Essais sur les incitations fiscales en Afrique subsaharienne : Une thèse qui interroge l’efficacité des « avantages fiscaux »

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Le 29 avril 2026, à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Winnémi OUEDRAOGO, cadre à la Direction Générale de l’Economie et de la Planification, a soutenu publiquement une thèse de doctorat en Sciences économiques intitulée « Essais sur les incitations fiscales en Afrique subsaharienne », devant un jury composé d’enseignants‑chercheurs de renom issus de plusieurs institutions.

Inscrite à l’École doctorale Sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion, au sein du Laboratoire d’analyse, de recherche et d’étude du développement (LAREED), cette thèse en Économie du développement s’attaque à une question aussi technique que brûlante d’actualité : les incitations fiscales, largement utilisées pour attirer les investissements et stimuler la croissance, sont‑elles réellement efficaces dans les pays d’Afrique subsaharienne ?

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Sous la direction du Professeur Chérif Sydi KANE, professeur titulaire, Doyen de la Faculté d’économie UCAD et du Professeur Omer S. COMBARY, professeur titulaire à l’Université Thomas SANKARA.

Des « Avantages fiscaux » sous surveillance

Au cours des dernières décennies, les incitations fiscales (exonérations, congés fiscaux, zones économiques spéciales, taux d’imposition réduits, crédits d’impôt, etc.) se sont multipliées en Afrique subsaharienne. Présentées comme des outils modernes d’attractivité, elles sont de plus en plus critiquées par les organisations internationales pour leur coût budgétaire élevé, leur faible ciblage et leur exposition aux abus.

La thèse de Winnémi OUEDRAOGO propose une analyse en trois volets, à partir de données couvrant un ensemble de pays d’Afrique subsaharienne :
 Essai 1 : Incitations fiscales et attractivité des investissements directs étrangers
 Essai 2 : Incitations fiscales et compétitivité internationale
 Essai 3 : Incitations fiscales et croissance économique : rôle des institutions

Dans les trois essais, l’auteur adopte une approche empirique rigoureuse, en mobilisant des méthodes économétriques de panel et en utilisant les dépenses fiscales – c’est‑à‑dire le manque à gagner budgétaire lié aux régimes dérogatoires – comme mesure quantitative de l’effort incitatif. Ce choix permet de dépasser la simple question de l’existence ou non d’un régime de faveur, pour s’intéresser à son coût réel et à sa rentabilité économique.

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Les principaux enseignements de la thèse sont :

 Les incitations fiscales contribuent effectivement à attirer des IDE et peuvent améliorer la compétitivité globale des économies, mais leur effet est ni automatique ni universel.

 Dans les pays riches en ressources naturelles, l’impact des incitations sur les IDE est fortement atténué : les investisseurs y répondent davantage aux rentes minières ou pétrolières et au contexte géopolitique qu’aux exonérations fiscales.

 Sur le plan de la croissance, l’auteur met en évidence une relation non linéaire : au‑delà d’un certain seuil , l’effet marginal des incitations devient décroissant, voire négatif, car les pertes de recettes compromettent le financement des infrastructures et des services publics essentiels.

 Enfin, la qualité des institutions (contrôle de la corruption, efficacité gouvernementale, stabilité politique) joue un rôle décisif : dans les pays où la gouvernance est plus solide, les incitations fiscales ont davantage de chances de se traduire en investissements productifs et en gains de productivité durables.

En résumé, les incitations fiscales ne sont ni une panacée, ni un mal absolu : tout dépend de leur niveau, de leur ciblage sectoriel et du contexte institutionnel dans lequel elles sont mises en œuvre.

Dans un contexte où les pays d’Afrique subsaharienne font face à une rareté des ressources budgétaires, à des besoins massifs d’investissement et à une pression croissante pour mobiliser des recettes intérieures, cette thèse apporte des éléments factuels précieux à un débat souvent idéologique.

En montrant que les incitations fiscales sont utiles, mais qu’elles doivent être mesurées, ciblées, évaluées et insérées dans un cadre institutionnel solide, le travail de Winnémi OUEDRAOGO contribue à éclairer le délicat arbitrage entre attractivité économique et soutenabilité budgétaire, au cœur des stratégies de développement de la région.

The Insider
Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

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