L’Abbé Innocent Kiénou soutient sa thèse sur les professeurs des écoles catholiques : Un ttravail au service de la refondation de l’Éducation catholique burkinabè

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Le mardi 23 juin 2026, à 14 h 45, dans les locaux de l’Université de Lille (France), l’abbé Innocent Kiénou a soutenu avec succès sa thèse de doctorat en Sciences de l’éducation et de la formation. Préparé au sein du laboratoire CIREL et rattaché à l’École doctorale Sciences de l’Homme et de la Société (SHS), ce travail a été dirigé par la Professeure Maria Pagoni, directrice, et la Professeure Valérie Melin, co-directrice. Au terme d’une soutenance publique, le grade de docteur lui a été décerné.

Le jury réunissait six membres : quatre siégeaient en présentiel et deux participaient en visioconférence. Le docteur Maxime Compaoré, Directeur de Recherche au Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST) du Burkina Faso, avait fait le déplacement spécialement pour prendre part, en personne, à l’examen de ce travail. Sa présence a donné à la soutenance une résonance toute particulière, reliant symboliquement l’université française et l’Éducation catholique burkinabè.

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L’assistance, nombreuse et chaleureuse, témoignait de la double dimension, scientifique et ecclésiale, de l’événement. Étaient réunis des doctorants, des membres du personnel du laboratoire CIREL et de l’École doctorale SHS, mais aussi des prêtres, des religieuses, des paroissiens de Lille, des amis venus de différentes régions de France et de nombreux compatriotes burkinabè établis en France. Cette communauté rassemblée disait, à sa manière, combien la recherche universitaire et la mission éducative de l’Église peuvent se rejoindre.

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La thèse porte sur la professionnalisation, l’identité professionnelle et l’engagement des professeurs des écoles catholiques (PEC) du Burkina Faso, dans le contexte de la refondation de l’Éducation catholique burkinabè. Elle cherche à comprendre comment ces enseignants se construisent professionnellement, comment se forge leur identité, et ce qui nourrit ou fragilise leur engagement, à un moment où l’Institution repense en Profondeur son Projet Éducatif.

Pour cela, l’enquête s’appuie sur un vaste corpus empirique : 136 voix au total, recueillies dans trois Provinces Écclésiastiques (Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koupéla) en deux vagues, en 2018 puis en 2021. Cent vingt-deux PEC s’y expriment, à travers 73 questionnaires et 49 entretiens semi-directifs, auxquels s’ajoutent 14 entretiens conduits auprès de responsables de l’Institution. Ces données ont été rassemblées dans des conditions particulièrement exigeantes, marquées par la crise sécuritaire au Burkina Faso et par la pandémie de COVID-19. Le croisement des regards quantitatif et qualitatif confère à l’analyse sa rigueur et sa profondeur.

Au cœur de la thèse se trouve un modèle explicatif original, qui articule la professionnalisation, l’identité et l’engagement, la médiation institutionnelle jouant le rôle de pivot structurant. L’auteur montre que l’identité professionnelle des PEC est plurielle et dynamique, et qu’elle comporte, au-delà des dimensions habituellement retenues, une dimension proprement religieuse, trait décisif pour comprendre l’enseignant catholique burkinabè.

De l’analyse, se dégagent cinq grandes figures d’enseignants, qui rendent compte de la diversité des manières d’exercer et de s’engager : l’éducateur engagé, le pédagogue-expert, le praticien en construction, le professionnel en transition et l’éducateur-missionnaire. Trois hypothèses sont corroborées et le travail débouche sur sept recommandations organisées autour de trois axes : la formation, la reconnaissance et l’accompagnement des enseignants.
Dans son texte de soutenance, l’auteur a placé son propos sous une triple lecture inspirée de la figure de Soundiata Kéita : celle des années consacrées à la recherche, celle de son propre parcours entre le Burkina Faso et la France, et celle des enseignants eux-mêmes. C’est d’ailleurs sur la parole d’un de ces enseignants, recueillie en 2021, que s’est achevée la démonstration, manière de rappeler que ce sont les professeurs des écoles catholiques qui demeurent, du premier au dernier mot, au centre de ce travail.

L’ampleur de la recherche se mesure aussi à son volume : la thèse compte 768 pages et les annexes 1 266 pages, soit un total de 2 034 pages, ce qui a justifié une impression en cinq volumes.

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À l’issue de sa délibération, avant de recevoir l’impétrant comme docteur, la présidente du jury a transmis les félicitations du jury. Elle a salué la qualité d’un travail « solide, abouti, ambitieux et consistant » à plusieurs niveaux (la forme, l’argumentation, la démarche heuristique et praxéologique), ainsi que l’ouverture qu’il trace vers des perspectives pour la refondation de l’Éducation catholique du Burkina Faso. Le jury a également salué la « qualité de l’exposé et la richesse du temps d’échange, porté notamment par la métaphore de Soundiata Kéita ».

Au-delà de la reconnaissance universitaire qu’elle représente, cette soutenance est une contribution offerte à l’Éducation catholique du Burkina Faso. En donnant la parole aux professeurs des écoles catholiques et en éclairant les ressorts de leur engagement, ce travail entend accompagner la refondation en cours et servir, très concrètement, celles et ceux qui, chaque jour, éduquent dans nos écoles catholiques. L’avis d’un professeur participant à la soutenance a été entendue : « Scientifiquement et même humainement, le drapeau du pays des hommes intègres a encore volé très, très haut ».
À l’abbé Innocent Kiénou, nouveau docteur en sciences de l’éducation et de la formation, vont nos vives félicitations et notre reconnaissance.

Correspondance particulière

The Insider
Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

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