
Les femmes de l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (INERA) ont célébré en différé la journée internationale des droits des femmes au profit de ses agentes. La cérémonie a eu lieu le vendredi 24 avril 2026, à Ouagadougou au sein de la structure. Elle avait pour patron le Dr Sibiri Jean Zoundi et pour parrain le délégué général adjoint du CNRST, chargé de la valorisation de la recherche, représenté par Dr Didier Zida, délégué général adjoint chargé de la recherche.
La célébration est placée sous le thème : « Femme de la recherche : quelle est ta contribution à la promotion de la cohésion sociale au sein de nos instituts et de nos familles, pour la construction d’une paix durable dans notre pays ? » Dr Mamounata Belem/Ouédraogo, directrice de recherche, ancienne ministre, a animé une conférence sur le thème.

Cette commémoration a servi de cadre de réflexion et d’engagement pour les femmes évoluant dans le domaine scientifique. Dans son intervention, la représentante des femmes de l’institut, Dr Elisabeth Zongo, a insisté sur le rôle stratégique des femmes dans la valorisation des savoirs locaux et la construction du vivre-ensemble. Selon elle, la recherche ne doit pas opposer tradition et modernité, mais plutôt les associer pour répondre efficacement aux défis agricoles et sociaux. « Lorsque nous validons scientifiquement les pratiques traditionnelles contre les ravageurs, nous redonnons de la valeur aux savoirs endogènes. Lorsque nous améliorons ces pratiques, nous renforçons leur efficacité. Nous refusons d’opposer tradition et modernité. Nous les conjuguons », a-t-elle souligné. Elle a également souligné que cette approche permet de créer des ponts entre les générations, tout en favorisant une meilleure appropriation des innovations par les communautés rurales.

Par la voix de madame Zongo, les femmes de l’INERA s’engagent à faire une recherche utile, une recherche partagée, une recherche transmise et à éviter toute inertie dans le traitement des dossiers. « La cohésion sociale est comme un champ. Il se cultive chaque jour. Nous sommes à la fois l’eau et la houe. Souvent invisibles, mais toujours indispensables », a rappelé la représentante des femmes.

Pour le patron de la cérémonie, le Dr Sibiri Jean Zoundi, le thème choisi pour cette commémoration est d’une importance capitale. « Il est surtout en phase avec les ambitions du gouvernement burkinabè en matière de consolidation de la paix et de promotion d’un développement inclusif profitable à tous. Je voudrais insister sur la dimension économique de la paix et ses implications pour la recherche. En effet, une personne affamée, sans opportunité d’emploi et de revenu, est prédisposée à toute action de survie, y compris le recours à la violence. Cette personne n’est donc pas en paix, mais surtout menace la sécurité des autres. À titre d’illustration, la crise sécuritaire que connaît notre patrie a fait basculer des millions de personnes dans la précarité et le désespoir, souvent devenues des personnes déplacées internes, dépourvues de leurs moyens d’existence et de production. Celles-ci incluent des milliers de femmes et de jeunes en perte totale de repères. Cela justifie les priorités du gouvernement, dont la pierre angulaire est de redonner espoir à ces populations en quête d’un meilleur devenir. Ces immenses attentes des pouvoirs publics interpellent la contribution de la recherche, et singulièrement celle de la femme scientifique, non seulement pour prévenir de telles situations de crise, aider les personnes affectées à sortir progressivement de ce cercle vicieux de la faim et de la pauvreté, mais aussi promouvoir la paix et la cohésion sociale », a dit le patron de la cérémonie.

Il a rappelé qu’aucune nation ne peut se développer et prospérer sans une réelle souveraineté en matière de production de connaissances et de savoirs. « Cette souveraineté passe par la contribution de la femme scientifique. Avec ma casquette d’ancien chef de la liaison recherche-développement, je suis bien placé pour témoigner que l’engagement de la femme de l’INERA ne date pas de maintenant. À titre d’illustration, vers la fin des années 1980, ce sont les femmes chercheures, souvent même mieux que les hommes, qui, en parcourant les quatre coins du Faso pour la popularisation des expérimentations multi locales, la conduite des formations des techniciens spécialisés de l’agriculture, dans le cadre de l’Opération test de renforcement de la vulgarisation agricole (OTRVA), ont largement contribué à l’adoption du premier Système national de vulgarisation agricole (SNVA) », a fait savoir le patron de la cérémonie.
Pour le parrain de la cérémonie, représenté par le délégué général adjoint chargé de la recherche, Dr Didier Zida, le 8 mars est un moment de pause pour regarder le chemin parcouru mais aussi pour évaluer les défis à relever. Selon lui, les femmes sont le socle sur lequel repose l’avenir. « Le thème de cette année nous rappelle l’importance des femmes dans la recherche et dans l’évolution de la société. En tant que parrain, je m’engage envers vous à être votre allié pour que votre voix soit plus audible et que vos projets voient le jour et que chaque petite fille puisse rêver sans que personne ne vienne lui dire que c’est impossible parce qu’elle est une femme. Sachez que vous avez mon soutien indéfectible », a laissé entendre le représentant du parrain.

Le délégué général du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST), Dr Emmanuel Nanéma, a estimé qu’il était nécessaire que les femmes, notamment les femmes de la recherche scientifique, se réunissent pour réfléchir à leur contribution au développement. « Les femmes sont très actives. Mais nous souhaitons qu’elles soient encore plus actives. Nous pensons qu’avec un peu de soutien, elles seront encore plus utiles pour le développement socio-économique de la recherche et du Burkina », a indiqué M. Nanéma.
Pour le directeur de l’INERA, Drissa Sérémé, la femme c’est « la vie et tout développement durable passe par la femme ». Il est opportun de célébrer ces femmes qui se battent au quotidien afin de trouver des solutions pour faciliter la production agricole.

Au-delà de l’aspect scientifique, la cérémonie a mis en lumière la contribution des femmes à la cohésion sociale, que ce soit dans les familles, les équipes de travail ou au sein des communautés. Les participantes ont été invitées à s’affirmer davantage comme actrices de changement, capables de concilier recherche, engagement social et transmission des valeurs.
À travers cette initiative, les femmes de l’INERA réaffirment leur engagement à trouver des solutions agricoles pour le bonheur des producteurs.
Rama Diallo
Lefaso.net
