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Séno: Le CRGE alerte sur la persistance des maladies épidémiques et des décès maternels
Dori, 21 juil. 2026 (AIB) – La région du Liptako/Soum a enregistré, à la 28e semaine de 2026, 5 001 cas graves de paludisme, 2 032 cas de rougeole, 881 cas suspects de dengue, 26 cas de méningite et 84 décès maternels, selon les données présentées lundi à Dori lors de la première session annuelle du Comité régional de gestion des épidémies (CRGE), présidée par le gouverneur de la région, Abdoul Karim Zongo.
Le rapport présenté par le directeur régional de la Santé, Djibrilla Alou Maiga, montre que le paludisme reste la première cause de morbidité et de mortalité dans la région.
À la 28e semaine de l’année, 5 001 cas graves ont été enregistrés, dont 30 décès, soit un taux de létalité de 0,6 %. Ces cas représentent 4,8 % des 103 072 cas recensés au niveau national.
Comparativement à la même période de 2025, la situation s’est toutefois améliorée avec une baisse de 2 256 cas et de 45 décès, la région ayant alors enregistré 7 257 cas graves et 75 décès.
La rougeole demeure également préoccupante avec 2 032 cas notifiés et 21 décès, représentant 17,6 % des 11 489 cas enregistrés au Burkina Faso. Le taux de létalité régional est estimé à 1 %.
La dengue a, pour sa part, totalisé 881 cas suspects sans décès, contre 1 323 cas et deux décès à la même période en 2025, soit une diminution de 442 cas.
Les autorités sanitaires ont insisté sur la nécessité de renforcer la surveillance épidémiologique, l’investigation rapide des foyers de maladies et la capacité de prise en charge des patients.
Le comité a également examiné la situation des décès maternels. Au total, 84 décès ont été enregistrés dans la région, dont 67 dans le district sanitaire de Dori, 12 à Gorom-Gorom, deux à Djibo, deux à Sebba et un en communauté.
Ces décès représentent 13,6 % des 618 décès maternels enregistrés au Burkina Faso. En neuf ans, la région a totalisé 1 039 décès maternels, avec une moyenne de 115 décès par an et un pic de 150 cas en 2024. Le Liptako/Soum occupe ainsi le troisième rang national, derrière les régions du Kadiogo (132 cas) et du Guiriko (81 cas).
Au Centre hospitalier régional de Dori, 65 décès maternels ont été enregistrés. Plus de la moitié des patientes provenaient du district sanitaire de Dori (34), suivies des districts de Tougouri (14), Gorom-Gorom (9), Manni (5) et Bogandé (3).
Face à cette situation, le gouverneur Abdoul Karim Zongo a salué l’appui de la Croix-Rouge, qui a contribué à l’organisation de cette session, avant d’inviter les services techniques, les organisations de la société civile, les ONG et les partenaires techniques et financiers à renforcer leurs actions afin d’améliorer les indicateurs sanitaires.
Le directeur régional de la Santé a, pour sa part, exhorté les populations à assainir davantage leur cadre de vie et à participer activement à la campagne de chimioprévention du paludisme saisonnier (CPS), dont le lancement est imminent.
Selon lui, cette mobilisation est indispensable en cette période hivernale marquée par une recrudescence des cas de paludisme et de dengue.
Si certains indicateurs, notamment ceux du paludisme et de la dengue, sont en baisse par rapport à l’année précédente, les autorités administratives et sanitaires demeurent préoccupées par l’ampleur des décès maternels et de la rougeole.
Elles appellent l’ensemble des acteurs et des communautés à une mobilisation accrue pour prévenir les épidémies et renforcer la protection de la santé des populations.
Agence d’information du Burkina
AMM/bak
