Depuis le 11 juillet 2026, se tiennent, en pays kabyè, dans la localité de Kara, au Togo, les festivités des Evala. Rite initiatique emblématique, il constitue un événement marquant le passage à l’âge adulte des jeunes garçons et une grande fête traditionnelle du peuple kabyè. Ce 15 juillet 2026, nous avons assisté à cette manifestation.
Plus qu’une simple manifestation culturelle, les Evala en pays kabyè constituent le rendez-vous le plus important pour toute la communauté. Ils marquent le passage à l’âge adulte des jeunes garçons à travers des rites d’initiation. Sur place, la symbolique de l’événement reste très forte, en dépit des années de pratique.
Vieux, jeunes et enfants sont tous mobilisés pour la circonstance. Mieux encore, personne ne veut rater ou se faire raconter l’événement. Ama Fawiy Comlan nous livre son avis. Le septuagénaire revit chaque année les souvenirs de sa jeunesse à travers les Evala. « Quand je regarde ça, ça me rappelle mon enfance », dit-il avec fierté.
Pour lui, les Evala ne sont pas qu’une simple tradition à respecter. C’est une histoire, une pratique et une fierté qui se lisent sur les visages tout au long des festivités. Pour le comprendre, nul besoin de faire beaucoup d’efforts.

Le septuagénaire se prête volontiers à l’exercice. Selon lui, le processus commence par le retrait des adolescents pour les rites initiatiques. Ensuite, ils doivent prouver leur valeur à travers des compétitions de lutte traditionnelle entre clans.
« La lutte traditionnelle est l’élément le plus attendu des festivités. Elle permet aux jeunes initiés de montrer leur bravoure et leur force en affrontant d’autres jeunes issus d’autres clans. C’est à cette étape qu’ils prouvent qu’ils sont capables de défendre leur clan en cas de guerre. Aussi, c’est à partir de là que la société saura s’ils sont prêts à se marier et à fonder une famille », souligne Ama Fawiy Comlan.
Sur le site où se déroule la lutte, le récit du « vieux » trouve tout son sens. Une foule est amassée autour de l’arène. Un contraste saisissant se dessine entre les visages crispés de ceux qui voient les jeunes de leur clan perdre leurs combats et la joie de ceux qui assistent, victoire après victoire, aux succès de leur clan. « Qu’on perde ou qu’on gagne, ce n’est pas bien grave. De toute façon, on est tous de la même communauté et on est cousins », lance Ama Fawiy Comlan.

Mais ce qui marque le plus, c’est l’ambiance et la détermination. Musiques et danses traditionnelles, déguisements et tenues traditionnelles, intimidation et motivation, les deux clans qui s’affrontent mettent les bouchées doubles. Tout est bon pour encourager les jeunes. Mais il n’est pas question de tricher.
Après les combats, les deux clans mettent en pratique les propos du septuagénaire en partageant la même rue marchande. Entre bière traditionnelle et mets locaux, la tension de la lutte retombe rapidement. Place aux réjouissances des Evala. « Personne ne doit rater cette cérémonie. Et je dirai même que si tu es kabyè et que tu n’as pas fait les Evala, tu n’es pas totalement kabyè », nous murmure Ama Fawiy Comlan, calebasse en main, avant d’aller s’asseoir aux côtés de ses rivaux d’il y a à peine trente minutes.
Au-delà des rites d’initiation, les Evala sont aussi des moments de fraternité, de partage et de retrouvailles. Plusieurs fils et filles du peuple kabyè reviennent chaque année pour vivre ces festivités. La ville de Kara, où se tient cet événement, n’est pas en reste. De nombreuses activités sont au programme pour tenir en haleine le peuple kabyè et ses amis pendant les Evala 2026.
Basile SAMA
Faso7
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