SISSILI/COHÉSION : La communauté musulmane de Léo consolide son unité retrouvée lors de la célébration de la Tabaski
Léo, 27 mai 2026 (AIB)-À l’instar de la communauté nationale, les fidèles musulmans de la commune de Léo dans la province de la Sissili ont célébré ce mercredi 27 mai 2026, la fête de l’Aïd-El-Kebir ou Tabaski. Marquée par une grande prière collective sur la place de la salle de ciné, cette célébration consacre le renforcement de l’unité retrouvée de la communauté, après plus de deux décennies de dissensions internes.
Jadis unie dans la dévotion à la place de la salle de ciné, la communauté musulmane de Léo avait vu cette communion brisée depuis l’an 2000, en raison de divergences confessionnelles entre les fidèles de la « mosquée rouge » et ceux de la « mosquée blanche ».
Sous l’égide de Sa Majesté Lio-Pio Dan-Zwè, Chef de Canton de Léo et des autorités administratives locales, un processus de dialogue a permis le retour de la paix.
Amorcée lors de la fête du Ramadan 2026 avec la reprise de la prière commune, cette dynamique unitaire s’est solidement renforcée ce mercredi à l’occasion de la fête du mouton.
Dans son sermon livré par la voix de l’imam Ibrahim Biyen, l’Imam principal de Léo a d’abord formulé des bénédictions pour les autorités burkinabè.
« Nous saluons le garant de notre pays, le Capitaine Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso, ainsi que l’ensemble de son gouvernement », a-t-il indiqué, avant de saluer l’élan collectif qui a permis de restaurer l’unité de la oumma locale.
Rappelant le sens spirituel du sacrifice d’Abraham, l’Imam Biyen a toutefois mis en garde la jeunesse contre les dérives festives.
« En ce jour béni, il est fortement recommandé au musulman d’être encore plus pur, plus pieux et plus droit que d’habitude. Toute désobéissance à Dieu commise ce jour-là est encore plus grave et condamnable que les autres jours », a-t-il martelé, invitant les fidèles à demeurer fermes dans le respect de la charia.
Pour le Secrétaire général de la communauté musulmane de Léo, Issouf Aouba, ce rassemblement sur la place publique est un immense privilège qui mérite des actions de grâce. Il a tenu à saluer les artisans de ce dénouement heureux.
« Pour que ce retour soit possible, il a fallu l’accompagnement de Sa Majesté le chef de canton de Léo, ainsi que le soutien de Monsieur le Haut-Commissaire et les efforts du Président de la Délégation Spéciale (PDS) de Léo ».
Monsieur Aouba a également exhorté les jeunes à la prudence et à la modération dans la circulation routière.
Présent aux côtés des fidèles, le Haut-commissaire de la province de la Sissili, Téwendé Isaac Sia, a exprimé sa satisfaction face à ce symbole de retrouvailles.
« Que la célébration de cette fête puisse renforcer davantage la cohésion sociale et le vivre-ensemble dans notre province », a souhaité l’autorité provinciale, tout en traduisant sa reconnaissance aux leaders spirituels pour leur rôle d’encadrement des populations.
Signe du dialogue interreligieux et du vivre-ensemble prôné dans la localité, le Président du conseil paroissial de Léo, Rigobert Dala, est venu témoigner la solidarité de la communauté chrétienne.
« Nous prions ardemment pour que la paix revienne définitivement au Faso. Au-delà de cette prière, nous sommes profondément heureux de partager ce moment de communion tous ensemble », s’est-il réjoui.
C’est dans une ambiance de ferveur et de soulagement général que les fidèles se sont dispersés, marquant ainsi une page historique dans la consolidation de la paix sociale à Léo.
Agence d’information du Burkina
BAN/ata
