À seulement 20 ans, il comparaît pour des faits de grand banditisme. À la barre de la chambre criminelle du Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga 2, le jeune homme raconte, sans détour, leur mode opératoire. Son co-accusé, lui, est en fuite.
« On se déplaçait à deux. Quand on croisait quelqu’un, on l’arrêtait. On le menaçait avec une machette pour qu’il nous donne tout ce qu’il a. »
Les faits se seraient déroulés dans plusieurs quartiers de Ouagadougou, notamment à Bonheurville et aux alentours de Pissy.
La nuit tombée, les victimes étaient ciblées, intimidées, giflées, puis dépouillées avant que les agresseurs ne disparaissent.
« Quand on arrête quelqu’un, on le gifle, on le menace avec la machette, on prend ce qu’il a et on s’enfuit », a-t-il reconnu devant le Tribunal.
Dans la salle d’audience, le récit choque. Le président du Tribunal hausse le ton. « Pendant que les gens dorment, vous, votre activité, c’est de gifler ceux qui sont dehors et de les voler ? »
Le magistrat s’indigne. Il pointe la violence des faits et l’assurance avec laquelle ils ont été commis. « Si chaque jeune en difficulté agissait comme vous, pourrait-on encore vivre tranquillement dans ce pays ? »
Face aux questions insistantes, l’accusé se mure d’abord dans le silence. Puis il lâche : il « mérite une leçon ». Il évoque l’influence de son complice aujourd’hui introuvable. Il parle aussi de difficultés personnelles, malgré un emploi dans une quincaillerie.
Des arguments qui peinent à convaincre. « Quand vous gifliez vos victimes et que vous les menaciez avec une machette, étiez-vous désolé ? », insiste le président.
Le ministère public doit désormais prendre la parole pour ses réquisitions. La décision du Tribunal est attendue à l’issue des débats.
Plus de détails à venir.
A. Flora BARO
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