La première édition du tournoi de Razball à Ouagadougou a rendu son verdict ce lundi 20 avril 2026 sur le terrain Bassibri de Wayalghin. En finale, l’Expérience FC s’est imposée par le score de -4 à -2 face à l’équipe de la Police. Pour le promoteur et inventeur de la discipline, Razack Zaba, ce tournoi est une réussite majeure qui augure un bel avenir pour ce sport.
Vingt-huit équipes ont pris part à la compétition, réparties dans sept poules de quatre. Les deux meilleures formations de chaque groupe, ainsi que les deux meilleurs troisièmes, se sont qualifiées pour les phases à élimination directe. Le public a ainsi vibré au rythme des huitièmes, des quarts et des demi-finales, avant l’apothéose de la finale.
Cette ultime rencontre a opposé la Police à l’Expérience FC. Au terme du match, l’Expérience l’a emporté -4 à -2. Inspiré du tennis, le Razball se joue sur un terrain aux dimensions similaires, séparé par un filet. Chaque équipe se compose de six joueurs, dont deux sur le terrain et quatre remplaçants.
Pour marquer, il faut réaliser un « Razi », une action qui rapporte trois points (+3). Chaque équipe défend sa ligne de fond ; le but est d’intercepter la balle avant qu’elle ne la franchisse. Le « Razi » survient lorsqu’une équipe parvient à faire passer le ballon sous le filet et à traverser le camp adverse.
L’originalité du Razball réside dans son système de soustraction de points. Le ballon ne doit jamais toucher le filet au centre du terrain. Si cela arrive, c’est un « Maga » (« touché » en dioula), et l’équipe fautive perd un point (-1). De même, le ballon ne doit pas passer au-dessus du filet. Si une équipe envoie la balle au-dessus ou touche le filet dans sa tentative, c’est un « Lohni » : elle perd deux points (-2). Enfin, le « Sibgré » (« châtiment » en mooré) fait office de penalty et intervient en cas de main. Sa transformation rapporte un point (+1). Avec ce système de bonus-malus, les scores peuvent s’avérer négatifs, comme illustré lors de cette finale.

Le tournoi de Ouagadougou a servi de galop d’essai pour l’implémentation de la discipline à Ouagadougou, selon Zakaria Bandaogo. L’événement a fait suite à une formation sur les règles tenue en mars 2026. Ce tournoi vise à permettre aux Ouagalais de découvrir la discipline. « En créant ce sport, nous affirmons notre leadership et permettons à notre pays d’être connu au niveau mondial. Il y a des mots issus de nos langues nationales comme le Lohni, le Maga, le Sibgré. Lorsqu’un Chinois, un Anglais, un Américain ou un Japonais pratiquera cette discipline, il sera obligé de dire ces mots. Il saura que ces langues sont parlées au Burkina Faso. C’est là l’intérêt : véhiculer l’image du pays à l’international », a expliqué Zakaria Bandaogo.
Le Razball est né à Bobo-Dioulasso. Des clubs à Gaoua et à Kampti sont en train de se structurer, et des sections existent à Koupéla. « Toutes les disciplines sportives sont créées par d’autres nations. Le Razball a été créé par des Burkinabè. Le sport est aussi culturel. Doit-on pratiquer la culture des autres nations sans avoir la capacité de créer la nôtre ? » s’est interrogé l’inventeur.
Zakaria Bandaogo a qualifié cette première étape de satisfaisante. Avec une formation réussie et une compétition réunissant 28 équipes, il y a matière à se réjouir. À moyen terme, l’objectif est d’étendre la discipline à d’autres villes, de mettre en place des ligues et, enfin, de créer la Fédération Burkinabè de Razball.
Saydou Ismaël GANAME
Faso7
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