
L’Office national du contrôle des aménagements et des constructions (ONC-CA) a initié une session de formation au profit des assujettis du secteur non financier de la promotion immobilière, des entreprises et bureaux d’études du secteur du bâtiment. Ladite formation porte sur leurs obligations en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. La session a débuté ce lundi 4 mai 2026 et va s’étaler sur cinq jours.
Au cours de la présente session de formation, il va s’agir d’outiller les acteurs du secteur non financier de l’immobilier en vue de protéger l’économie contre l’injection de capitaux d’origine criminelle. Selon Souako Kohoun, représentant du ministre de la Construction de la patrie, le secteur de la promotion immobilière et du bâtiment a été identifié lors des évaluations nationales des risques comme l’un des plus vulnérables au blanchiment de capitaux. « C’est pourquoi la loi Nᵒ 046-2024/ALT du 30 décembre 2024 impose des obligations de vigilance accrues qui s’appliquent tant à tous les autres secteurs assujettis qu’à celui de l’immobilier », explique-t-il.

C’est pour permettre aux assujettis de relever les défis techniques de l’opérationnalisation de ces obligations et de combler le vide en matière de dispositif interne de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme constaté dans les entreprises que se tient la présente session de formation.
À en croire Nadège Guinko/Hien, directrice des affaires juridiques et du contentieux et directrice générale par intérim de l’Office national du contrôle des aménagements et des constructions, les participants vont, au cours de la formation, renforcer leurs compétences sur l’élaboration des documents fondamentaux de lutte contre le blanchiment de capitaux. « Ils vont apprendre comment est-ce qu’on fait pour connaître le client qui vient vers la société ou le cabinet. Comment est-ce qu’on fait pour l’identifier correctement, pour savoir si nous ne sommes pas en face d’un délinquant financier qui vient pour blanchir des capitaux », précise-t-elle. Ils vont aussi procéder à la cartographie des risques qui pèsent sur les entreprises et qui peuvent jouer sur leur économie interne et mieux maîtriser la mise en œuvre de l’ensemble de ces documents pour pouvoir lutter efficacement contre le blanchiment de capitaux.

Madi Prosper Tapsoba, chef du département des affaires juridiques et institutionnelles de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), qui va assurer la formation, indique que celle-ci se veut pratique. C’est pourquoi, après avoir passé en revue les modules théoriques sur les obligations des assujettis, les formateurs vont plonger les participants dans une phase pratique à l’issue de laquelle ils seront capables d’évaluer leurs risques, d’élaborer des politiques et procédures internes et de pouvoir faire face à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

« À l’issue de cette formation, nous attendons des assujettis qu’ils puissent, une fois de retour dans leurs entreprises respectives, évaluer leurs propres risques, élaborer des politiques à l’interne pour pouvoir mettre en œuvre les différentes obligations qui sont les leurs et déclarer les soupçons à la CENTIF pour que, in fine, elle puisse traiter ces éléments de soupçons-là, pour les analyser et effectivement, si, après constat, les soupçons sont avérés, transmettre ces éléments de rapport à l’autorité compétente », a fait savoir Madi Prosper Tapsoba.

Armelle Ouédraogo
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