
Le Programme des nations unies pour le développement (PNUD), en partenariat avec le Fonds vert pour le climat, a lancé, ce mardi 12 mai 2026 à Ouagadougou, un atelier consacré au programme de préparation (Readiness programme). Cette initiative vise à renforcer la contribution des universités, centres de recherche et centres de formation professionnelle à la planification d’un développement sobre en carbone et résilient aux changements climatiques au Burkina Faso.
Représentants des ministères, chercheurs, universitaires, collectivités territoriales, organisations de la société civile et partenaires techniques et financiers ont échangé autour des enjeux de cette initiative présentée comme une étape stratégique pour améliorer l’accès du Burkina Faso aux financements climatiques et renforcer les capacités nationales en matière de recherche scientifique et d’innovation climatique.
Dans son allocution prononcée au nom du représentant résident du PNUD au Burkina Faso, le représentant résident adjoint par intérim, Dieudonné Kini, a rappelé que le Burkina Faso fait face à des défis climatiques de plus en plus complexes. « L’intensification des sécheresses, des inondations, des vagues de chaleur et la dégradation des ressources naturelles affectent durablement les conditions de vie des populations, la sécurité alimentaire, les infrastructures, les ressources en eau et les perspectives de développement économique et social », a-t-il souligné.

Selon lui, le contexte actuel impose un renforcement des capacités nationales de production de connaissances scientifiques, d’innovation technologique et de formation des compétences nécessaires à la transition vers un développement à faibles émissions de gaz à effet de serre et résilient aux changements climatiques.
« Ce programme ambitionne de renforcer la contribution des universités, des centres de recherche et des centres de formation professionnelle à la planification, à l’investissement et à la mise en œuvre d’actions climatiques efficaces et durables », a expliqué Dieudonné Kini.
Le responsable du PNUD a indiqué que l’initiative permettra notamment d’améliorer la disponibilité et l’accessibilité des données scientifiques sur le climat, de renforcer les capacités techniques et institutionnelles des acteurs de la recherche et de la formation, mais aussi de favoriser une meilleure articulation entre la science, les politiques publiques et les investissements climatiques.
Pour le PNUD, la lutte contre les changements climatiques ne peut être efficace sans une meilleure compréhension scientifique des phénomènes climatiques. « Généralement face aux périls, on est un peu pressé d’agir, de sauver la maison comme on dit, et on développe parfois des pratiques sans véritablement comprendre ce qui se passe », a confié Dieudonné Kini.
Il estime ainsi que le renforcement des capacités des universités et centres de recherche permettra au Burkina Faso de disposer de données fiables pour mieux orienter ses politiques publiques. « Comment, sur la base de connaissances scientifiques et de données éprouvées, peut-on assurer une meilleure planification et une meilleure mise en œuvre des politiques publiques qui soient beaucoup plus sobres en émissions de gaz à effet de serre et qui puissent également assurer une plus grande résilience face aux changements climatiques ? », s’est-il interrogé.
Présidant l’ouverture des travaux au nom du secrétaire général de la Primature, l’autorité nationale désignée du Fonds vert pour le climat au Burkina Faso, Jean-Paul Bamogo, a salué une initiative conçue suivant « une démarche inclusive et participative ». Pour lui, ce programme constitue « une avancée significative dans le renforcement du dispositif national d’accès à la finance climat ».

Jean-Paul Bamogo a rappelé que le changement climatique constitue aujourd’hui une contrainte majeure pour le développement du Burkina Faso. Il a évoqué « une intensification et une fréquence croissante des événements extrêmes tels que les sécheresses, les inondations et les vagues de chaleur », avec des conséquences importantes sur l’agriculture, les ressources en eau, l’élevage, la santé, les infrastructures et l’habitat.
Pour lui, la recherche scientifique et l’innovation technologique apparaissent désormais comme des leviers incontournables dans la lutte contre les changements climatiques. « Ils constituent le socle de la production de connaissances, de la génération de solutions endogènes et de l’opérationnalisation de trajectoires de développement à faibles émissions de gaz à effet de serre et résilientes au climat », a-t-il affirmé.
Jean-Paul Bamogo a par ailleurs reconnu que les universités et centres de recherche demeurent encore insuffisamment intégrés dans les mécanismes nationaux de planification climatique. « Des chercheurs qui cherchent, on en trouve. Et des chercheurs qui trouvent, il en existe suffisamment de nos jours. Toutefois, force est de constater que la contribution du système national d’enseignement supérieur, de recherche et de formation professionnelle demeure insuffisamment valorisée dans les processus décisionnels et les mécanismes de planification et d’investissement climatiques », a-t-il regretté.
Selon lui, l’un des enjeux majeurs du programme réside dans la production de données scientifiques fiables susceptibles de renforcer la qualité des projets climatiques développés par le Burkina Faso. « Nous avons constaté à travers une étude que ce sont des données qui manquent aux acteurs pour permettre de formuler des projets robustes », a-t-il expliqué.

À terme, le programme devra permettre la mise en place d’un groupe national d’experts sur le climat inspiré des standards internationaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Cette structure aura pour mission de renforcer la qualité des évidences scientifiques, d’éclairer les décisions publiques et d’accroître la mobilisation des financements climatiques au profit du Burkina Faso.
D’un coût estimé à environ 700 000 dollars américains, le projet sera mis en œuvre sur une période de deux ans. Pour les différents acteurs, cette initiative devra contribuer à créer une synergie durable entre chercheurs, décideurs publics, collectivités territoriales, secteur privé et société civile afin que les connaissances
scientifiques puissent davantage soutenir les politiques nationales de lutte contre les changements climatiques.
Anita Mireille Zongo
Lefaso.net
