
À quelques jours de la 16ᵉ édition de la course cycliste scolaire (30 mai 2026), les préparatifs s’intensifient à Kouba pour la compétition qui va regrouper une dizaine d’écoles de la localité. Entre engouement des élèves, mobilisation des encadreurs et volonté de détecter de jeunes talents, les organisateurs affichent leur ambition de promouvoir davantage le cyclisme auprès des jeunes. Dans cet entretien exclusif accordé à Lefaso.net, Sylvain Traoré, le président de l’association Action unie pour un développement durable et holistique (AUDDH), organisateur de la course cycliste scolaire, revient entre autres sur les innovations et les ambitions de cette édition.
Lefaso.net : Comment se passent les préparatifs de la 16ᵉ édition de la course cycliste scolaire ?
Sylvain Traoré : Je peux dire que ça se présente bien pour cette 16ᵉ édition. Nous avons touché les responsables de la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Koubri. Les enseignants sont déjà informés, ainsi que les élèves. Les responsables du sport sont tout joyeux que ce soit une première fois chez eux là-bas. Les élèves sont tous contents et ont commencé à se préparer car chacun doit venir avec son vélo.
Quel est l’engouement des enfants autour de cette compétition après maintenant 15 éditions ?
Les élèves sont enthousiastes au fil des années. Pour cette année, ils sont déjà prêts et sont dans l’esprit pour cette compétition. Il y a beaucoup d’élèves qui veulent participer, mais pour des mesures de sécurité, comme c’est sur une voie bitumée, nous essayons de bien réglementer le nombre de participants.
Sous quel thème va se tenir cette 16ᵉ édition ?
Pour cette 16ᵉ édition, nous avons retenu pour thème « Jeunesse scolaire, sport et résilience pour une société d’espérance ». Nous invitons, à travers ce thème, chacun à rester résilient. Nous souhaitons que la jeunesse relève le défi et que les jeunes talents que nous accueillons puissent s’exprimer.
Quelle est l’innovation majeure pour cette année ?
Nous avons décidé de changer de localité pour que les élèves de ces localités participent à la course cycliste et profitent des opportunités qu’offre la compétition. Il y a environ une dizaine d’écoles qui vont participer à cette 16ᵉ édition. Pour le moment, le nombre de participants exacts n’est pas arrêté mais il y a déjà 50 élèves qui souhaitent participer. Avec le comité d’organisation, nous sommes en train de voir pour retenir une trentaine de participants, c’est-à-dire quinze garçons et quinze filles qui vont participer à la compétition. Nous allons essayer de réglementer certaines choses pour éviter que les enfants ne débordent du goudron car c’est une nouvelle voie.
Quels impacts ces courses ont-elles sur les élèves, aussi bien sur le plan sportif qu’éducatif ?
Le principal impact est que cela permet aux enfants de se familiariser et d’avoir un amour pour le sport. D’autres, à partir de ces compétitions, souhaitent devenir des sportifs professionnels.
Avez-vous déjà identifié de jeunes talents grâce à ces compétitions ?
Notre premier gagnant de 2007 a continué dans le sport. Il s’est même inscrit par la suite dans un club de cyclisme. Il a aimé le cyclisme après une première participation à la course cycliste scolaire. De nos jours il continue son petit bonhomme de chemin dans la discipline et essaie de se faire un nom.
Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes passionnés de cyclisme ainsi qu’aux autorités sportives et éducatives ?
J’encourage les plus jeunes à participer à de telles initiatives car notre pays est une plaque tournante du cyclisme. Ils peuvent, peut-être, après une participation au tour cycliste scolaire, réussir à mieux découvrir ce sport. Nous serons fiers de dire demain que tel champion en cyclisme a eu à participer à notre compétition. Nous remercions déjà les autorités pour l’accompagnement que nous avons et notre souhait est que les autorités continuent de nous accompagner dans nos différentes initiatives en faveur des enfants et des jeunes.

Après 16 éditions, quel souvenir ou quelle anecdote vous a le plus marqué ?
C’est un souvenir de la 15ᵉ édition qui s’est déroulée à Komsilga. L’annonce avait déjà été faite. Le jour même de la compétition, on a eu un petit retard parce qu’on attendait les autres élèves de différentes écoles. Notre gagnant de la 15ᵉ édition est venu avec un retard. Son vélo était en panne et il avait rejoint son papa au champ, qui lui a demandé s’il n’était pas allé à la compétition de cyclisme. Lorsqu’il a expliqué à son père qu’il n’a pas pu partir parce qu’il avait une panne, celui-ci a interrompu ses travaux champêtres pour accompagner l’enfant afin qu’il puisse réparer le vélo. Après avoir fini la réparation, ils sont venus ensemble à la compétition et avant le coup d’envoi il a dit à son fils : « Vas-y, va compétir ». Dieu dans sa bonté a fait en sorte que ce soit l’enfant en question qui remporte le prix. C’était vraiment émouvant.
Quelles sont vos principales ambitions ?
C’est déjà aller hors de Ouagadougou, aller dans les différentes communes pour ajouter un plus et susciter l’amour du cyclisme dans ces localités. Nous espérons aussi parvenir à former de futurs champions.
Quel est votre mot de fin ?
Nous remercions d’abord votre organe, Lefaso.net, notre partenaire qui nous accompagne toujours, ainsi que l’ensemble des médias pour tout ce qu’ils font pour nous. Nous remercions le ministère en charge de l’éducation, le ministère en charge des sports et aussi la Fédération burkinabè de cyclisme pour l’accompagnement constant. Nous remercions également Orabank, l’association les Gabelles et tous nos partenaires.
Entretien réalisé par Jean Elysée Nikiéma (stagiaire)
Lefaso.net
