
Il est sept heures. Un jeune homme roule à moto sur l’avenue Yatenga, à hauteur du marché de Laarlé, à Ouagadougou. Il est pressé. Devant lui, un camion avance lentement. La ligne au sol est continue. Le jeune motocycliste ne la regarde même pas. Il double quand même. Une voiture arrive en face. Le choc est évité de quelques centimètres et l’imprudent continue sa route comme si rien ne s’était passé.
Cette scène est le quotidien des Ouagavillois, témoins d’une race de « dindons » qui franchissent imprudemment les lignes continues sans réfléchir. Pourtant les règles existent. Encore faut-il les connaître.
Selon Rasmané Élie Ouédraogo, moniteur à Alliance auto-école, il existe trois types de signalisation. La signalisation lumineuse, ce sont les feux. La signalisation verticale, ce sont les panneaux. La signalisation horizontale, elle, regroupe l’ensemble des marquages peints sur la route et qui indiquent aux usagers quel comportement adopter à ces endroits. Et c’est à cette dernière catégorie qu’appartiennent les lignes continues et les lignes discontinues.
La différence
Selon M. Ouédraogo, la différence entre ces deux marquages est simple. « La ligne discontinue est généralement placée au milieu de la chaussée pour séparer les deux voies de circulation. Elle peut permettre le dépassement lorsque les conditions de sécurité sont réunies », explique-t-il.
Mais cette autorisation n’est pas automatique. Le conducteur doit s’assurer qu’il dispose d’une bonne visibilité, que la manœuvre ne présente aucun danger et qu’il respecte les autres règles de circulation.
À l’inverse, la ligne continue constitue une interdiction. Elle indique une zone où le dépassement est dangereux et donc interdit.
« Une ligne continue interdit toujours le franchissement. Elle est souvent installée dans des endroits à risque, comme les intersections, les virages dangereux ou les zones où la visibilité est réduite », précise le moniteur.
Un conducteur peut-il franchir une ligne continue ? « Oui, mais seulement dans un cas précis. Si un obstacle bloque la route, un véhicule en panne ou un accident, il est possible de chevaucher la ligne. Toujours avec prudence. Cette exception ne doit jamais devenir une habitude », prévient M. Ouédraogo.
L’absence de contrôle, un vrai problème
Sur le terrain, les contrôles sont rares sur le respect de la signalisation verticale. Les sanctions aussi. Le moniteur le confirme lui-même. « Sans surveillance, chacun fait ce qu’il veut. Les apprentis conducteurs respectent souvent les règles pendant leur formation dans les auto-moto écoles. Une fois le permis obtenu, certains les oublient très vite. La discipline disparaît avec l’examinateur », regrette Rasmané Élie Ouédraogo.
Beaucoup de conducteurs ignorent encore le sens de ces lignes. C’est exactement là que le danger commence. Combien d’accidents auraient pu être évités ? Le respect des marquages au sol doit devenir un réflexe, même en l’absence de contrôle, car ces lignes sont avant tout conçues pour protéger les vies. La chance ne sourit pas éternellement aux inciviques. A bon entendeur !
Fredo Bassolé
Lefaso.net
Image d’illustration IA
