À l’heure où la dengue demeure un défi majeur de santé publique au Burkina Faso, la recherche scientifique apporte de nouveaux repères susceptibles d’améliorer la prise en charge des patients. Ce 2 juillet 2026, à l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, au sein de l’Unité de Formation et de Recherche en Sciences de la Santé (UFR/SDS), Louari Rose Anaïs Gminoaba a soutenu publiquement sa thèse de doctorat en médecine en vue de l’obtention du diplôme d’État de docteur en médecine.
Intitulée « Facteurs pronostiques de décès dus à la dengue en milieu hospitalier au Burkina Faso entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2024 », cette recherche met en évidence des indicateurs cliniques essentiels permettant d’identifier précocement les patients les plus à risque et d’adapter leur prise en charge afin de réduire la mortalité. Au terme de la délibération, le jury a salué la qualité scientifique du travail présenté. Il a déclaré Louari Rose Anaïs Gminoaba admise au grade de docteur en médecine, diplôme d’État, avec la mention très honorable et les félicitations du jury. Conformément à la tradition universitaire, la nouvelle docteure a ensuite prêté le serment d’Hippocrate, s’engageant à exercer la médecine dans le respect des principes d’honneur, de probité, de dévouement et du secret professionnel.
Une étude basée sur 378 patients dans trois CHU
L’étude avait pour objectif d’identifier les facteurs pronostiques indépendants associés aux décès liés à la dengue chez les patients hospitalisés au Burkina Faso. Pour ce faire, le Dr Louari Rose Anaïs Gminoaba a réalisé une étude rétrospective cas-témoins appariée portant sur des patients admis dans cinq services des Centres hospitaliers universitaires Yalgado Ouédraogo, Bogodogo et Tengandogo.
Au total, 378 patients ont été inclus dans l’étude, dont 126 décès et 252 survivants. Les résultats révèlent un taux de létalité hospitalière de 12,5 %, illustrant la gravité que peut revêtir la dengue lorsqu’elle évolue vers une forme sévère.

L’analyse statistique a permis d’identifier trois facteurs pronostiques indépendants de décès, une faible saturation en oxygène, un score qSOFA élevé, reconnu comme un indicateur de gravité clinique et la présence d’une insuffisance rénale aiguë.
Selon les conclusions de l’étude, ces trois paramètres, facilement évaluables au lit du malade, permettent d’identifier rapidement les patients présentant un risque élevé de décès et de renforcer sans délai leur prise en charge.
Appels à la prévention et recommandations sanitaires
À l’issue de sa soutenance, le Dr Louari Rose Anaïs Gminoaba a exprimé sa satisfaction. « Je me sens très heureuse, avec le sentiment d’avoir accompli quelque chose, d’avoir rendu mes parents fiers et d’avoir apporté ma contribution à la Nation », a-t-elle confié.
Elle a également lancé un appel à la population en faveur de la prévention de la dengue. « J’invite chacun à assainir son environnement afin de limiter la prolifération des moustiques, à se rendre dans un centre de santé dès les premiers symptômes et à éviter l’automédication », a-t-elle recommandé.
Au-delà de ses conclusions scientifiques, cette thèse formule plusieurs recommandations à l’endroit des acteurs du système de santé. Elle invite le ministère de la Santé à renforcer les campagnes de sensibilisation ainsi que les mesures de prévention individuelles et collectives contre la dengue. Les responsables des centres hospitaliers universitaires sont encouragés à accélérer la mise en œuvre des systèmes d’information hospitaliers et à améliorer les conditions de conservation des dossiers médicaux. Enfin, les professionnels de santé sont appelés à s’approprier pleinement les directives nationales de prise en charge de la dengue et à assurer un remplissage rigoureux des dossiers des patients.
Du reste, il convient de noter que cette étude constitue une contribution importante à l’amélioration de la prise en charge des formes graves de la dengue au Burkina Faso et ouvre des perspectives prometteuses pour réduire la mortalité liée à cette maladie.
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