L’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République islamique d’Iran au Burkina Faso, Mojtaba Faghihi, a réitéré le soutien de son pays au Burkina Faso ainsi qu’à l’ensemble des membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). Ce soutien a été réaffirmé lors d’une rencontre avec la presse organisée à sa résidence de Ouagadougou, ce 30 avril 2026.
Pour Mojtaba Faghihi, les peuples de l’AES sont en train de parachever leur cycle d’indépendance. Selon lui, le discours porté par les dirigeants de la région, notamment le Capitaine Ibrahim Traoré, trouve désormais un écho bien au-delà des frontières du continent.
« Les idées révolutionnaires et indépendantistes du président Ibrahim Traoré ont dépassé les frontières du Burkina Faso et ont suscité l’intérêt dans d’autres régions du monde », a-t-il déclaré.
Le diplomate a souligné le renforcement continu de la collaboration entre Ouagadougou et Téhéran. Malgré le contexte de tension et l’assassinat de son guide, l’ambassadeur assure que l’Iran honorera tous ses engagements.
« Tous les documents d’amitié mutuelle entre l’Iran et ses pays amis restent valides et applicables. Nous envisageons, si Dieu le veut, de tenir cette année la deuxième session de la Commission mixte Iran-Burkina Faso », a-t-il confié.
Mojtaba Faghihi a par ailleurs invité les populations de l’AES à adhérer pleinement au discours de souveraineté et de rupture prôné par leurs dirigeants. Il a mis en garde contre l’idéal de la démocratie occidentale que certains « parrains » tentent d’imposer « à coups de bombes et de canons ». Pour lui, cette volonté cache un « appétit vorace » pour les ressources naturelles, telles que le pétrole.
« Ce sont ces mêmes colonialistes dont les ancêtres ont pillé vos pays. Aujourd’hui, c’est le même système, mais avec un autre visage », a-t-il martelé, incitant les Africains à bâtir des systèmes fondés sur leurs propres réalités historiques et culturelles.
La question du partenaire russe
Interrogé sur la fiabilité de la Russie, partenaire stratégique commun dont la capacité à protéger ses alliés est parfois questionnée depuis l’enlèvement de Nicolás Maduro et la mort du guide Ali Khamenei, l’ambassadeur s’est montré serein.
« D’abord, nous n’avons besoin de personne pour nous défendre. Je précise que la Russie est notre amie proche. Ensuite, nous ne pratiquons pas l’assassinat de dirigeants, car cela est contraire à la loi. Nous en sommes capables, mais nous ne le faisons pas », a-t-il déclaré.
Évoquant le décès du ministre de la Défense du Mali, le diplomate a réitéré que « l’indépendance a un coût ». Tout en présentant ses condoléances, il a indiqué que la résilience de l’AES devrait lui permettre de surmonter tous les chocs, à l’image de l’Iran qui, malgré la « martyrisation » de son leader, reste debout et inflige des ripostes militaires efficaces à ses « agresseurs », notamment les États-Unis et Israël.
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