Situation nationale : « La paix, la cohésion sociale, c’est aussi dans nos services, nos voisinages, nos familles » (Imam Mahamoud Ouédraogo)

Pub 📢

whatsapp image 2026 05 28 at 13.18 47 36de1

Le Burkina a, à l’unisson, célébré la fête de la Tabaski 2026, le mercredi 27 mai 2026. De Dori à Manga, de Fada N’Gourma à Bobo-Dioulasso, en passant par Ouagadougou, le maître-mot, c’est la paix, le vivre-ensemble, la cohésion sociale, l’unité, la tolérance. Ce sont d’ailleurs les vœux les plus partagés à toutes les fêtes, depuis que le pays connaît la crise sécuritaire.

Seulement, la vie au quotidien ne semble pas répondre aux promesses de ces vœux ; tout semble se passer comme si le respect de ces valeurs n’incombait qu’à l’autre ou aux autres. Sur l’espace public, et pour certaines catégories de Burkinabè, la parole est rarement faite pour construire, mais plutôt pour irriter, contraindre ceux qui ne partagent pas la même conception ou opinion, dénigrer, diviser, faire mal et pour nourrir et véhiculer la haine. Pourtant, le respect de ces valeurs-là n’incombe pas seulement aux autres, ce doit être une préoccupation permanente pour chacun.

Pub 📢

Officiant la prière de la Tabaski, ce mercredi 27 mai 2026, l’imam Mahamoud Ouédraogo du mouvement sunnite a, dans son sermon, au-delà du collectif, invité chaque fidèle (individu) à une sorte d’examen de conscience personnel par rapport aux valeurs qu’il professe. Pour le leader religieux, on ne peut pas à la fois prôner la paix, le vivre-ensemble, la cohésion sociale, l’unité, la tolérance… et avoir des comportements qui ne s’y accommodent pas, voire les remettent en cause. « Il faut d’abord arrêter les rancunes entre nous, dans nos services, dans nos voisinages, dans nos domiciles. Nos efforts doivent commencer par là. Si on n’est pas capable de changer à ce niveau, on ne peut pas prétendre construire un pays, on ne peut pas prétendre travailler pour la paix de notre pays. Faisons l’effort donc de solder nos rancunes à ces niveaux, c’est ce que nous recommande d’ailleurs la religion », a-t-il encouragé, invitant également chacun à la culture de la patience, de la sérénité et du recul face aux évènements auxquels on fait face, « qu’ils soient heureux ou malheureux ».

Sur le sujet, et dans une interview qu’il a accordée en octobre 2024, l’expert et consultant en organisation de réseaux associatifs et en police de proximité, Sanoussa Gansonré, a insisté sur la nécessité de véritablement travailler à promouvoir la tolérance, l’humilité, l’honnêteté, le pardon, la compassion… « Si on arrive à travailler pour que les gens puissent s’approprier ces grandes valeurs, et qu’ils se comportent exactement selon les enseignements de ces valeurs, on va arrêter tout ce qu’il y a comme débats inutiles, comme la haine vis-à-vis de l’autre, et chacun va assister l’autre par compassion, parce que nous sommes tous filles et fils de ce pays-là, nous voulons tous le bonheur de ce pays. Avec la compassion, la tolérance, le pardon, nous allons amener chacun à avoir un langage qui rassemble. Et tout le monde doit faire la promotion de ces valeurs-là », a-t-il présenté.

Selon M. Gansonré, l’éducation ne s’adresse pas seulement aux enfants, elle inclut les adultes. « Si on n’a pas pu avoir cette base au niveau de la famille, il faut qu’on trouve des mécanismes au niveau de la société à travers par exemple des conférences, des formations, pour qu’on puisse revisiter ces valeurs et renouer avec elles. Les gens parlent de ces valeurs, mais en réalité, personne ne peut vous détailler ces valeurs-là dans leur contenu. Il faut pourtant en arriver là. Lorsqu’on prend une valeur, qu’on en balise suffisamment et qu’on puisse apporter des récits édifiants dans ce sens-là. Qu’on puisse mettre en évidence les conséquences liées à telle ou telle perte de valeur, pour que les gens puissent avoir le cœur touché. Tant qu’on ne va pas toucher les cœurs et qu’on va rester dans les théories, en disant chaque fois que ceci ou cela est lié à des pertes de valeurs, sans dire comment se les approprier, ça va être peine perdue. Il faut montrer comment incarner ces valeurs ; comment on les acquiert, et travailler à ce que l’enfant qui naît puisse grandir avec des pensées équilibrées. Lorsqu’on prend ceux qui font le mal, si vous allez au fond, vous vous rendrez compte que c’est parce qu’au niveau familial, ils n’ont pas été bercés par ces valeurs-là. Si le papa n’a pas connu la tolérance, le pardon, l’amour, le partage, comment est-ce qu’il va pouvoir transmettre cela à son enfant ? Donc, en même temps qu’on doit travailler pour que les parents soient dépositaires de ces valeurs, on doit faire en sorte que les adultes qui sont également acteurs de la société puissent les connaître, se les approprier, pour qu’on soit en mesure de sortir de ces problèmes-là. L’éducation, c’est la base de tout. Lorsqu’on parle de cette éducation-là, c’est pour tout le monde. Lorsqu’on parle actuellement d’éducation, ne voyons pas seulement l’enfant ; c’est tout le monde qui doit être éduqué (même si on parle souvent de moralisation pour les personnes âgées, mais ça reste une question d’éducation) », propose le spécialiste en organisation de réseaux associatifs et en police de proximité, Sanoussa Gansonré.

O.L

Lefaso.net

The Insider
Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

Pub 📢

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *