
La deuxième session ordinaire de l’année 2026 du conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) s’est déroulée ce vendredi 3 juillet à Ouagadougou. La rencontre a été présidée par le ministre de l’économie et des finances burkinabè, Aboubakar Nacanabo, président du conseil. Elle a réuni les membres du conseil des ministres de l’Union ainsi que les chefs des organes et institutions spécialisées de l’UEMOA. La session a servi de cadre pour l’examen et l’adoption de plusieurs textes devant contribuer à la bonne marche de l’économie des pays de l’union.
Les membres du conseil des ministres de l’UEMOA ont, au cours de la présente session, examiné et validé plusieurs documents stratégiques. En ce qui concerne la Commission de l’UEMOA, le conseil a examiné et validé le Rapport sur la surveillance multilatérale de juin 2026 ainsi que les orientations de politique économique pour 2027. Il s’est aussi prononcé sur le cadre de référence de la politique d’endettement public et de gestion de la dette publique ainsi que sur la création du Réseau des gestionnaires de la dette publique.
Les textes relatifs à l’autorisation de mise sur le marché et à la surveillance des médicaments vétérinaires et à la création d’un comité régional du médicament vétérinaire ainsi que la stratégie de protection sociale de l’UEMOA ont aussi été passés en revue. Les mesures relatives aux médicaments vétérinaires contribueront à protéger le cheptel, sécuriser les filières d’élevage et renforcer la santé publique dans l’espace communautaire.
Au titre de l’Autorité des marchés financiers de l’UMOA, le conseil a validé le budget pour l’exercice 2026 ainsi que les décisions relatives au renouvellement de mandats et à la nomination de membres de son collège. Au titre de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, l’opérationnalisation du Fonds de stabilité financière de l’UEMOA a également été analysée. La Banque ouest-africaine de développement a aussi été autorisée à engager des opérations avec certains partenaires.

Tout en se félicitant des résultats obtenus à l’issue de la session, Aboubakar Nacanabo a insisté sur la nécessité d’une mise en œuvre rapide et efficace des décisions adoptées. Il a rappelé que le véritable succès de la session se mesurera non pas au nombre de textes approuvés, mais à leur impact concret sur les économies et les conditions de vie des populations.
Le président du Conseil des ministres de l’Union a souligné que l’espace communautaire évolue dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, la fragmentation de l’économie mondiale, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, la volatilité des prix de l’énergie ainsi que les effets croissants du changement climatique.
Face à ces défis, l’intégration régionale doit devenir un véritable levier de souveraineté économique selon lui. C’est pourquoi il a invité les États membres à renforcer leur solidarité et leur coopération afin de bâtir une prospérité partagée. « Les grands défis liés à l’industrialisation, à l’énergie, au financement, au climat ou encore à la technologie ne pourront être relevés que par une action collective forte. Nous avons hérité d’une union. Notre responsabilité est d’en faire une force. Une force qui protège. Une force qui produit. Une force qui transforme. Une force qui pèse », a-t-il déclaré.
Il n’a pas manqué de saluer les performances économiques enregistrées au sein de l’union malgré un environnement mondial difficile. Il a laissé entendre que la croissance économique de l’UEMOA est estimée à 6,1 % au premier trimestre 2026 et devrait se maintenir à ce niveau sur l’ensemble de l’année, une dynamique jugée encourageante.

Aboubakar Nacanabo a aussi relevé que l’inflation demeure globalement maîtrisée au sein de l’Union, tandis que les efforts d’assainissement budgétaire engagés par les États continuent de produire des résultats. Le déficit budgétaire global devrait ainsi poursuivre sa baisse progressive au cours des prochaines années.
Pour le président du conseil des ministres, la priorité ne doit plus être uniquement la croissance, mais surtout la transformation structurelle des économies à travers la valorisation des matières premières locales, le développement des chaînes de valeur régionales, le renforcement de la production locale et la mobilisation accrue des ressources internes pour financer le développement.
Il convient de noter que cette session coïncide avec le trentième anniversaire de l’Autorité des marchés financiers de l’UMOA. À cet effet, une recommandation a été faite au président de l’autorité des marchés, afin que des réflexions soient menées en vue de renforcer davantage le marché financier régional pour qu’il contribue plus efficacement au financement du développement des États et des entreprises de l’union.
Armelle Ouédraogo/Dominique Muriel Ouédraogo
Lefaso.net
