Les 100 Visages du Burkina Digital : Commissaire principal Samire Bantida Yoni, le gendarme du cyberespace burkinabè

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À moins de 100 jours de l’ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui bâtissent le Burkina numérique. Cent personnalités, cent parcours. Aujourd’hui, nous mettons à l’honneur le Commissaire Samire Bantida Yoni. Il était jusqu’à hier, 23 juillet 2026, Commandant de la Brigade Centrale de lutte contre la cybercriminalité. Le brillant parcours de celui qui a porté sur les fonts baptismaux l’institution de lutte contre la cybercriminalité dans notre pays reste digne d’intérêt.

À mesure que le numérique transforme les économies et les administrations, il fait aussi émerger de nouvelles menaces. Escroqueries en ligne, fraudes financières, attaques contre les systèmes d’information, usurpation d’identité, blanchiment de capitaux par voie électronique, cyberterrorisme… autant de défis qui exigent des compétences nouvelles et des femmes et des hommes capables de défendre le cyberespace national.

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Au Burkina Faso, le Commissaire principal de police Samire Bantida Yoni est devenu l’une des figures les plus emblématiques de cette lutte. Depuis plusieurs années, il est à l’avant-garde du combat contre la cybercriminalité et contribue à bâtir une véritable culture nationale de cybersécurité.
Commandant de la Brigade Centrale de Lutte contre la Cybercriminalité (BCLCC), expert en investigation numérique, enseignant et acteur reconnu dans les réseaux internationaux de coopération policière, il incarne cette nouvelle génération d’officiers pour lesquels la sécurité nationale se joue aussi derrière les écrans.

Des mathématiques à la cybersécurité

Le parcours de Bantida Samire Yoni illustre parfaitement l’évolution des métiers de la sécurité. Titulaire d’une Maîtrise en Mathématiques et Informatique de l’Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso, il poursuit sa spécialisation avec un DESS en Ingénierie informatique, Organisation et Protection des Systèmes d’Information, avant d’intégrer l’École Nationale de Police où il obtient son diplôme de Commissaire de police.
Cette double culture, à la fois scientifique et policière, lui permet d’aborder la cybercriminalité avec une compréhension approfondie des technologies autant que des mécanismes d’enquête. À une époque où les crimes numériques deviennent de plus en plus sophistiqués, ce profil constitue un atout majeur pour les forces de sécurité burkinabè.

Aux origines de la police numérique burkinabè

Bien avant la création de la Brigade Centrale de Lutte contre la Cybercriminalité, Bantida Samire Yoni participe déjà à la modernisation technologique de la Police nationale. Comme crypto-mathématicien à la Direction générale de la Police nationale, il contribue à l’élaboration de la première stratégie policière de lutte contre la cybercriminalité, pilote le renouvellement du parc informatique du ministère de la Sécurité et accompagne la formation des personnels aux nouveaux outils numériques.
Cette première expérience lui permet de mesurer l’ampleur des nouveaux défis sécuritaires liés au développement d’Internet et des technologies numériques.

L’homme qui a bâti la Brigade Centrale de Lutte contre la Cybercriminalité

En 2017, il est nommé Directeur de la lutte contre la cybercriminalité. Sa mission dépasse largement les enquêtes judiciaires. Il devient le chef de projet chargé de créer et d’opérationnaliser la Brigade Centrale de Lutte contre la Cybercriminalité, aujourd’hui principal organe national spécialisé dans la lutte contre les infractions commises dans le cyberespace.

À ce titre, il pilote la mise en place de la Brigade, l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre la cybercriminalité, la formation des enquêteurs spécialisés, les actions de sensibilisation du public, les premières interventions techniques en investigation numérique. Depuis janvier 2020, il en assure le commandement. Sous sa direction, la Brigade devient progressivement un acteur incontournable de la protection du cyberespace burkinabè.

