Le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a présidé, le 14 juillet 2026 à Koudougou, l’ouverture des journées de communication et de vulgarisation des rapports de référence sur la situation des droits humains au Burkina Faso. La rencontre, prévue sur deux jours, réunit des journalistes venus de Ouagadougou, de Bobo-Dioulasso et de Koudougou.
Trois documents sont au centre de ces échanges, à savoir le rapport national 2023-2025 sur la situation des droits humains au Burkina Faso, ainsi que les rapports 2015-2023 et 2024 consacrés à la contribution des Forces armées nationales (FAN), des Forces de sécurité intérieure (FSI) et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) à la protection des droits de l’homme sur le théâtre des opérations. Ces présentations sont accompagnées de formations, de témoignages et de partages d’expériences.
Dans son allocution, le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a situé cette rencontre dans le contexte de lutte du Burkina Faso contre le terrorisme et contre des puissances extérieures qu’il accuse d’instrumentaliser la question des droits humains à travers des rapports qu’il juge éloignés de la réalité du terrain. Selon lui, ces rapports visent à saper le moral des troupes et à ternir l’image du pays.
« Des soi-disant rapports fabriqués à mille lieues d’ici tentent de dépeindre une situation fictive sans commune mesure avec la réalité du terrain. Les auteurs de ces rapports ont pour seul but de saper le moral de nos forces combattantes, de ternir l’image de notre pays en le présentant comme non-respectueux des droits de l’homme, conçus suivant leurs conceptions et leurs dimensions en géométrie variable », a déclaré le ministre.
Un cadre juridique et institutionnel présenté comme socle de l’action publique
Edasso Rodrigue Bayala a affirmé que le gouvernement burkinabè s’efforce de concilier la réponse militaire au terrorisme avec la promotion et la protection des droits humains, à travers un ensemble de textes qu’il a cités.
Il a mentionné l’article 10 de la Constitution, qui impose à tout citoyen burkinabè de concourir à la défense et au maintien de l’intégrité territoriale. Il a également évoqué la loi de 2022 instituant les VDP, qui a permis la mobilisation de plus de 42 000 volontaires.
Il a aussi cité le décret du 5 décembre 2024 portant ordre de mobilisation générale et mise en garde, destiné à restaurer la sécurité sur l’ensemble du territoire et à protéger les populations et leurs biens. Il a enfin rappelé l’article 243 du Code de justice militaire, relatif au rôle des prévôtés dans la constatation des infractions commises sur les théâtres d’opérations.
Des chiffres sur la formation des acteurs sur le droit humanitaire
Le ministre a livré plusieurs données relatives à la formation des VDP aux droits humains. Il a fait cas de 1 130 formateurs et encadreurs formés à travers 38 sessions. Il a indiqué que 6 250 exemplaires du manuel de formation des VDP sur les droits humains et le droit international humanitaire, ainsi que 15 000 exemplaires d’un guide illustré destiné aux VDP sur la prise en compte des droits humains dans la lutte contre le terrorisme, ont été élaborés et diffusés.
Sur le plan judiciaire, il a évoqué le traitement de 117 dossiers par le parquet du pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre le terrorisme, ainsi que l’ouverture de 111 dossiers par trois cabinets d’instruction spécialisés, dont sept ont été clôturés. Il a ajouté que 205 dossiers ont été enregistrés par les juridictions militaires en 2024.
Le ministre a par ailleurs cité, au titre des activités menées entre 2023 et 2025, la réponse à 124 questionnaires adressés par des mécanismes des Nations unies, ainsi que l’élaboration et la présentation de cinq rapports dans le cadre de l’Examen périodique universel et des organes de traités.
Il a mentionné l’organisation de 26 séances de sensibilisation ayant touché 3 658 agents des FAN, des FSI et des VDP, ainsi que des sessions de sensibilisation menées dans 248 communes et dans plusieurs arrondissements de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, touchant plus de 25 000 personnes.
Un bilan présenté pour l’année 2025
Le ministre a présenté un bilan chiffré des opérations de sécurisation menées en 2025, évoquant la reconquête de plus de 74% du territoire national, la réouverture de préfectures, de mairies, de plus de 600 structures éducatives et de 38 formations sanitaires. Il a fait état de la libération et de la réinstallation de 442 villages, ainsi que du retour de plus d’un million soixante mille personnes déplacées internes réparties dans 871 localités d’origine.
Il a cité la réouverture des tribunaux de grande instance de Tougan, Nouna, Dori, Bogandé et Kongoussi permettant un meilleur accès des populations aux services publics de la justice. Le ministre a également indiqué que 145 enfants rencontrés lors des opérations de sécurisation ont été pris en charge, et a mentionné l’organisation régulière d’escortes pour ravitailler les zones d’accès difficile.
S’agissant des services de secours, il a précisé que la brigade des sapeurs-pompiers est intervenue en 2024 auprès de plus de 21 000 personnes, principalement dans le cadre d’accidents de la circulation et d’incendies.
Une méthodologie présentée comme rigoureuse et participative
Le ministre a insisté sur le caractère participatif de l’élaboration du rapport national, mobilisant quatorze départements ministériels, tandis que les rapports thématiques consacrés aux forces combattantes ont associé les secteurs de la défense, de la sécurité, de la justice, des droits humains et de la solidarité nationale, ainsi que les structures de coordination des VDP.
« Camarades, hommes et femmes des médias, ces rapports constituent des référentiels en matière de droits humains et renseignent toute personne qui voudrait de bonne foi traiter des questions des droits de l’homme dans notre pays. Cette crédibilité repose sur une méthodologie rigoureuse et participative associant l’ensemble des institutions compétentes concernées. Les rapports présentés aujourd’hui reflètent la réalité des droits humains, contrairement à certains types de rapports commandités et mensongers déconnectés des réalités nationales. Ces rapports rappellent surtout que les droits humains sont au cœur de l’action publique au Burkina Faso », a insisté le ministre.
Un appel à la responsabilité des médias
En conclusion, Edasso Rodrigue Bayala a souligné le rôle des professionnels des médias, qu’il a qualifiés de relais indispensables de l’action publique. Il les a appelés à un traitement rigoureux, responsable et fondé sur des faits vérifiés des questions liées aux droits humains au Burkina Faso, contre la désinformation et les accusations non vérifiées sur ces sujets sensibles.
Les travaux se poursuivent à Koudougou jusqu’au 15 juillet, avec la suite des présentations des rapports et des sessions de formation destinées aux journalistes présents.
Un plan de communication est prevu après ces journées de communication, pour vulgariser davantage les rapports en question à l’endroit des différentes couches de la population.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7
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