
Une importante cargaison de produits alimentaires, sanitaires et phytosanitaires non homologués, estimée à environ 115 millions de francs CFA, a été présentée à la presse, ce jeudi 9 juillet 2026 à Ouagadougou, par la Direction générale des douanes. Cette saisie, qui s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la fraude et la contrebande, traduit la volonté des autorités douanières de protéger les consommateurs burkinabè tout en asséchant les circuits illicites d’approvisionnement.
Alignés dans l’enceinte d’un magasin, des centaines de bidons d’huile végétale, des sacs de sucre, des cartons de médicaments, des herbicides, des aphrodisiaques et des cartouches de cigarettes témoignent de l’ampleur du coup de filet réalisé par les services douaniers. Tous ces produits, introduits ou destinés à être commercialisés en dehors des circuits réglementaires, représentent un risque pour la santé publique et privent également l’État de recettes fiscales importantes.

Les produits alimentaires constituent la plus grande partie de la saisie. Les douaniers ont intercepté 36 870 litres d’huile végétale, 40 750 kg de sucre, ainsi que 400 kg de farine de blé. À ces denrées s’ajoutent plusieurs produits sanitaires composés de 34 cartons de produits vétérinaires, 13 cartons de Diclofénac et 7 cartons d’aphrodisiaques, tous non conformes aux normes natonales.

Les agents ont également saisi des produits phytosanitaires non homologués, notamment des herbicides contenus dans des bidons d’une capacité totale de 18 696 litres ainsi que 1 800 sachets. À cela s’ajoutent 264 cartouches de cigarettes introduites en violation de la réglementation en vigueur. Pour les autorités douanières, ces marchandises représentent un danger réel pour les populations en raison de l’absence de contrôle sur leur qualité, leur composition et leurs conditions de conservation.

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Au-delà de ces produits, les équipes douanières ont également intercepté un car de transport de type Dinan qui convoyait 146 bidons de 25 litres d’huile végétale et 60 sacs de sucre de 50 kg, soit environ trois tonnes de marchandises destinées à alimenter les circuits de contrebande.

Le directeur général des douanes, l’inspecteur divisionnaire Dr Yves Kafando, a expliqué que cette opération est le résultat d’un travail de renseignement et de surveillance mené sur le terrain. « Nous nous sommes rendu compte que dans la ville de Bittou, certains opérateurs véreux ont conçu des magasins pour entreposer des produits de contrebande qu’ils acheminent vers les pays frontaliers. Et nous avons effectivement constaté lors d’une descente qu’il s’agissait bien de produits stockés en dehors des procédures et dépourvus de tout contrôle », a-t-il déclaré.

Selon le premier responsable de l’administration douanière, cette découverte met en lumière l’existence de réseaux organisés qui utilisent des entrepôts clandestins pour contourner les procédures douanières et faire circuler des marchandises échappant à tout contrôle sanitaire et fiscal. Une pratique qui expose les consommateurs à des produits potentiellement dangereux tout en alimentant une concurrence déloyale au détriment des opérateurs respectueux de la réglementation.

Lefaso.net
