Les ministères en charge de l’enseignement ont présenté la nouvelle réglementation des frais de scolarité dans les structures privées d’enseignement, au cours d’une conférence de presse, mardi 14 juillet 2026, à Ouagadougou.
Le gouvernement veut mettre fin aux augmentations anarchiques et parfois excessives des frais de scolarité. A cet effet, il a adopté en Conseil des ministres, du 29 mai 2026, un décret portant réglementation des frais de scolarité dans les structures privées d’enseignement, suivi d’arrêtés d’application des trois ministères concernés. Ces nouvelles dispositions ont été présentées par les ministères en charge de l’enseignement de base, de l’enseignement secondaire et du supérieur au cours d’une conférence de presse, mardi 14 juillet 2026.
Le Secrétaire général (SG) du ministère de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues nationales (MEBAPLN), Ibrahima Sanon, a indiqué que le nouveau décret vise à protéger le pouvoir d’achat des familles et garantir l’accessibilité et l’équité à tous les ordres d’enseignements. « Le décret entend aussi instaurer une transparence dans les établissements des coûts », a-t-il ajouté. De l’avis du SG, les établissements sont désormais classés en trois catégories selon des critères objectifs propres à chaque ordre d’enseignement, avec des plafonds de frais fixés en conséquence.
Concernant le préscolaire et le primaire, les plafonds varient selon trois zones et la catégorie de l’établissement. A Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, les frais de scolarité au préscolaire sont plafonnés à 50 000 F CFA pour la catégorie 1, 100 000 F CFA pour la catégorie 2 et 150 000 F CFA pour la catégorie 3. Au primaire, les plafonds sont de 40 000 F CFA pour la catégorie 1, 80 000 FCFA pour la catégorie 2 et 150 000 F CFA pour la catégorie 3. Des sanctions en cas de manquement Pour le post-primaire et le secondaire, la même logique de zonage s’applique. Dans les grandes villes, les frais sont plafonnés à 90 000 F CFA pour la catégorie 1, 120 000 FCFA pour la catégorie 2 et 130 000 F CFA pour la catégorie 3.
Au secondaire la catégorie 1 a pour plafond 130 000 F CFA, la catégorie 2 le plafond est fixé à 170 000 FCFA et la catégorie 3 est plafonnée à 200 000 F CFA. S’agissant de l’enseignement supérieur privé, les plafonds varient selon la filière et la catégorie de l’établissement. Pour les sciences sociales par exemple, le plafond ne saurait dépasser 457 000 F CFA, contre 1 000 000 F CFA pour le doctorat en sciences sociales. En sciences de la santé, les établissements de catégorie 3 ne peuvent excéder 794 000 F CFA en licence et 859 000 F CFA en doctorat. Les sciences de l’ingénieur, plus exigeantes en équipements, affichent les plafonds les plus élevés, pouvant atteindre 1 467 000 F CFA au doctorat.
En réponse aux préoccupations des journalistes, Ibrahima Sanon a prévenu que tout dépassement des plafonds réglementaires expose l’établissement à une pénalité équivalente au double du montant perçu en trop, multiplié par le nombre d’apprenants concernés, en plus du remboursement intégral aux parents. Il a ajouté que le respect de la réglementation fera l’objet de contrôles réguliers et inopinés, les contrevenants s’exposant à des sanctions financières, un déclassement, une mise sous régie, voire une fermeture. Le SG du MEBAPLN a précisé que cette réglementation prend effet dès la rentrée scolaire et universitaire 2026-2027, avant d’appeler à une responsabilité collective de l’Etat, des promoteurs, des parents et des médias. –
Abdoulaye BALBONE
Mouniratou OUEDRAOGO (Stagiaire)
