Bogandé : au cœur des puits centenaires de teinture, des trésors qui fascinent

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Bogandé : au cœur des puits centenaires de teinture, des trésors qui fascinent

Bogandé, 30 juin 2026 (AIB)-Sous le soleil de Bogandé, au quartier Bedidjabdeni du secteur 1 de la ville, se cache un patrimoine culturel dont les racines plongent profondément dans l’histoire de la Gnagna. Ce sont les puits de teinture, des lieux chargés de mémoire où se perpétue depuis près d’un siècle un savoir-faire transmis de génération en génération.

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Mercredi 17 juin 2026, le Haut-commissaire de la province de la Gnagna, Jean-Baptiste Beogo, accompagné des corps constitués, a effectué une visite du célèbre site de teinture traditionnelle de Bogandé.
À première vue, le visiteur découvre une succession de puits impressionnants d’environ trois mètres de profondeur. Mais derrière leur apparente simplicité se cache tout un univers de techniques ancestrales, de connaissances empiriques et de pratiques culturelles qui ont traversé le temps sans perdre leur authenticité.

Les autorités provinciales au complet ont pu constater le processus minutieux qui transforme de simples bandes de coton, acquises auprès des tisserands, en magnifiques pagnes aux couleurs profondes et aux motifs raffinés.

Une fois préparés, les tissus sont plongés dans les puits de teinture où ils s’imprègnent progressivement de pigments traditionnels, avant d’être retirés, séchés et travaillés selon les usages hérités des anciens.
Selon les explications fournies aux visiteurs, la réussite de la teinture repose avant tout sur une préparation rigoureuse des puits. Ceux-ci sont entretenus grâce à des compositions traditionnelles jalousement conservées par les maîtres teinturiers.

Plus remarquable encore, les parois des puits sont construites à partir d’un mélange de végétaux locaux, notamment le raisinier et le Balanites, dont l’assemblage offre une résistance exceptionnelle. Les artisans affirment même que cette technique traditionnelle rivalise avec la solidité du ciment.
Au-delà de la coloration des tissus, l’art de la teinture fait intervenir d’autres spécialistes. Les motifs qui donnent toute leur valeur aux pagnes sont réalisés par des femmes expérimentées.

Certaines créations nécessitent jusqu’à 72 heures de travail minutieux avant d’obtenir les dessins recherchés. Chaque pièce devient ainsi une œuvre unique portant l’empreinte de la créativité et de la patience de ses conceptrices.
Tout au long de la visite, le Haut-commissaire et sa délégation ont multiplié les échanges avec les artisans afin de mieux comprendre les différentes étapes du processus de production. Les préoccupations relatives à la sécurisation du site ont également été abordées, de même que les questions liées à la santé et à la sécurité au travail.
À cet effet, les visiteurs ont sensibilisé les teinturiers à l’utilisation des gants et d’autres équipements de protection individuelle (EPI).

Les artisans ont, pour leur part, partagé certaines pratiques traditionnelles utilisées pour prévenir ou soulager les effets des substances contenues dans les puits, notamment la consommation de lait frais, de miel ou d’une boisson locale assimilée au gapal, réputés contribuer à la protection de l’organisme.
Le responsable du site, Salifou Dianto Sifi, a salué l’intérêt manifesté par les autorités provinciales à l’endroit de leur activité. Il a exprimé sa gratitude au Haut-commissaire et à l’ensemble des corps constitués pour cette visite qui contribue à mieux faire connaître un patrimoine dont vivent de nombreuses familles.

Cette reconnaissance institutionnelle vient conforter le statut particulier de cette organisation de teinturiers de Diaka, distinguée comme « Trésor Humain Vivant » en raison de la richesse de son savoir-faire ancestral et de son rôle dans la préservation de l’identité culturelle locale.

La visite a également permis de constater la présence à Bogandé des acteurs du village de Diaka, contraints de séjourner dans la ville en raison du contexte sécuritaire. Ces derniers gardent toutefois l’espoir de retrouver prochainement leur localité d’origine afin d’y poursuivre leurs activités dans la quiétude.
Au terme de cette immersion dans l’univers fascinant des teinturiers, les visiteurs sont repartis avec une meilleure compréhension de cet héritage culturel exceptionnel. Plus qu’une simple activité économique, la teinture traditionnelle apparaît comme un véritable marqueur identitaire, un pont entre les générations et un symbole vivant de la résilience culturelle des communautés de la Gnagna.

Agence d’information du Burkina

The Insider
Author: The Insider

Rédacteur et développeur web

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