
Revenant sur l’ampleur de la transformation numérique, il a souligné qu’elle est devenue une nécessité pour rendre la justice « plus accessible, plus rapide et plus proche des citoyens ».
Le Burkina Faso, selon lui, a déjà engagé cette modernisation à travers des plateformes comme le e-Casier judiciaire et le certificat de nationalité en ligne. Toutefois, il a relevé plusieurs défis, notamment l’insuffisance des infrastructures, les difficultés d’accès à internet en milieu rural et la fracture numérique.
« Ce n’est pas au citoyen de s’adapter à la technologie ; c’est à la technologie de s’adapter au citoyen », a-t-il déclaré.
Pour le représentant du ministre, la digitalisation de la justice doit être un outil d’inclusion et non un facteur d’exclusion. Les réflexions engagées au cours de ce forum devront ainsi déboucher sur des recommandations concrètes et une feuille de route réaliste pour le développement de services judiciaires numériques accessibles à tous.
Prenant la parole au cours de la cérémonie, la représentante Sahel de HiiL, Marie Compaoré Duprez, a salué les avancées enregistrées dans la modernisation de la justice burkinabè, notamment à travers la dématérialisation de certains services administratifs.
Elle a toutefois rappelé que la transformation numérique doit tenir compte des réalités du terrain, marquées entre autres par les défis sécuritaires, les difficultés de connectivité et les inégalités d’accès au numérique.
Pour HiiL, l’enjeu ne réside pas uniquement dans la digitalisation des services, dit-elle, mais dans leur capacité à répondre efficacement aux besoins des citoyens. « Une réforme judiciaire n’a de sens que si elle permet aux personnes, notamment les plus vulnérables, d’obtenir des solutions justes, accessibles et compréhensibles », a-t-elle indiqué.
Marie Compaoré Duprez a également insisté sur la nécessité de développer des solutions adaptées au contexte local, tout en renforçant l’accompagnement des usagers. Selon elle, la réussite de cette transformation repose sur une mobilisation conjointe des institutions publiques, du secteur privé, de la société civile et des partenaires techniques.
Éléonore Savadogo
Faso7
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