Le Centre pour la Gouvernance du Secteur de la Sécurité (DCAF) a lancé, ce 13 avril 2026, à Ouagadougou, un atelier régional sur le leadership féminin au sein des Forses de défense et sécurité (FDS). Cet atelier réunit les femmes des FDS des pays de l’AES. Elles vont discuter durant trois jours (du 13 au 15 avril 2026) des défis du leadership féminin au sein des FDS et des groupes de sécurité.
Dans les rangs des forces armées nationales, les femmes sont bien présentes et engagées. Toutefois, selon Valérie Petitpierre, représentante Sahel du DCAF, malgré cet engagement, elles sont souvent cantonnées à des rôles de soutien. Elle souligne qu’elles sont insuffisamment représentées dans les grades de commandement et que leur voix n’est pas assez entendue au sein des espaces de décision.
Cette situation n’est toutefois pas une fatalité pour Valérie Petitpierre. Elle estime que les lignes peuvent bouger si les femmes agissent collectivement. C’est dans cette optique que le DCAF a décidé de réunir le personnel féminin de l’Espace AES au cours d’un atelier de trois jours. Cette rencontre vise à permettre à ces professionnelles de discuter du leadership féminin au sein des FDS et de proposer des pistes de solutions pour améliorer la représentativité des femmes dans les structures de commandement de l’armée.
« Cet atelier, en cela, constitue une étape, une étape importante. Le leadership féminin au sein des forces de défense et de sécurité n’est pas une question de quotas, ni de bonne conscience institutionnelle. Il s’agit de beaucoup plus. C’est une question d’efficacité opérationnelle. Et des études le montrent, des expériences le confirment : les unités qui intègrent les femmes, les commandements qui intègrent les femmes, les institutions qui favorisent l’égalité des chances sont plus légitimes aux yeux des populations, plus à même de prévenir les violences basées sur le genre et plus efficaces aussi dans leurs missions de protection », a-t-elle soutenu.
L’atelier régional sur le leadership féminin au sein des FDS se tient sous le thème : « Pourquoi, au sein de nos institutions de défense et de sécurité réputées être les mieux structurées de nos institutions publiques, l’accès des personnels féminins aux responsabilités de haut niveau est-il encore semé d’embûches ? ».
Selon Fatoumata Benon/Yatassaye, conseillère technique au ministère chargé de la sécurité, représentant le ministre, le Gouvernement burkinabè, à travers le ministère chargé de la sécurité, est très intéressé par les résultats des travaux qui sortiront de cette rencontre.
« La menace terroriste cherche à déconstruire notre cohésion sociale. Pour vaincre cette menace, nous avons besoin d’une réponse totale. Et cette réponse ne peut être formulée uniquement par des hommes. Le leadership féminin apporte une approche holistique de la sécurité humaine. Il intègre la dimension psychosociale, la protection des vulnérables et une intelligence situationnelle que nous ne pouvons plus nous permettre d’ignorer. Cet atelier régional est un signal fort envoyé à toute la sous-région », a-t-elle confié.
Le Burkina Faso, avec à sa tête le capitaine Ibrahim Traoré, fait-elle remarquer, est engagé dans la mise en œuvre d’une sécurité moderne, professionnelle et inclusive. Les personnels féminins des forces combattantes, précise-t-elle, jouent un rôle déterminant dans les victoires qu’engrangent les FDS. Ainsi, soutient-elle, le leadership féminin ne doit plus être perçu comme une « faveur » accordée, mais comme une ressource stratégique qui doit être cultivée avec soin.
Saydou Ismaël GANAME
Faso7
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