BURKINA-PIDACC-RÉSILIENCE
Burkina : Le PIDACC accélère ses actions pour réduire la vulnérabilité des populations au changement climatique
Ouagadougou, 17 juil. 2026 (AIB)-Les ouvrages réalisés par le Programme intégré de développement et d’adaptation au changement climatique dans le bassin du Niger (PIDACC/BN), composante Burkina Faso, contribuent à réduire la vulnérabilité des populations rurales face aux effets des changements climatiques en améliorant l’accès à l’eau, la production agro-pastorale et la restauration des terres dégradées, a constaté l’AIB au cours d’une mission conjointe de suivi et de supervision.
Conduite par la Direction générale des ressources en eau, avec la participation du Réseau des journalistes et communicateurs du bassin du Niger, la mission, qui s’est déroulée du 12 au 18 juillet 2026, a permis de visiter plusieurs réalisations du programme dans les régions du Nakambé, du Nazinon, du Nando et de l’Oubri.
Parmi les investissements les plus structurants figure le bouli pastoral de Nakaba, dans la commune de Bascouré (province du Kourittenga). D’une capacité de 25 000 m³, l’ouvrage est destiné à assurer l’abreuvement d’environ 20 000 têtes de bétail, réduisant ainsi les longues transhumances et les difficultés d’accès à l’eau en saison sèche.
Pour l’entretien du point d’eau, le PIDACC a mis en place et renforcé les capacités d’un comité de gestion de 10 membres, dont 3 femmes. Pour le président de ce comité de gestion du bouli, Noraogo Niodogo, cet ouvrage constitue un véritable soulagement pour les éleveurs.
« Avant, nos animaux parcouraient de longues distances pour s’abreuver et pouvaient rester deux jours sans eau. Aujourd’hui, les besoins des animaux sont couverts grâce au bouli, tandis que l’eau des forages reste réservée aux populations », a-t-il expliqué.
À Soalga, dans la province du Ganzourgou, un second bouli pastoral de 25 000 m³ est en cours de réalisation. Ici, les bénéficiaires fondent de grands espoirs sur cette infrastructure qui devrait mettre fin aux conflits récurrents autour des forages entre les populations et les éleveurs.
« Nous sommes souvent obligés de partager les forages avec les animaux. Ce bouli améliorera considérablement nos conditions de vie et notre production pastorale », a confié Madeleine Kaboré, bénéficiaire.
Au-delà des infrastructures hydrauliques, le PIDACC investit dans la restauration des terres agricoles afin d’améliorer durablement les revenus des producteurs.
Toujours dans la perspective de réduire la vulnérabilité des populations, le Programme intégré de développement et d’adaptation au changement climatique dans le bassin du Niger a aménagé des cordons pierreux sur une superficie de 40 hectares à Soalga.
Le lieutenant des eaux et forêts a expliqué que les cordons pierreux contribuent à restaurer les sols dégradés en ralentissant le ruissellement des eaux de pluie, en favorisant leur infiltration et en améliorant les rendements agricoles. Selon lui, cette technique constitue une réponse aux effets des changements climatiques qui appauvrissent progressivement les terres cultivées.
Bénéficiaire de 30 hectares de cordons pierreux, l’association Song-taaba de Tandaga reconnaît avoir enregistré une nette amélioration de ses productions grâce à une meilleure rétention de l’eau dans les champs.
À Koupéla, la station météorologique synoptique réalisée par le PIDACC collecte des données sur la pluviométrie, les vents et d’autres paramètres climatiques afin de fournir aux producteurs des prévisions leur permettant de mieux planifier les semis et les travaux agricoles.
À Gallo, le programme accompagne également l’installation de biodigesteurs produisant du biogaz à partir des déjections animales.
Selon l’unique propriétaire de biodigesteur de la localité, ce dispositif a permis d’améliorer sensiblement les rendements agricoles grâce au fertilisant organique qu’il produit, tout en fournissant du biogaz pour les besoins domestiques.
Il a toutefois déploré le manque de compétences locales en matière de maintenance et a plaidé pour la formation d’au moins deux jeunes de la localité afin d’assurer l’entretien et la réparation des installations, soulignant que plusieurs biodigesteurs de Gallo sont actuellement hors service faute de techniciens qualifiés.
Mis en œuvre dans neuf pays du bassin du Niger, le Programme intégré de développement et d’adaptation au changement climatique (PIDACC) repose sur trois axes majeurs : le renforcement de la résilience des écosystèmes, l’amélioration de la résilience des populations et le développement des capacités d’adaptation aux effets du changement climatique.
Au Burkina Faso, le programme intervient dans plusieurs régions stratégiques, notamment le Liptako, le Soum, le Goulmou, la Sirba, la Tapoa et le Nakambé.
Agence d’information du Burkina
YOS/no
