
À quelques heures de la clôture de la 22e édition de la Semaine nationale de la Culture, l’Etat burkinabè déroule le tapis rouge à 18 acteurs culturels à travers une cérémonie de décoration, ce samedi 2 mai 2026. Elle a été placée sous les auspices du Grand chancelier des ordres burkinabè, le général de brigade à la retraite Pingrenoma Zagré, qui avait à ses côtés plusieurs membres du gouvernement du peuple.
Au total, deux personnalités ont été élevées au rang d’officier de l’ordre de l’Étalon. Seize autres récipiendaires ont été faits chevaliers de l’ordre du Mérite des arts, des lettres et de la communication, dont deux à titre posthume. Une reconnaissance nationale qui consacre des années d’efforts au service de la culture burkinabè.

« Restez des modèles de probité »
Prenant la parole, le ministre en charge de la Culture, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a indiqué que ces décorations doivent être perçues comme le couronnement « d’une carrière marquée par le don de soi et l’excellence », avant de rappeler aux récipiendaires les responsabilités futures qui les attendent.
« Restez des modèles de probité, de rigueur et de dévouement au service de la culture et de la nation », a exhorté le ministre en charge de la Culture.
Il a par ailleurs invité les autres acteurs qui n’ont pas été décorés à persévérer dans leurs efforts. « Soyez assurés que votre contribution est reconnue et que vos mérites seront pris en compte pour les prochaines éditions ».

Des artistes reconnaissants et mobilisés
Parmi les décorés, Jean-Luc Bambara, président du jury des arts plastiques de cette 22e édition de la SNC, a reçu sa distinction avec humilité, y voyant une invitation à poursuivre le travail. « Si la Nation m’a honoré aujourd’hui, ce n’est pas pour que je m’arrête en chemin. On m’invite plutôt à faire preuve de résilience afin de mériter d’autres distinctions, et non à me reposer sur mes acquis. Je reste donc debout et engagé, déterminé à continuer le combat pour gravir les échelons », a laissé entendre l’artiste sculpteur qui confie avoir reçu sa première distinction à 19 ans.

De son côté, Moussa Sanou, comédien, dramaturge et metteur en scène, a exprimé sa reconnaissance à l’Etat burkinabè après plusieurs distinctions reçues au fil des années. « J’ai reçu ma première distinction en 2002, puis une autre en 2012, et me voilà en 2026 pour une troisième reconnaissance. Je me félicite d’abord pour cette endurance », a indiqué le récipiendaire qui a dédié sa médaille à la compagnie Trace théâtre, à l’espace culturel Mandarè.

L’émotion était également perceptible chez les proches de récipiendaires décorés à titre posthume, notamment Feu Souleymane Palenfo et Feue Koïta Sali. Mme Palenfo, née Diao Assetou, a salué la mémoire de son époux, décrit comme un homme dévoué et profondément engagé dans les arts plastiques. Elle a exprimé sa gratitude pour cette reconnaissance nationale qui perpétue son héritage. « Je souhaite que sa détermination et son enseignement continuent de servir la Nation et demeurent une source d’inspiration pour tous. », a-t-elle exprimé.

En rappel, cette cérémonie de décoration est l’une des principales activités de la dernière journée de la Semaine nationale de la Culture, en attendant la cérémonie officielle de clôture au cours de laquelle les lauréats du Grand prix national des arts et des lettres seront récompensés.
Fredo Bassolé
Lefaso.net
