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Burkina : Une étude préconise de meilleures conditions de travail pour freiner la fuite des talents dans les startups
Ouagadougou, 13 juil. 2026 (AIB) – L’étudiant en Master 2 en Administration et gestion des entreprises à l’Institut burkinabè des arts et métiers (IBAM), Nimi Adama, a préconisé l’amélioration des conditions de travail et de la politique salariale dans les startups afin de réduire les départs fréquents des employés qualifiés et de favoriser leur fidélisation.
« Nous avons constaté que le départ des talents dans les startups est effectivement une réalité à Ouagadougou », a déclaré Nimi Adama, à l’issue de la soutenance de son étude consacrée aux facteurs déterminant la fuite des talents dans les startups de la capitale burkinabè.
Selon l’impétrant, le choix de ce sujet est parti du constat de la fréquence des départs d’employés au sein des jeunes entreprises innovantes.
Cette situation l’a conduit à s’interroger sur les facteurs internes et externes susceptibles de pousser les travailleurs, notamment les jeunes diplômés et les personnes disposant de compétences recherchées, à quitter les startups.
« Nous sommes partis d’un constat qui révèle que, dans les startups, les départs sont très fréquents. Cela nous a poussés à mener une réflexion afin d’identifier les facteurs internes et externes qui poussent les talents à quitter ces entreprises », a-t-il expliqué.
Pour Nimi Adama, une startup est une jeune entreprise innovante qui se trouve généralement à un stade embryonnaire et qui travaille encore à la définition et à la consolidation de son modèle économique.
Son étude a porté sur 20 startups installées dans la ville de Ouagadougou. Au total, 40 employés, à raison de deux travailleurs par startup, ont été interrogés dans le cadre de la recherche.
La collecte des données, réalisée notamment à l’aide de questionnaires administrés à travers Google Forms, a nécessité environ six mois de travail.
Selon le chercheur, la durée de l’étude s’explique, entre autres, par les difficultés rencontrées dans la collecte des informations, notamment les reports de rendez-vous avec certains responsables de startups et la nécessité de relancer plusieurs employés pour obtenir leurs réponses aux questionnaires.
Au terme de ses travaux, Nimi Adama affirme avoir confirmé l’existence du phénomène de départ des talents dans les startups de Ouagadougou.
Les résultats obtenus ont également permis de mettre en évidence certaines difficultés auxquelles les employés sont confrontés au sein de ces jeunes entreprises.
Parmi les facteurs susceptibles de favoriser le départ des travailleurs figurent notamment les conditions de travail difficiles, l’insuffisance de certains équipements nécessaires à l’accomplissement des tâches et la faiblesse de la rémunération.
« Il est vrai que les startups sont de jeunes entreprises qui se trouvent plus ou moins à un stade embryonnaire, mais nous constatons que les conditions de travail y sont parfois difficiles », a-t-il soutenu.
Pour remédier à cette situation, le chercheur a recommandé aux promoteurs et responsables des startups de créer un environnement professionnel plus favorable à l’épanouissement et à la stabilité de leurs collaborateurs.
Il a notamment préconisé l’amélioration des conditions de travail, la mise à disposition de matériels adéquats et la révision des politiques salariales.
« Nous avons proposé aux responsables de revoir les conditions de travail, de mettre à la disposition des employés du matériel adéquat et d’améliorer la politique salariale », a-t-il indiqué.
Nimi Adama a également relevé que, dans certaines startups concernées par son étude, les salaires versés aux employés peinent à atteindre le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG).
Pour lui, une rémunération insuffisante peut constituer un facteur de démotivation et pousser les travailleurs qualifiés à rechercher de meilleures opportunités professionnelles ailleurs.
Le chercheur estime que les départs fréquents de collaborateurs peuvent avoir des conséquences importantes sur le fonctionnement et le développement des startups.
Le départ d’un employé qualifié peut, selon lui, entraîner une perte de compétences et de connaissances pour l’entreprise et affecter la continuité de certaines activités.
Il a ainsi insisté sur la nécessité, pour les responsables des startups, d’accorder une attention particulière à la fidélisation de leurs collaborateurs, considérés comme des acteurs essentiels de la croissance et de la pérennité de ces jeunes entreprises.
Nimi Adama a par ailleurs souligné le rôle des startups dans le développement économique du Burkina Faso, estimant que ces structures contribuent à la création d’activités économiques et offrent des opportunités professionnelles aux jeunes.
« Les startups sont des entreprises qui contribuent à l’économie burkinabè. Grâce à leurs talents, elles parviennent à se maintenir et à se développer », a-t-il déclaré.
Il a souhaité que les résultats de son étude puissent servir non seulement aux promoteurs et responsables des startups, mais également aux structures intervenant dans la gestion des ressources humaines et aux pouvoirs publics.
Selon lui, l’État burkinabè, qui accompagne les startups à travers différentes initiatives, pourrait également tenir compte des observations et recommandations issues de cette recherche afin de contribuer à la création d’un environnement favorable à la stabilité professionnelle des jeunes.
« Nous souhaitons que les responsables des startups, mais aussi l’État burkinabè, qui accompagne souvent ces entreprises, tiennent compte de nos observations et recommandations afin de permettre aux jeunes de se stabiliser dans ces structures », a-t-il affirmé.
L’impétrant a indiqué que son étude s’est principalement concentrée sur les raisons et les facteurs expliquant le départ des talents.
Il envisage, si les opportunités se présentent, de poursuivre ses recherches afin d’approfondir la question des stratégies de fidélisation des employés dans les startups.
« Nous ne nous sommes pas suffisamment penchés sur les solutions de fidélisation. Une prochaine étude pourrait permettre de proposer davantage de solutions pour fidéliser les talents dans les startups », a-t-il expliqué.
Nimi Adama a enfin remercié les membres du jury pour leurs observations et leurs critiques, qu’il a qualifiées d’objectives, ainsi que les personnes venues le soutenir à l’occasion de sa soutenance.
Agence d’information du Burkina
NAK/yos
