Houet : Le slameur Delfy fait du verbe un outil d’éducation et de conscientisation
Bobo-Dioulasso, 30 juin 2026 (AIB) – Artiste performeur aux multiples facettes, Fidèle Dabiré, plus connu sous le nom de scène Delfy, a affirmé le mardi 30 juin 2026 à Bobo-Dioulasso au micro de l’AIB, avoir trouvé dans le slam, un moyen privilégié d’éduquer, d’interpeller et de sensibiliser les populations avec des messages porteurs de valeurs humaines.
Danseur, comédien et slameur, l’artiste slameur Delfy est également président de l’association SINIDJIGUI et promoteur de l’entreprise culturelle ART’TITUDE. Dans un entretien accordé à l’AIB, le mardi à Bobo-Dioulasso, il a indiqué que le choix du slam s’est imposé à lui naturellement.
« J’ai découvert le slam, je l’ai aimé et je m’y suis réalisé. Je ne saurais expliquer pourquoi le slam plutôt qu’un autre genre, mais c’est celui qui me convient le mieux », a-t-il confié.
Selon l’artiste, le slam est avant tout un art porteur de message. « C’est un art d’éducation, d’interpellation et de conscientisation. L’essentiel du slam, c’est le fond, et le fond, c’est le message », a-t-il expliqué, précisant que chacune de ses créations vise à transmettre des valeurs positives et à promouvoir une belle image de cette discipline artistique.
Revenant sur sa récente prestation à la Fête de la musique le samedi 27 juin dernier sur l’esplanade du Théâtre de l’amitié, Delfy a assumé son style de performance. « Pour moi, chaque scène est un ring de boxe. Soit la scène me met K.-O., soit c’est moi qui mets la scène K.-O. Quand je monte sur scène, je donne tout, comme si c’était ma dernière prestation », a-t-il déclaré, estimant que les artistes doivent davantage communiquer autour de leur travail afin d’être appréciés à leur juste valeur.
Au cours de sa carrière, Delfy a réalisé un album de 11 titres intitulé « HORONIA », et plusieurs singles sur diverses thématiques, souvent à la demande d’organisateurs d’événements. S’il dit être fier de l’ensemble de ses œuvres, l’artiste reconnaît qu’un texte occupe une place particulière dans son parcours. Il s’agit de « Ici, il fera bon vivre », une création initialement commandée par le HCR au Burkina Faso à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés.
Par la suite, le texte a été adapté, à la demande du ministère en charge de la Culture, au contexte burkinabè marqué par la situation des personnes déplacées internes. Il a obtenu le premier Prix dans la discipline Slam au cours de la Semaine nationale de la culture (SNC) Bobo 2023 et l’artiste a reçu à cet effet, une attestation du ministère en charge de la culture.
« C’est une production qui m’a profondément marqué, parce qu’elle abordait une question essentielle, celle des Droits des personnes réfugiées et, plus largement, des valeurs d’hospitalité et de solidarité », a-t-il souligné.
S’adressant aux jeunes, Delfy les a exhortés à aborder la carrière artistique avec sérieux et professionnalisme. « On ne devient pas artiste parce qu’on a échoué ailleurs. L’art est un métier à part entière qui exige de la discipline, de la culture, de l’engagement et une véritable ambition », a-t-il conclu.
Malgré les distinctions et les réalisations déjà enregistrées, Delfy estime que son parcours ne fait que commencer. L’artiste entend poursuivre son engagement avec davantage de sérieux et d’ambition afin de continuer à faire du slam un puissant vecteur de transformation sociale.
Agence d’Information du Burkina
OSAR/GF/wis