Construire les capacités nationales en cybersécurité

Le Commissaire principal Yoni ne limite pas son action aux enquêtes. Il participe activement à la construction de l’architecture nationale de cybersécurité. Il est notamment membre du conseil d’administration de l’ANSSI, membre du comité de suivi de la Stratégie nationale de cybersécurité, vice-président du comité de rédaction de la Stratégie nationale de lutte contre la cybercriminalité, chef de projet chargé de l’opérationnalisation du Laboratoire national de Digital Forensics, point focal national INTERPOL I-24/7 pour la cybercriminalité, point focal du Centre des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme (UNOCT), etc. Ces responsabilités montrent que son action dépasse le cadre opérationnel pour contribuer à la construction de politiques publiques durables.

La coopération internationale comme arme contre le cybercrime

Le cybercrime ne connaît pas de frontières. Conscient de cette réalité, Samire Yoni représente régulièrement le Burkina Faso dans les grandes rencontres internationales consacrées à la cybersécurité. Il participe notamment aux travaux du groupe de travail des Nations Unies sur la sécurité du numérique, aux réunions africaines d’INTERPOL, ainsi qu’aux programmes du GIABA, où il partage l’expérience burkinabè et renforce la coopération régionale contre les cybermenaces. Cette dimension internationale permet au Burkina Faso de bénéficier des meilleures pratiques mondiales en matière d’investigation numérique et de coopération judiciaire.

Former les futurs experts de la cybersécurité

Parce que la cybersécurité repose aussi sur les compétences humaines, Bantida Samire Yoni transmet son savoir à la nouvelle génération. Il enseigne notamment le droit, l’éthique et la cybercriminalité à l’École Polytechnique de Ouagadougou, le Digital Forensics à l’Université Joseph Ki-Zerbo, la cryptographie et les infrastructures à clés publiques (PKI) à l’Université Aube Nouvelle ainsi que plusieurs modules de cybersécurité dans des établissements d’enseignement supérieur. En formant les ingénieurs, les juristes et les spécialistes des systèmes d’information, il contribue à créer les compétences dont le Burkina Faso aura besoin pour faire face aux menaces futures.

Un expert reconnu à l’échelle internationale

Le parcours du Commissaire Principal Yoni est marqué par une impressionnante succession de formations spécialisées auprès des plus grandes institutions mondiales. Au fil des années, il perfectionne ses compétences auprès du Federal Bureau of Investigation (FBI), du Département d’État américain, de l’Université de Reading, de l’École nationale de cybersécurité de Dakar, de l’International IP Crime Investigators College, ou encore du Centre des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme.

Ses domaines d’expertise couvrent notamment l’investigation numérique, le Digital Forensics, les enquêtes sur le Dark Web, les cyberopérations, la cybersécurité des infrastructures critiques, les enquêtes antiterroristes en ligne et la criminalité financière liée au numérique. Cette formation continue illustre son engagement à maintenir les capacités nationales au niveau des standards internationaux.

Une vision de la sécurité adaptée au monde numérique

Pour Bantida Samire Yoni, protéger un pays ne consiste plus uniquement à sécuriser ses frontières physiques. Les données, les systèmes d’information, les réseaux de communication et les infrastructures numériques constituent désormais des actifs stratégiques qu’il faut défendre avec la même vigilance. Cette vision rejoint pleinement les ambitions de Le Faso Digital 2026, qui place la cybersécurité parmi les piliers essentiels d’un numérique de confiance, résilient et souverain.

Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?

Parce qu’il est l’un des principaux artisans de la lutte contre la cybercriminalité au Burkina Faso.
Parce qu’il a participé à la création et à l’opérationnalisation de la Brigade Centrale de Lutte contre la Cybercriminalité, aujourd’hui au cœur de la protection du cyberespace national.
Parce qu’il contribue à élaborer les stratégies nationales de cybersécurité, à renforcer la coopération internationale, à former les futurs spécialistes et à doter le Burkina Faso d’outils modernes d’investigation numérique.

Parce qu’il rappelle que la confiance dans le numérique repose autant sur l’innovation que sur la capacité des États à protéger les citoyens, les entreprises et les institutions contre les nouvelles formes de criminalité.
Et parce que pour lui, dans le cyberespace, la sécurité n’est pas seulement une question de technologie ; elle repose sur la compétence des femmes et des hommes capables d’anticiper les menaces, de protéger les systèmes et de faire respecter le droit dans un monde sans frontières.

www.lefasodigital.net

The Insider
Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

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