La voix du solitaire guerrier s’entend au loin dans la jungle
Toute la nuit, il a scandé le refus de l’honneur foulé au pied
Il crie sans se taire sa rage de voir sa meute soumise en cage
Depuis des lustres ses pères ont vendu les terres des pères
Il est seul, entouré de veules amis acquis à la cause perdue
Il est debout sur le piédestal de bois rempli de fourmis noires
Son zèle fait la fierté des siens sans ailes dans le creux du saut
Sans appui, il se lance sur le coup de tête qui décapite la bête
Mais il n’a pas peur de la mort qui aura tort de l’emporter
Dans les sillons fertiles de ses foulées fébriles germera le futur
Des murs de ses mains bâtis, résonnera l’écho de sa voix, hanté
Son héritage sera le seul gage de fierté à graver dans les cœurs
Cette nuit encore, il viendra crier dans le vide rempli de sourd
Le sommeil des vivants assoupis sera plus profond que la mort
Jusqu’à quand va-t-il tenir dans le froid de l’oubli qui abandonne ?
À quoi sert d’être le héros, si l’idéal porté est un mythe essoufflé ?
Il faut sauver la flamme qui danse dans le vent en narguant sa mort
Il faut défendre la cause des martyrs pour la dette de sang à payer
Seuls ceux qui se battront auront la vie sauve même s’ils tombent
Seuls ceux qui resteront dignes porteront l’éclat du dernier flambeau
Clément ZONGO
