
Dans un contexte où la menace terroriste continue de peser lourdement sur le Burkina Faso, notamment dans les zones rurales et forestières, le renforcement des capacités opérationnelles des forces engagées devient une priorité stratégique. Longtemps perçues comme de simples espaces de conservation, les forêts sont aujourd’hui devenues des refuges tactiques pour les groupes armés, transformant leur contrôle en un enjeu sécuritaire majeur. C’est dans cette dynamique de reconquête du territoire national que s’est inscrite la formation de 574 assistants stagiaires des Eaux et forêts, désormais aguerris aux Techniques et procédures d’intervention en milieu forestier (TPIF) de niveau 2. La cérémonie marquant la fin de leur stage s’est tenue le lundi 27 avril 2026 au Centre national d’entraînement commando (CNEC) de Pô, haut lieu de formation des unités d’élite du pays.
Durant 45 jours d’un entraînement intensif, ces hommes ont été soumis à des conditions exigeantes, mêlant endurance physique, discipline rigoureuse et maîtrise tactique. En terrain souvent hostile, ils ont appris à traquer, observer, sécuriser et intervenir avec efficacité dans des environnements forestiers complexes.

La cérémonie, présidée par le chef de bataillon Anicet Bado, commandant du CNEC, a également connu la présence de la hiérarchie forestière, conduite par le directeur général adjoint des Eaux et forêts, le colonel Youssouf Sanou. Dans son allocution, le commandant du centre a salué les efforts conjoints ayant permis la réussite de cette formation, tout en félicitant les stagiaires pour leur abnégation. Il les a surtout exhortés à faire bon usage des compétences acquises sur le terrain, dans un contexte où chaque intervention peut s’avérer décisive.

Leur mission s’avère complexe. Car ces commandos doivent à la fois sécuriser ces espaces, protéger les ressources naturelles, mais aussi participer activement à la lutte contre les incursions des groupes armés qui y trouvent refuge. Face à un ennemi mobile et difficile à localiser, ces unités devront conjuguer vigilance, intelligence du terrain et coordination avec les autres forces engagées. Le défi est immense, mais l’espoir repose sur cette élite formée pour intervenir là où les conditions sont les plus rudes.
Plus que jamais, la sécurisation des forêts s’impose comme un maillon essentiel de la reconquête du territoire. Et à travers ces 574 nouveaux commandos, le Burkina Faso affirme sa volonté de ne céder aucun espace à l’insécurité.
Hamed Nanéma
Lefaso.net
Source : Eaux et forêts du Burkina Faso
