Burkina Faso : La Maison de l’Enfance d’Orodara, 70 ans de formation et de réinsertion des enfants en difficulté

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Établissement public à caractère administratif, la Maison de l’enfance d’Orodara (MEO), dans la province du Kénédougou, est l’une des structures les plus anciennes et les plus complètes de protection de l’enfance au Burkina Faso. Une caravane de presse, en immersion dans les structures du ministère en charge de la Solidarité au sein de la région du Guiriko, a pu visiter ce centre, le 21 mai 2026.

Ouvert le 13 février 1956 sur l’initiative de feu Monseigneur André Dupont, alors Évêque du Diocèse de Bobo-Dioulasso, la MEO a été placée sous tutelle technique et administrative du ministère en charge de la Solidarité sociale en 1959. Le 30 septembre 1998, elle a été érigée en établissement public à caractère administratif, lui conférant une autonomie de gestion.

Depuis sa création jusqu’en 2025, la structure a pris en charge 13 180 pensionnaires, dont 4 205 internes et 8 975 externes. Aujourd’hui, elle accueille 101 enfants en internat et 434 en externat, soit 534 pensionnaires au total, encadrés par une soixantaine d’agents. « La mission, c’est de faire de ces enfants des citoyens actifs, productifs et responsables », a résumé Salfo Karanga, directeur de la MEO.

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La MEO accueille des enfants et jeunes en difficulté sociale, familiale, scolaire ou comportementale, des enfants en situation de rue, des enfants en conflit avec la loi, des déplacés internes et des enfants rencontrés lors des opérations de sécurisation du territoire. Les tranches d’âge admises sont de 10 à 17 ans pour l’internat et de 6 à 17 ans pour l’externat.

Les prestations offertes couvrent six domaines. La formation sociale d’abord, avec un projet éducatif individuel élaboré pour chaque enfant afin d’accompagner sa stabilisation comportementale et la restauration de sa personnalité.

La formation scolaire ensuite, assurée du CP1 au CM2 par des professeurs d’école. La formation professionnelle, avec six ateliers techniques à savoir la menuiserie bois, la menuiserie métallique, la maçonnerie, la mécanique auto, l’électricité bâtiment et la coupe-couture. À cela s’ajoutent l’agriculture maraîchère et l’élevage.

Des résultats scolaires et professionnels remarquables

La prise en charge médico-sociale, et psychologique est assurée. Enfin, le suivi post-formation prépare les jeunes à l’autonomisation, avec une formation en entrepreneuriat, un appui à l’insertion professionnelle et une dotation en kit d’installation à la sortie. « Un enfant qui s’est formé ici a la possibilité de s’insérer sans difficulté grâce à notre formation et à notre suivi post-formation », a assuré le directeur.

Sur le plan scolaire, la MEO affiche des taux de réussite remarquables. « Chaque année, je peux dire que c’est du 100 % pour le CEP. Pour le CQP, si ce n’est pas 100 %, c’est au minimum 85 % », a indiqué Salfo Karanga.

La MEO a également formé certains des meilleurs artistes de cirque et pratiquants de karaté du Burkina Faso, selon son Directeur. « Au niveau du cirque, les premiers ou les meilleurs sont formés ici », a-t-il affirmé, tout en reconnaissant que la structure « pêche par sa modestie » en ne communiquant pas suffisamment sur ses résultats.

Aboubacar Sidiki Traoré, l’élève qui aime le bois

Parmi les pensionnaires rencontrés figure Aboubacar Sidiki Traoré, élève en deuxième année de menuiserie bois. Ancien élève d’un lycée d’Orodara, il a choisi de rejoindre la MEO pour apprendre un métier de ses mains. « J’ai aimé la menuiserie et je voulais venir faire technique ici. Mon père a accepté », a-t-il confié.

Aujourd’hui, il fabrique des chaises, des fauteuils et maîtrise le plafonnage et l’étolage. Son ambition est d’ouvrir son propre atelier un jour. « La menuiserie c’est une bonne chose. Ça peut m’aider à m’en sortir », a-t-il déclaré.

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Vincent, l’ancien élève devenu patron-©Faso7

À quelques pas de la MEO, Prosper Traoré, ancien pensionnaire de la promotion 2003-2007, a installé son atelier de soudure. Après sa formation en soudure-menuiserie métallique, il a travaillé dans des ateliers à Banfora, puis à Bobo-Dioulasso pour parfaire ses compétences, avant de revenir s’installer à Orodara pour ouvrir sa propre structure.

« Le jour que j’ai commencé à travailler, les gens se demandaient où j’avais appris ça. Mais c’est de l’art. Grâce à la MEO, j’ai pu apprendre beaucoup de choses. Aujourd’hui, je suis autonome », a-t-il raconté.

Il a aussi témoigné avoir reçu un kit d’installation à sa sortie de formation à la MEO. Aujourd’hui, il partage son savoir avec les élèves pendant les vacances scolaires.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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Author: The Insider

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