
Dans cette tribune libre, Harouna Dicko analyse la situation politique actuelle au Sénégal à la lumière des récentes évolutions institutionnelles autour des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF) et de l’Assemblée nationale.
Tout en rappelant l’attachement historique du Sénégal à la démocratie et à la stabilité républicaine, l’auteur exprime ses inquiétudes face aux tensions naissantes entre les pouvoirs exécutif et législatif. Il appelle le Conseil constitutionnel à jouer pleinement son rôle de garant des institutions afin de préserver la paix sociale et l’État de droit.
Lefaso.net
Ma libre opinion sur la situation politique du Sénégal
Dans la sous-région ouest Africaine,le Sénégal est,sans conteste,une réference en matière
de droit, de démocratie et surtout,pour la stabilité de ses institutions républicaines qui n’ont
jamais été lorgné par la grande muette.
Mais,depuis le 26 mai dernier, la République du Sénégal semble à coup sûr, être dans la
tourmente avec I’OPA du PASTEF sur l’assemblée nationale à travers l’intégration (et non la
réintégration) de l’ancien premier ministre comme député, et son installation à la présidence
de l’institution.
C’est pourquoi je donneencore ma libre opinion de frère africain,tout comme je laifait en
2024 en écrivant directement au prenier ministre Sonko lorsqu’il avait, en violation des
dispositions de la constitution, refuser de faire sa déclaration de politique générale devant
l’assemblée nationale dans laquelle il n’avait pas la majorité.
Certes,aujourd’hui il a une large majorité à l’assemblée nationale avec 130 députés sur 165,
mais par rapport à l’électorat national,cela n’est qu’une majorité relative de seulement 27%
soit 1 991 770 electeurs pour PASTEF sur 7 371 891 inscrits.Ce qui ne confere donc pas au
PASTEF le droit de vouloir s’imposer comme un parti État.
Il est vrai que le Président de la République ne peut pas dissoudre I’Assenblée nationale
avant décembre 2026,et que,vouloir même la dissoudre,c’est déjà reconnatre l’intégration
de l’ancien premier ministre Sonko et son installation comme président.
Mais qu’est-ce qui se passerait aujourd’hui si, à linstar de son prédécesseur,le premier
ministre LO,refuse de faire sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale
actuelle dans laquelle il n’a pas la majorité,ou s’il refuse simplement de collaborer avec cette
assemblée dont l’élection du président est pour lui, juridiquement contestable.
Sans faire fi des ressorts socio-culturels et religieux du Sénégal en matière de dialogue et de
règlement de crise, je pense que par ses prérogatives constitutionnelles, le conseil
constitutionnel est l’organe régulateur du fonctionnement des institutions et de T’activité des
pouvoirs publics.
Je crois aussi,que le conseil constitutionnel a le devoir de vite trouver une solution pour
sortir le Sénégal de cette tourmente politique qui n’est qu’à son début, faute de quoi, il
pourrait après etre appelé à connaître d’un grand conflit ouvert entre l’exécutif et le législatif.
Vivement la paix par le droit.
Vendredi, le 29 mai 2026
Harouna DICKO Citoyen Burkinabè
E-mail:[email protected]
